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(Français) 2023/01/14- Mc 2, 13-17

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Sur le rivage du lac, Jésus instruit la foule. En passant, il voit Lévi assis à son bureau de douane. Jésus lui dit: Suis-moi. L’homme se leva et le suivit. Jésus va ensuite prendre un repas chez lui avec les invités qui sont des publicains et des pécheurs. Des scribes des pharisiens sont scandalisés et protestent auprès des disciples. Jésus déclare: Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin mais les malades. Je suis venu appeler non pas les justes mais les pécheurs.

Jésus choisit Lévi et l’appelle à être un de ses disciples. Il est un collecteur d’impôts, un publicain.  Capharnaüm est proche de la frontière qui sépare le territoire d’Hérode Philipe de celui d’Hérode Antipas. Il réclame des frais de douane. Les publicains font partie de la catégorie de gens qui sont exclus de la bonne société. Ils sont sur le même pied que les pécheurs, des gens considérés comme impurs et contagieux. Ils sont donc à éviter. En l’appelant, Jésus montre que ces exclusions sociales ne jouent pas pour lui. Lévi a un autre nom: Matthieu. Il sera donc non seulement un disciple mais même un des Douze.

Sans doute pour célébrer cet événement exceptionnel, Lévi offre un repas pour Jésus et ses disciples. Les autres invités sont évidemment du seul milieu auquel il peut être associé: d’autres publicains. Or le repas est précisément un des lieux où l’exclusivité est la plus rigoureuse. Des scribes se rendent compte de ce que fait Jésus. Les scribes sont les experts dans les écritures, c’est-à-dire la Loi mais aussi toutes les interprétations et les applications qui ont été accumulées par les Anciens. Ces scribes  font partie des Pharisiens qui non seulement sont des observateurs rigoureux de la Loi mais qui se donnent aussi comme les protecteurs de la Loi. Ils réagissent donc auprès des disciples: Votre Maître mange avec des publicains et des pécheurs! Les disciples transmettent le message.

Jésus répond : il est venu pour ceux qui ont besoin de lui. Il est venu pour les pécheurs.

Dans l’épisode précédent, la guérison du paralytique, Jésus avait déclaré qu’il avait le pouvoir de pardonner les péchés. En utilisant la comparaison du médecin, il se trouve à jouter qu’il est celui qui vient guérir les coeurs. Il vient sauver, il vient libérer. C’est pour cela que les entraves sociales n’existent pas pour lui.

Enfin, l’épisode est un exemple qui nous montre Jésus allant vers les gens où qu’ils soient. C’est lui qui prend l’initiative d’appeler Lévi. C’est encore lui qui décide d’aller au milieu des publicains et des pécheurs. Il pratique lui-même la parabole qu’il donnera du berger qui part chercher la brebis égarée.  Il n’attend pas qu’on vienne à lui. Il est celui qui vient à nous et il le dira : Le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu.   (Luc 19,10)

Jean Gobeil SJ 

(Français) 2023/01/13 – Mc 2, 1-12

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Jésus revient à la maison de Capharnaüm et la foule bloque la porte. Des gens amènent un paralytique. Ils montent sur le toit, l’ouvrent et descendent le malade devant Jésus. Celui-ci, voyant leur foi, dit: Mon fils, tes péchés sont pardonnés. Des scribes se disent: Ceci est un blasphème: seul Dieu peut pardonner. Pour qu’ils sachent que le Fils de l’homme a le pouvoir de pardonner, il dit au paralytique: Je te l’ordonne. Lève-toi; prends ton brancard et rentre chez toi. C’est ce que fait l’homme devant tout le monde. Tous sont stupéfaits et rendent gloire à Dieu.

La maison de Capharnaüm, supposée connue, est la maison de Pierre et d’André où Jésus est déjà allé guérir la belle-mère de Pierre. Le toit palestinien est typique: il est en forme de terrasse et fait de branches et de terre battue. L’accès est souvent facile: on s’en sert pour faire sécher des choses.

Les gens se pressent pour entendre Jésus si bien que même la porte est bloquée. Quatre hommes arrivent avec un paralytique sur un grabat, une sorte de brancard. Matthieu mettra quelque chose d’un peu plus relevé et parlera d’une couche; Luc, lui, parlera d’une civière. Sur le toit, ils font une ouverture. Marc dit: ils découvrent le toit, à l’endroit où il (Jésus) était, en arrachant (les branches) et laissent descendre le grabat sur lequel gisait le paralytique. Les phrases de Marc ne sont pas élégantes mais pour les détails, c’est un visuel !

Jésus, voyant leur foi… Pour Jésus, la foi des porteurs est importante. C’est un détail qui revient plusieurs fois. Devant des gens qui prient pour quelqu’un ou qui intercèdent pour quelqu’un, ou comme ici qui agissent pour quelqu’un, Jésus ne pose pas de question: il répond immédiatement en agissant. On a l’exemple de la belle-mère de Pierre qui est malade: ils lui parlent à son sujet….Et Jésus va la prendre par la main et la faire se lever. Dans Luc (7,2), le centurion qui a un serviteur malade envoie auprès de Jésus des anciens qui le recommande chaleureusement. Jésus ne pose pas de question, il se met en route aussitôt. Dans Jean, à Cana, Marie dit simplement à Jésus: Ils n’ont  plus de vin. Jésus semble faire une objection: ce n’était pas dans ses plans… Marie dit aux serviteurs: Tout ce qu’il vous dira, faites-le. Et les cruches d’eau deviennent des cruches de vin. C’est comme si, pour Jésus, les intercesseurs, les intermédiaires, représentaient une solidarité dans la foi qui était particulièrement importante. Lui-même sera l’intercesseur par excellence sur la croix en demandant le pardon de ses persécuteurs et il sera l’intermédiaire par qui l’Esprit nous sera donné.

Pour la première fois, Jésus emploie l’expression le Fils de l’homme pour parler de lui-même. Depuis le livre de Daniel, c’est un titre messianique. Le Fils de l’homme a le pouvoir de remettre les péchés sur la terre, déclare Jésus. Il est le Sauveur, celui qui vient libérer. Pour Jérémie et pour Ezéchiel, le pardon des péchés était le signe qui introduirait la Nouvelle Alliance. A la dernière Cène, Jésus dira: Ceci est mon sang, le sang de l’alliance, qui va être répandu pour une multitude en rémission des péchés. (Mt.26,28)

Un commentateur faisait une remarque sur quelque chose qui n’est pas dans le texte mais qu’on peut supposer. Le soir, quand la foule est partie, Pierre dans sa maison de Capharnaüm contemple les étoiles à travers son toit défoncé. Il a dû comprendre alors que lorsque Dieu est proche il peut demander certains sacrifices !

Jean Gobeil SJ  

 

(Français) 2023/01/12 – Mc 1, 40-45

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Un lépreux vient à Jésus et le supplie de le purifier: “Si tu le veux, tu peux me purifier”. Jésus tend la main et le touche en disant: “Je le veux, sois purifié”. A l’instant, il est guéri. Jésus lui défend d’en parler mais lui recommande d’aller faire constater la guérison par un prêtre et de faire l’offrande prescrite dans la Loi. Une fois parti, l’homme répand la nouvelle ce qui oblige Jésus à éviter les lieux populeux.

Le lépreux en s’approchant de Jésus viole un interdit. Jésus en le touchant contracte une impureté rituelle. On pourrait penser que Jésus néglige la Loi. Mais ses recommandations à l’homme guéri montre au contraire qu’il respecte la Loi. Cependant, sa mission et les besoins de la charité doivent avoir la priorité sur des lois rituelles. Pour Jésus, la vision est claire et il n’a aucune hésitation.

D’autant plus que la prière du lépreux est un bel acte de foi. Il croit que Jésus a ce pouvoir et en même temps il respecte sa décision. C’est une belle rencontre dans la foi entre le lépreux et Jésus. Et le geste de Jésus qui tend la main et le touche est bien expressif de l’accueil que Jésus accepte de faire à cette foi.

Immédiatement après la guérison, Jésus fait la prescription du silence, ce qui va revenir souvent. Jésus a dû garder ses distances vis-à-vis différents courants d’idées et pratiques de l’époque. Il respecte la Loi mais se tient loin des interprétations de Pharisiens qui font passer la Loi avant la charité vis-à-vis du prochain si ce n’est pas avant Dieu lui-même, comme le fera Paul avant sa conversion. Jésus respectera le Temple comme lieu de prière mais il se tiendra loin des Sadducéens qui en faisait un lieu de commerce. Il devra garder ses distances vis-à-vis des nationalistes qui voyaient la libération de l’occupation romaine et des taxes comme un devoir religieux. Mais probablement la question la plus délicate était le désir d’un roi, personnage politique ou militaire, qui réaliserait les attentes messianiques et les promesses de Dieu sur Israël. L’enthousiasme des foules pouvaient facilement fausser la mission et la personne de Jésus dans cette direction. C’est ce qui se passe dans notre texte aujourd’hui. Devant une nouvelle guérison, Jésus doit éviter les endroits où la foule pourrait se rassembler trop facilement et s’enthousiasmer pour une image de Jésus qui n’était pas la sienne.

Jean Gobeil SJ 

(Français) 2023/01/11 – Mc 1, 29-39

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Jésus sort de la synagogue le jour du sabbat et va à la maison de Simon et André. La belle-mère de Simon est sérieusement malade. On parle d’elle à Jésus. Jésus va à elle, la prend par la main et la fait se lever. La fièvre l’a quittée et elle peut les servir. Après le coucher du soleil, alors que le sabbat est fini, on lui amène des possédés et des malades. Il les guérit tous mais il empêche les esprits de parler pour dire qui il était. Avant le lever du soleil, Jésus va prier dans un endroit désert. Simon et ses compagnons le retrouvent mais Jésus décide d’aller ailleurs pour continuer sa mission. Il se met à parcourir la Galilée en proclamant la Bonne Nouvelle.

0Jésus va à la maison de Simon qui n’a pas encore reçu son nouveau nom de Pierre. Comme c’est encore le sabbat, cette maison ne peut être loin de la synagogue d’où il vient. On parle à Jésus de la belle-mère de Simon: elle a de la fièvre ce qui est toujours inquiétant. Plusieurs fois, les évangéliste remarqueront que Jésus semble répondre immédiatement à la prière faite pour un autre. Jésus va près d’elle. Il lui prend la main et la fait se lever. La fièvre disparaît. Marc remarque que Jésus n’hésite pas à toucher. Il touche les yeux des aveugles. Il embrasse des enfants. Il brise même des interdits graves: il prend par la main un lépreux. Il ne recule pas devant les malades qui veulent le toucher pour être guéris. La présence et le contact personnel sont importants pour lui.

Le sabbat se termine avec le coucher du soleil et les restrictions sur les déplacements sont terminées. On amène alors les malades à la maison de Simon pour se faire guérir par Jésus. Il y a affluence.

Jésus fait des guérisons et des exorcismes mais il empêche les esprits mauvais de dire qui il est. C’est le commencement de la consigne du silence. Cela reviendra dans les guérisons individuelles alors qu’il recommandera le silence. Le danger était de le prendre seulement comme un guérisseurs des maux physiques et d’oublier que les miracles n’étaient que des signes de la présence du Règne de Dieu.

Le lendemain matin, très tôt, Jésus va tout seul dans un endroit désert pour prier. Il fera la même chose après la multiplication des pains. Il a besoin de prendre de la distance par rapport à l’effervescence et l’enthousiasme de la foule. Il a besoin de retrouver l’intimité avec le Père qu’il nommera dans la prière au jardin de Gethsémani (14,35). Ici, il a besoin de retrouver l’essentiel de sa mission. S’il reste à Capharnaüm, il n’y pas de doute que la foule va continuer d’affluer et de s’enthousiasmer. Le danger est qu’il  soit considéré seulement comme un guérisseur, un thaumaturge.

Quand les disciples le retrouvent, ils confirment ses craintes: Tout le monde te cherche, disent-ils. Jésus décide de reprendre la route à travers la Galilée pour annoncer la Bonne Nouvelle, c’est-à-dire d’annoncer que le Royaume de Dieu est proche.  C’est le coeur de sa mission. C’est pour cela que je suis sorti, dit-il. Ce terme est très fort. C’est une référence à sa pré-existence auprès du Père et à sa divinité. Cette révélation de son identité ne sera comprise qu’après la résurrection. Pour le moment, l’important pour lui est de rester fidèle à sa mission.

Jean Gobeil SJ 

(Français) 2023/01/10 – Mc 1, 21-28

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Après s’être choisi des disciples, Jésus vient à Capharnaüm avec eux et commence son ministère à la synagogue le jour du sabbat. L’auditoire est frappé par son enseignement qui est donné avec une autorité que les scribes n’ont pas. Un esprit mauvais qui est dans un possédé se manifeste: il est très agressif contre Jésus. Jésus l’interpelle avec force: Tais-toi. Sors de cet homme. Et l’esprit est forcé de se retirer avec fracas. La foule est frappée de son enseignement et de sa puissance sur les esprits mauvais: on se demande qui il est.

L’évangéliste présente le commencement du ministère public de Jésus. Auparavant l’Esprit est descendu sur Jésus après son baptême par Jean-Baptiste et il demeure avec lui. Le même Esprit l’a poussé au désert où il a été “testé” par Satan. Jésus s’est choisi des disciples et il est revenu à Capharnaüm où il commence sa prédication le jour du sabbat dans la synagogue.

La scène est un résumé de ce qui avait frappé les disciples dans la personne de Jésus. Quand deux disciples s’en iront après la mort de Jésus et sans connaître encore la résurrection, ils décriront le ministère de Jésus de la façon suivante : … Jésus, qui s’est montré un prophète puissant en oeuvres et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple. (Luc 24,19)

Il est un prophète, c’est-à-dire qu’il est envoyé par Dieu et participe à sa sainteté. Sa puissance lui vient de l’Esprit qu’il a reçu. Il est puissant en paroles, c’est-à-dire dans son enseignement. Dans notre texte, il est quatre fois question de l’enseignement de Jésus. Marc ne nous donne pas le contenu de cet enseignement mais il souligne sa manière d’enseigner, son autorité ou sa puissance et que cette façon d’enseigner est bien différente de celle des scribes.

Les scribes parmi les Pharisiens étaient les autorités pour interpréter la Loi ou les Ecritures. Mais un scribe ne pouvait se permettre des nouveautés. Son interprétation était toujours basée sur ce que des autorités reconnues avaient dit avant lui. C’est ce qui faisait la valeur de son interprétation. Jésus, lui, n’a pas besoin des autorités humaines. Il enseigne avec l’assurance que lui donne la présence de l’Esprit. Son autorité, sa force, lui vient de Dieu. Et ses auditeurs sont frappés par la nouveauté et l’autorité.

Cette force ne se manifeste pas seulement dans son enseignement mais aussi dans ses oeuvres dont l’exorcisme est un exemple. Les possédés sont toujours considérés comme prisonniers d’une force qui est opposée à la sainteté de Dieu. Cette force essaie de maîtriser Jésus en le nommant. C’est la confrontation entre l’esprit du mal et Jésus qui est accompagné de l’Esprit: elle est très courte. Avec deux paroles très rudes Jésus y met fin: Tais-toi! Sors de cet homme. Et c’est fini. Plusieurs fois, Marc présentera Jésus comme celui qui vient avec force confronter les forces qui empêchent l’être humain d’être libre. Avec l’Esprit, Jésus est puissant en paroles et en oeuvres. “Un doux prêcheur de Galilée”, comme un auteur a voulu caractériser Jésus, n’aurait frappé personne, ni attiré des foules ni inquiéter de plus en plus les autorités. Il ne serait pas mort sur une croix.

Jean Gobeil SJ 

 

(Français) 2021/10/04 – Lc 10, 25-37

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Un légiste pose une question piège à Jésus : « Maître, que dois-je faire pour avoir part à la vie éternelle? » Jésus répond par une autre question : « Dans la Loi, qu’est-il écrit?»  Bon élève, le légiste cite le plus grand des commandements qui résume la Loi et les Prophètes: « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme… et ton prochain comme toi-même.» Jésus lui accorde alors la note parfaite : dix sur dix au niveau de la théorie. Toutefois, la théorie n’est pas tout. Jésus enjoint au légiste d’aller faire les travaux pratiques, sur le terrain! Mais ce dernier n’aime pas le rôle de l’arroseur arrosé. Il contre-attaque par une autre question piège : « Et qui est donc mon prochain? » Jésus répond par le détour de la merveilleuse parabole du bon Samaritain, l’un des bijoux de l’évangile de Luc, qui s’achève par une question au légiste : « Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme qui était tombé entre les mains des bandits. » En mauvaise posture, le docteur de la Loi est bien obligé de donner une réponse qui permet à Jésus de répéter son conseil : « Va, et toi aussi, fais de même. »

En allant voir les parallèles de ce texte chez les deux autres synoptiques, on peut constater que la question piège posée à Jésus est : « Quel est le plus grand commandement? »  Chez Marc et Matthieu, c’est donc Jésus qui joue le rôle de l’élève surdoué : il répond directement, sans ruser, en citant les Écritures, et la confrontation s’arrête là. Mais Luc chambarde tout, comme pour faire durer notre plaisir. D’abord, il ne reprend pas la question de départ. Chez Luc, le légiste veut savoir ce qu’il doit faire pour entrer dans le royaume, et Jésus le contraint à trouver lui-même la réponse dans les Écritures. Mais le légiste ne s’avoue pas vaincu et récidive par une autre question désespérément théorique: « Qui est donc mon prochain? »

Avec un art consommé de l’esquive, Jésus lui sert la parabole du bon Samaritain, comme pour lui  dire, « Plus malin que moi, tu meurs ! »  De fait, la parabole est un véritable traquenard pour le pauvre légiste. Dans les milieux juifs, la réponse à sa deuxième question était évidente : le prochain est tout membre de son peuple, à l’exclusion de tous les étrangers. Jésus connaît cette réponse qu’il rejette indirectement, mais fermement. « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho… » Il ne précise pas qui était cet homme, mais il y a tout lieu de supposer que c’était un juif. Ce juif se fait donc attaquer par des bandits qui le dépouillent, le tabassent et le laissent pour mort.

Des juifs très au fait de la Loi (un prêtre et un lévite) arrivent à cet endroit et voient l’homme agonisant. Ils passent « de l’autre côté » et ne portent pas secours à ce congénère dans le plus grand besoin. Or, cet homme est bel et bien « leur prochain » selon la Loi. Puis un Samaritain, c’est-à-dire un étranger, passe par là et réagit autrement : saisi de pitié, il pose envers l’infortuné tous les gestes de miséricorde que les deux représentants de la Loi ont soigneusement évités. Le légiste est finalement  obligé de descendre du ciel de la théorie pour répondre à la seule question pratique qui compte vraiment pour Jésus : « Qu’as-tu fait de ton frère humain, sans discrimination? » Et, toute honte bue, il doit admettre qu’un Samaritain, un étranger, peut s’emparer du rôle de modèle en manifestant à l’égard d’un juif dans le besoin, plus de générosité que des juifs patentés! Jésus a pourtant la victoire modeste. N’importe qui d’entre nous aurait dit à ce légiste battu à plate couture : maintenant, dégage, va au diable! Mais Jésus se garde de l’humilier. Il lui conseille simplement d’imiter le Samaritain de la parabole.

Melchior M’Bonimpa