21e semaine

2020/08/25 — L’évangile du mardi – (Mt 23, 23-26) – St Louis ; St Joseph de Calasanz

By mardi 15 septembre 2020 septembre 17th, 2020 No Comments

Le texte comprend la quatrième et la cinquième d’un groupe de sept invectives contre les scribes et les Pharisiens. La quatrième parle de leur souci de la dîme pour des plantes insignifiantes et de leur négligence de la justice, la miséricorde et la bonne foi. La cinquième vise la demande de purification de l’extérieur de la coupe et de l’écuelle et de leur oubli de la purification intérieure de la rapine et de l’intempérance.

La loi de Moïse parlait de la dîme des produits de la terre, ce qui se comprend d’abord comme une dîme sur les récoltes. Les Pharisiens poussent les applications de la loi jusqu’à des détails comme des herbes qui servent d’assaisonnement. La demande de Dieu à Israël d’être un peuple saint a été détaillée dans des règles de pureté rituelle qui sont devenues plus intéressées aux performances qu’à Dieu. On ne parle pas seulement de ce que doit contenir un vase (un vase destiné aux produits laitiers devient impur si on y met de la viande) mais encore de l’extérieur du vase qui devient impur s’il a été touché par un païen: si le vase n’est pas en pierre, il ne peut pas être purifié et il faut simplement le fracasser.

Dans le verset qui suit les invectives, on peut voir pourquoi Matthieu a rassemblé ces textes violents.

J’envoie vers vous des prophètes, des sages et des scribes(les missionnaires chrétiens): vous en tuerez et mettrez en croix, vous en flagellerez dans vos synagogues…

C’est au moins une image de ce que vit la communauté de Matthieu et on peut comprendre l’accumulation de textes virulents contre les autorités juives. Mais il y a aussi dans les paroles de Jésus quelque chose de la force des textes prophétiques quand il s’agissait de rappeler des choses essentielles. Amos était violent quand il attaquait un culte purement extérieur: il appelait les sanctuaires, des sources de péchés : Allez à Béthel et péchez. A Gilgal et péchez de plus belle.   (Amos 4,4)

De même pour Osée: des gestes extérieurs ne servent à rien sans la religion du coeur : Car, c’est l’amour qui me plaît et non les sacrifices, la connaissance de Dieu plutôt que lesholocaustes. (Osée 6,6)

Jésus, à son tour, attaque donc les formes extérieures de la religion qui font oublier l’essentiel, comme lorsqu’il dit que les Pharisiens purifient l’extérieur de la coupe et oublient de purifier leur propre intérieur.

Mais ces manières de parler ne sont pas seulement pour les Pharisiens. C’est pour les disciples qu’il a dit dans le Sermon sur la montagne : Quand tu présentes ton offrande à l’autel, si tu te souviens que ton frère a quelque chose, laisse là ton offrande, devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère. (Matthieu 5,23-24)

Ces paroles demeurent donc des sujets de réflexion pour quiconque se veut disciple du Christ.

Jean Gobeil SJ