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Jn

2023/12/27 – Jn 20, 2-8

By 2024-01-04janvier 14th, 2024No Comments

Le matin de Pâques, Marie Madeleine courut trouver Simon Pierre et l’autre disciple, celui qu’aimait Jésus, et leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a mis. » 3 Pierre et l’autre disciple partirent et se rendirent au tombeau. 4 Ils couraient tous les deux ; mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. 5 Il se baissa pour regarder et vit les bandes de lin posées à terre, mais il n’entra pas. 6 Simon Pierre, qui le suivait, arriva à son tour et entra dans le tombeau. Il vit les bandes de lin posées à terre 7 et aussi le linge qui avait recouvert la tête de Jésus ; ce linge n’était pas avec les bandes de lin, mais il était enroulé à part, à une autre place. 8 Alors, l’autre disciple, celui qui était arrivé le premier au tombeau, entra aussi. Il vit et il crut.

Pour commémorer l’apôtre Jean, la liturgie nous présente aujourd’hui le disciple bien aimé de Jésus, qui accompagne Simon-Pierre au sépulcre de Jésus. Très tôt, la tradition de l’Église a identifié ce disciple avec l’apôtre Jean, l’auteur du quatrième Évangile. Dans le présent passage, il apparaît supérieur à Pierre, parvenant le premier au tombeau de Jésus et il est le premier qui croit à la résurrection, alors qu’on ne dit rien de la foi de Pierre.
Après le sabbat, Marie se rend très tôt au tombeau, entre trois et six heures du matin. Elle ne vient pas pour compléter l’ensevelissement, comme le mentionnaient les trois autres évangiles, mais par amour et fidélité à son Maître. Elle ne croit pas encore à la résurrection de Jésus, même après avoir vu le tombeau vide. Pensant à la violation du tombeau, comme il survenait parfois à l’époque, elle court prévenir les deux disciples: « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a mis. » Le pluriel « nous » laisse entendre que Marie n’est pas seule, même si l’évangéliste concentre son attention sur elle.
L’association de Pierre et du disciple bien aimé apparaît pour la première fois au repas d’adieu de Jésus (Jn 13, 23; comp. 21, 7.20-23). Ce disciple « courut plus vite que Pierre », manifestant mieux que Pierre sa fidélité et sa générosité à l’égard de son Maître. Il laisse Pierre entrer dans le sépulcre, qui en examine l’intérieur et constate que tout est en ordre, bien plié, ce que n’auraient certainement pas fait des violeurs de tombeau, qui craignaient la peine de mort, s’ils étaient pris. Pourtant on ne dit rien de la foi de Pierre face à ces indices.
Le disciple bien aimé entre à son tour dans le sépulcre, en examine comme Pierre l’intérieur et devient le premier et le modèle de tous les croyants: « Il vit et il crut ». Il voit des détails secondaires, les bandelettes d’un côté et le suaire roulé à part. Tel fut le signe que Dieu lui présenta pour susciter sa foi. De même, il sera le premier à reconnaître le Seigneur au bord du lac, après le signe de la pêche miraculeuse (21, 7).
Le disciple voit et comprend le message contenu dans ces quelques signes. La révélation de Dieu s’incarne dans notre histoire et dans notre monde par des signes, dont le centre et le coeur est la personne de Jésus, à la fois parfaitement homme (la dimension visible du signe) et Dieu (le sens contenu dans le signe). Tout ce qui vient du Christ Jésus contient cette double dimension, ils sont des symboles qui nous suggèrent la révélation de Dieu.
Dieu nous parle constamment dans l’histoire en général et dans notre histoire personnelle par des signes. Il faut être attentif pour les entendre et les comprendre. Le roi Charles VII, jaloux de Jeanne d’Arc, se plaignait: « Pourquoi vos voix vous parlent-elles, et non à moi? » Et Jeanne de répondre naïvement: « Elles vous parlent, mais vous n’écoutez pas. » Telle est la leçon que le disciple bien aimé enseigne à tous les chrétiens et à tous les humains: s’oublier soi-même et ses préoccupations pour entendre et comprendre la Parole.
« Il vit et il crut » résume pour l’Évangéliste l’essentiel de l’attitude chrétienne. « Voir » les signes, les interpellations de Dieu dans le domaine sensible de notre histoire. « Croire » que Dieu est présent et nous parle dans ces signes.
Jean-Louis D’Aragon SJ