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JnNon classifié(e)

2023/04/03 – Jn 12,1-11

By 2024-01-04janvier 14th, 2024No Comments

Six jours avant la Pâque, Jésus se rendit à Béthanie où vivait Lazare, l’homme qu’il avait ramené à la vie. Là, on lui offrit un repas, servi par Marthe. Lazare était un de ceux qui étaient à table avec Jésus. Marie prit alors un demi-litre d’un parfum très cher, fait de nard pur, et le répandit sur les pieds de Jésus, puis elle les essuya avec ses cheveux. Toute la maison se remplit de l’odeur du parfum. L’un des disciples, Judas Iscariote – celui qui allait le trahir – dit alors : « Pourquoi n’a-t-on pas vendu ce parfum trois cents pièces d’argent pour les donner aux pauvres? » Il disait cela non parce qu’il se souciait des pauvres mais parce qu’il était voleur : il tenait la bourse et prenait ce qu’on y mettait. Mais Jésus dit : ‘Laisse-la tranquille! Elle a fait cela en vue du jour où l’on me mettra dans la tombe. Vous aurez toujours des pauvres avec vous, mais moi, vous ne m’aurez pas toujours avec vous. » La foule nombreuse des juifs apprit que Jésus était à Béthanie. Ils y allèrent non seulement à cause de Jésus, mais aussi pour voir Lazare que Jésus avait ramené à la vie. Les chefs des prêtres décidèrent alors de faire mourir aussi Lazare, parce que beaucoup de juifs les quittaient à cause de lui et croyaient en Jésus.

Profit et gratuité

La production à outrance et l’efficacité mesurable sont devenues les normes pour apprécier la valeur d’un groupe ou d’une personne. Une compagnie qui ne procure pas de profits à ses actionnaires chute à la bourse des valeurs de notre monde. Le respect et l’estime d’une personne dépendent trop souvent de l’argent qu’elle possède ou du salaire qu’elle gagne.
Que devient alors dans notre société l’action gratuite, le don de soi-même sans retour observable? Pourtant le don gratuit est fondamental, comme l’enseigne Jésus : « Prêtez sans rien espérer recevoir en retour. » Le geste de Marie, défendu et loué par Jésus, nous montre, en contradiction avec l’opinion répandue autour de nous, que la gratuité est essentielle pour être fidèle à notre vocation chrétienne et pour être vraiment enfant de Dieu.

Un geste d’amour

L’action généreuse de Marie se déroule dans un climat tragique, peu de temps avant la mort de Jésus. Le parfum précieux répandu sur les pieds de Jésus vaut trois cents pièces d’argent, l’équivalent de trois cents jours de travail. Le sacrifice d’un tel parfum exprime la reconnaissance de Marie pour Jésus, qui a ramené à la vie son frère. Cette vie accordée à Lazare préfigure celle de la résurrection que le Christ procurera à tous les croyants par son sacrifice sur la croix. La bonne odeur du parfum remplit toute la maison, qui représente l’Église.
Pourquoi un tel gaspillage?

Nous sommes bien tentés de penser que Judas a raison. Après un bref moment, ce parfum précieux aura disparu. L’amour éclairé réconforterait les pauvres en utilisant l’argent du parfum pour secourir leur misère. Cette charité envers les démunis est un geste mesurable, conforme à notre mentalité. À la suite de Judas, nous comprenons mal la valeur de l’amour gratuit. On a trop souvent utilisé la réponse de Jésus à propos des pauvres pour approuver les situations injustes qui relèguent les pauvres dans la misère. Jésus aurait-il approuvé les injustices criantes dont les pauvres sont les victimes? Pas du tout! Jésus constate la triste réalité qui provient de l’égoïsme humain. La signification de la déclaration de Jésus, c’est que l’amour gratuit l’emporte sur les gestes utilitaires.

L’hostilité des chefs juifs

Lazare représente tous ceux qui mettent leur confiance en Jésus, tous ceux qui en croyant participent par leur communion à la vie nouvelle du Christ ressuscité. Au temps de l’évangéliste, vers l’an 95, l’hostilité des juifs, dirigé par les pharisiens, se manifeste contre les témoins du Ressuscité. Transformé par la vie de la résurrection, ceux-ci attirent des convertis d’origine juive et païenne. Pour contrer se mouvement de conversion, les dirigeants juifs veulent faire disparaître ces témoins de la résurrection. Jésus avait prévenu ses disciples dans son message d’adieux : « Le moment viendra où ceux qui vous tueront s’imagineront servir Dieu de cette façon. »

Jean-Louis D’Aragon SJ