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(Français) 2021/08/14 – Mt 19, 13-15

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Des gens présentent des enfants à Jésus pour qu’il les bénisse. Les disciples veulent les écarter de Jésus mais celui-ci les reprend en disant: Ne les empêchez pas de venir à moi car le Royaume des cieux est à ceux qui leur ressemblent. Et il leur imposa les mains.

Ce sont évidemment des parents qui voudraient que leurs enfants reçoivent de Jésus une imposition des mains avec une prière. L’imposition des mains est un geste qui est employé dans les guérisons; il sera aussi employé dans une communauté comme geste d’envoi en mission. Enfin il peut accompagner une prière de bénédiction. Nous avons donc ici des gens qui considèrent comme importante la bénédiction de Jésus pour leurs enfants.

Il leur faut pourtant une certaine audace car les enfants n’ont pas de statut social et on ne doit pas les laisser importuner les adultes et encore moins un personnage important. Les parents font donc un geste qui n’est pas socialement correct. Pour protéger le Maître, les disciples s’interposent.

Or c’est une caractéristique de Jésus de ne pas laisser les convenances sociales ou les interdits religieux faire obstacle à sa mission. Il déclarera que cette mission était de venir chercher et sauver ce qui était perdu (Luc 19,10). C’est à cause de cette recherche qu’il accepte de manger avec des publicains, des collecteurs de taxes pour Rome, ce que ne ferait pas un homme bien. C’est alors qu’il déclare à ceux qui se scandalisent: Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, ce sont les malades.

Mais à plus forte raison accueille-t-il ceux qui le cherchent. Même un homme comme Nicodème qui va le consulter la nuit pour ne pas se compromettre est bien reçu quand même. Zaïre, un chef de collecteurs d’impôt, qui, à cause de sa condition, ne peut pas fendre la foule pour le voir et doit grimper dans un arbre, se fait interpeller par Jésus: Descends vite, il me faut aujourd’hui demeurer chez toi. Et quand un lépreux, qui n’a pas le droit de s’approcher des gens, vient à Jésus, celui-ci lui tend la main et le touche. ( Luc 5,13)

Ce n’est donc pas surprenant qu’avec des enfants qui s’approchent pour se faire bénir, Jésus ne se laissera pas intimider par un : « Ca ne se fait pas! » Marc dira même que la réaction de Jésus à l’intervention des disciples a été de se fâcher et qu’après avoir bénis les enfants, qu’il les embrassa. (Marc 10,13-16)

Jean Gobeil SJ

(Français) 2021/08/13 – Mt 19, 3-12

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Des pharisiens veulent embarrasser Jésus en lui demandant s’il est permis de renvoyer sa femme pour n’importe quel motif. Jésus attaque l’idée de divorce en citant le texte de la Genèse, l’homme s’attachera à sa femme et tous deux ne feront plus qu’un et conclut en disant : Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas.

Les pharisiens répliquent en demandant pourquoi Moïse a-t-il dit de rédiger un acte de divorce avant la séparation. Jésus répond que Moïse a fait cette concession à cause de leur endurcissement. Il ajoute que quiconque renvoie sa femme, sauf en cas d’union illégitime, pour en épouser une autre commet un adultère.

Les disciples déclarent que si c’est ainsi alors il n’y a pas d’intérêt à se marier. Jésus parle alors du célibat et mentionne le cas particulier de ceux qui ne se marient pas à cause du Royaume des cieux. La remarque finale est une invitation aux disciples à bien comprendre tout cela.

La question des pharisiens ne porte pas sur le divorce, que tous admettent, mais bien sur les motifs qui justifient le divorce ce qui est une question très discutée. Une école admet n’importe quel motif, important ou pas, comme justification du divorce. Tandis qu’une école rigoriste exige des motifs sérieux. C’est donc une bonne question pour embarrasser Jésus.

Mais Jésus attaque directement le divorce qu’ils admettent. L’union de l’homme et de la femme est comme l’unité d’un seul corps et c’est une institution voulue par Dieu. Et une institution humaine, comme le divorce, ne peut abolir l’institution divine. Jésus fait une seule exception, une union illégitime, ce qui semble bien recouvrir les cas de consanguinité que la Loi interdit mais que les païens et en particulier les nobles dans l’empire romain acceptaient sans difficulté. Hérode Antipas, tétrarque de Galilée, avait bien épousé Salomé, la fille de son demi-frère.

La position de Jésus est claire: l’homme n’est pas le maître de la femme et ne peut se comporter en propriétaire alors qu’en Israël seulement l’homme pouvait entreprendre le divorce. L’homme vient donc de perdre un avantage, ce que les disciples remarquent. C’est la transition qui permet à Jésus de parler du célibat qui n’était pas considéré comme normal à moins que ce soit pour une cause physique. Or Jésus considère comme une possibilité de choisir le célibat à cause du Royaume des cieux. C’est d’ailleurs la manière dont Jésus a vécu et le modèle que saint Paul suivra. Jésus ne dit pas que c’est un état de vie supérieur à celui du mariage mais quelqu’un peut comprendre que sa disponibilité pour le Royaume va jusque là. Celui qui peut comprendre qu’il comprenne.

Jean Gobeil SJ

(Français) 2021/08/12- Mt 18, 21 – 19, 1

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Pierre demande combien de fois doit-il pardonner à son frère: il suggère sept fois. Jésus répond soixante-dix fois sept fois. Jésus raconte alors la parabole du débiteur à qui un roi remet une grosse dette et qui lui-même ne peut remettre une petite dette.

Notre texte fait partie d’un ensemble d’instructions pour la communauté: les Douze d’abord, l’Église ensuite. Pierre a donc une question qui intéresse tout le monde. La communauté est un endroit où une offense peut se répéter. Combien de répétitions peut-on tolérer ?

Pierre a compris le sermon sur la montagne où Jésus avait prescrit l’amour des ennemis. Alors, pour un frère dans la communauté, il se pense bien généreux de suggérer de pardonner jusqu’à sept fois. C’est un nombre parfait mais c’est quand même un nombre limité. Le nombre que Jésus donne en réponse équivaut à un nombre illimité. On ne peut pas mettre de limite dans le pardon. La parabole que Jésus va employer sert à motiver une telle demande en illustrant sur quoi elle est basée.

Un roi demande d’être remboursé pour une dette énorme: il s’agit de millions. Il faudrait plusieurs vies au débiteur pour faire un tel remboursement. Le débiteur assure quand même qu’il remboursera. Le roi est pris de pitié et au lieu de le faire arrêter il le renvoie en lui remettant sa dette. En sortant du palais, le débiteur pardonné rencontre quelqu’un qui lui doit quelque chose. La disproportion entre les deux dettes est voulue: ce que l’autre lui doit est une bagatelle.

La disproportion est importante parce qu’elle souligne qu’en refusant de remettre la petite dette, le débiteur pardonné montre qu’il oublie et même qu’il méprise le don que le roi lui a fait. Il le tient pour rien. C’est ce qui justifie la colère du roi quand il apprend comment l’autre avait traité celui qui n’avait qu’une toute petite dette.

C’est la situation de tout chrétien. Non seulement il a reçu le pardon illimité de Dieu mais encore il a reçu les dons de Dieu, le don de l’Esprit, la qualité d’enfant de Dieu et de membre de son Royaume. Il est dans la situation de ce débiteur insolvable. Et la façon de reconnaître ce qu’il a reçu est sa façon de traiter les autres avec qui le Seigneur est solidaire.

Jean Gobeil SJ

(Français) 2021/08/11 – Mt 18, 15-20

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Jésus donne des instructions à ses disciples, instructions qui, pour Matthieu, valent pour toute communauté chrétienne. Quand un membre commet un péché, un membre doit l’avertir. S’il n’écoute pas, il faut alors l’avertir à deux ou trois. S’il n’écoute pas, c’est alors la communauté qui doit le reprendre. S’il refuse d’écouter, il doit alors être exclus de la communauté. Le pouvoir de lier et de délier qui avait été donné à Pierre est maintenant donné aux disciples. Si deux se mettent d’accord pour demander quelque chose au Père, ils l’obtiendront.
Quand deux ou trois sont réunis en mon nom je suis au milieu d’eux.

Le chapitre 18 contient ce qu’on appelle le discours sur l’Église. Il commence par rappeler aux disciples que le plus grand dans le Royaume des cieux est celui qui se fera petit comme un enfant. Et Jésus ajoute qu’accueillir un de ces petits en son nom, c’est l’accueillir lui-même. Il continue avec la parabole du berger qui abandonne 99 brebis pour cherche la brebis égarée en ajoutant que cette brebis égarée est l’un de ces petits et que le Père ne veut pas qu’un seul soit perdu.

Il est clair avec cette parabole, qu’en parlant des petits, Jésus veut rappeler aux disciples qu’ils ne doivent pas négliger dans la communauté ceux qui sont faibles ou méprisés ou dont la foi n’est pas solide. Il faut même leur porter une attention spéciale. C’est une recommandation qui reste actuelle pour n’importe quelle communauté ecclésiale.

Mais il y a des membres qui peuvent, par leur conduite ou par les idées qu’ils prônent, perturber la communauté. C’est le cas concret et réaliste qui est visé par cette parole de notre texte:
Si ton frère a commis un péché… L’approche doit être délicate. Il ne s’agit pas de condamner mais bien de gagner un frère, c’est-à-dire d’aider un frère en besoin d’assistance. On évite la publicité et ce n’est qu’en dernier essor qu’on se tourne vers la communauté. Personne ne peut dire que ce qu’un autre fait ne le regarde pas parce que chacun est membre de la communauté et que la communauté est importante comme le montre la déclaration suivante. Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux.

La foi chrétienne n’est pas une affaire purement individuelle. C’est le sens de la réflexion de saint Augustin : Unus christianus, nullus christianus. Si un chrétien est seul, il n’y a plus de chrétien.

Jean Gobeil SJ

(Français) 2021/08/10 – Jn 12, 24-26

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Avant la Pâque, c’est-à-dire avant la Passion, Jésus prépare ses disciples en leur donnant les sens de sa mort.

Ils ont franchi la frontière vers l’au-delà

La mort apparaît comme un scandale, dont on a peur et qui répugne. Nous ressentons tous un désir naturel de vivre en plénitude et indéfiniment. Or la mort vient mettre un terme brutal à cette aspiration, contredisant notre rêve de bonheur, un rêve que le Créateur a mis en nous. C’est Lui également qui nous a créés avec un corps qui grandit, qui s’use et qui, fatalement, va vers la mort. Comment le même Dieu d’amour a-t-il pu insérer en nous ce besoin de vivre sans limite et, en même temps, imposer la limite de la mort à notre corps ? Comment comprendre cette contradiction ?

Si nous regardons autour de nous, nous voyons que tout naît, vit et meurt. Le printemps annonce une nouvelle vie après la mort de l’hiver. De nouvelles fleurs et de nouveaux bourgeons remplacent les feuilles mortes et balayées par le vent à l’automne. En nous-mêmes, dans notre corps, plus de trente millions de cellules meurent chaque jour pour être remplacées par autant de nouvelles unités vivantes. Jésus donne l’exemple du grain de blé, qui meurt et pourrit en terre, pour reparaître sous la forme d’une tige qui porte de nombreuses graines. Ce grain, tombé en terre qui revit dans une gerbe, révèle la fécondité du sacrifice. Jeter du grain en terre pour qu’il pourrisse et meure paraît stupide, mais l’expérience nous montre que la régénération de la vie passe par ce processus déconcertant. Tout autour de nous, nous observons cette loi universelle de mort qui prélude à une nouvelle vie.

Pourquoi le Créateur a-t-il inscrit en nous, et dans la nature qui nous entoure, une telle loi de mort et de vie nouvelle ? Il nous a modelés pour entrer dans une communion d’amour, dans une alliance, avec Lui et avec la nature autour de nous. L’amour nous entraîne dans une sortie de nous-mêmes, hors de notre solitude égoïste et de nos limites, pour vivre dans la Personne aimée, en nous donnant à elle. Dieu a voulu que la nature nous enseigne cette loi de l’amour qui se donne et qu’elle nous accompagne dans cette montée vers le Seigneur. « La création elle-même gémit et souffre, comme une femme qui accouche, » dans ce pèlerinage vers notre Créateur (Rom 8,22).

Ce don par amour, c’est le sacrifice, offrande de notre personne, nous remettant dans une confiance absolue à Celui qui nous a donné la vie. Tout au long de notre existence, de notre pèlerinage, nous exprimons notre confiance par des dons et des sacrifices offerts par amour à Celui qui nous aime. Ces sacrifices se multiplient naturellement quand nous avançons en âge : nous perdons notre mobilité, notre mémoire, notre audition, notre vue,…Ces pertes apparentes nous acheminent et nous préparent au sacrifice suprême, la remise de notre vie entre les mains de Celui qui nous l’a donnée. Ce moment devrait être l’acte le plus sublime de notre amour dans une confiance parfaite au Seigneur. En vieillissant, chacun de nous est comme une montgolfière, dont on largue les amarres et qu’on allège en la délestant des poids et des liens qui la retenaient au sol. Purifiée de tout retour sur elle-même, de tout égoïsme, elle s’élève alors vers le ciel.

Heure difficile !

Il est pénible et même héroïque de tout quitter, et surtout de se quitter soi-même, pour plonger dans ce qui paraît un gouffre noir mystérieux. Jésus a subi, avant nous et pour nous, cette expérience : « Père, délivre-moi de cette heure ! » Au jardin de l’agonie, il s’écriera de la même manière : « Père, si c’est possible, éloigne de moi ce calice. » (Mt 26,39) Mais cette coupe représente le but suprême de sa mission reçue de Dieu. Aussi corrige-t-il sa volonté pour l’accorder à celle de son Père: « Que ta volonté soit faite ! » De même ici, il s’écrie : « Père, glorifie ton nom !» c’est-à-dire que ta personne se révèle d’une manière éclatante dans mon sacrifice ! Aussi l’Évangile de Jean interprète la Passion du Christ comme un triomphe.

Jésus nous a ouvert le chemin et il nous accompagne dans ce passage vers la patrie, où son Père nous attend. L’amour et la confiance transforment ce sacrifice suprême en une douce dormition. Les premiers chrétiens disaient de leur frère ou de leur sœur qui les avait quittés : « Il ou elle s’est endormie dans le Seigneur », non pas seul, mais uni à son Seigneur.

Conclusion

Dans toute existence humaine, deux moments sont particulièrement pénibles, le début et la fin. Mais chacun de ces moments comprend un sacrifice pour accéder à une nouvelle forme de vie. L’enfant est forcé de quitter le sein de sa mère, qui le réchauffe et le nourrit, pour accéder à une existence autonome. Pour celui et celle qui croit dans l’amour, la fin de notre existence humaine nous ouvre sur la communion intime avec le Seigneur dans l’éblouissement de la vie éternelle.

Jean-Louis D’Aragon SJ

(Français) 2021/08/09 – Mt 25, 1-13

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Prévoir le sommet de notre vie

Nous savons tous que les événements majeurs de notre vie se préparent, parfois longtemps à l’avance. Par exemple, on n’improvise pas une cérémonie de mariage. Même pour un examen de fin d’année à l’université, on ne se présente pas sans avoir étudié de longues heures. Un sportif s’entraîne durant de nombreux mois en vue d’une compétition.

Quand il s’agit de notre rencontre avec le Christ, notre Seigneur, nous devons lui consacrer une préparation qui dure toute notre vie. C’est notre pèlerinage toujours orienté vers le but de notre existence terrestre. À notre mort, nous ferons le bilan de notre vie. Un tel compte rendu, global et final, exige que notre vie tende sans cesse vers cet instant suprême. Tel est le thème central de la parabole des deux groupes de jeunes filles, que Jésus nous présente.

Si on envisage cette rencontre comme celle d’un accusé devant son juge, qui connaît les moindres détails et toutes les fautes de notre existence, nous pouvons avoir peur. Mais ce juge apparaît ici comme l’époux, uni dans l’amour par son Alliance à chacun des membres de son peuple. Son amour transfigure toute cette scène, qui pourrait nous terrifier. Comme disait Mgr de Ségur, « Je préfère être jugé par le Seigneur Jésus que par ma propre mère. » Nous savons pourtant que la personne la plus indulgente à notre égard, c’est notre mère.

Le déroulement du mariage en Palestine

Il est éclairant de connaître les coutumes orientales pour comprendre les détails de cette parabole. Les coutumes d’un village palestinien sont les mêmes encore aujourd’hui et on ne peut s’en exempter.

Dans un premier temps, le fiancé se rend à la maison du père de sa fiancée pour amener celle-ci chez lui. Le délai, pendant lequel les jeunes filles s’endorment, dépend des longues discussions entre les deux familles à propos des cadeaux et de la dot. En effet, on discute très longtemps, une nuit, un autre jour, … Soudain un messager crie que le fiancé s’en vient.

Les jeunes filles ont pour fonction d’éclairer le cortège quand le fiancé, avec ses amis, vient prendre la fiancée. Il faut de l’huile d’olive pour renouveler le feu des torches à tous les quarts d’heure, durant le trajet et durant les festivités chez le marié. Tout le village est en éveil ; même les marchands gardent leurs magasins ouverts.

Sens de la parabole

L’époux représente naturellement le Seigneur Jésus. Il vient à notre rencontre, à la fin de notre pèlerinage sur terre, pour la fête des noces. Cette image de l’époux et de l’épouse reprend le thème de l’Ancien Testament, surtout chez le prophète Osée, qui considère l’Alliance de Dieu, uni intimement à son peuple par le lien du mariage. Avec la révélation du Christ, Dieu se rend visible dans son Fils, qui devient l’époux parmi nous. L’amour de Dieu s’abaisse à notre niveau humain pour nous prouver sa bonté et pour solliciter notre réponse ! Une telle rencontre matrimoniale ne s’improvise pas. Elle sera d’autant plus éblouissante qu’elle sera au terme d’une vigilance constante et intense.

Pourquoi notre société se concerte-t-elle pour nous distraire de cette rencontre et même pour nous éviter d’y penser ? Devant la mort inéluctable d’un proche, on cache souvent tous les signes qui nous interpellent et qui nous annoncent notre propre mort. On fait disparaître au plus tôt le cadavre, on délaisse toute cérémonie funéraire, on évite le cimetière pour s’en tenir à une niche dans un columbarium.

Certaines valeurs, représentées par l’huile, ne peuvent s’emprunter, car elles sont personnelles, adhérant à chaque personne en vertu de son expérience vécue. On ne peut emprunter des connaissances intellectuelles ou des vertus spirituelles, tout spécialement l’amour et la communion avec le Seigneur Jésus. Ces valeurs ne sont pas de l’ordre du commerce, elles ne s’empruntent pas, elles ne s’échangent pas, elles ne s’achètent pas. Elles sont personnelles !

Jean-Louis D’Aragon SJ