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(Français) 2022/02/26 – Mc 10 13-16

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La naissance d’un enfant est normalement source d’espérance et de joie. On constate que la vie continue, puisqu’on l’a transmise. Avec une nouvelle vie, on a l’impression que tout recommence. C’est l’innocence originelle qui apparaît, sans l’égoïsme et la violence. Cet être démuni, qui sourit, est sans défense, tout entier dans l’attente. L’enfant est objet d’amour, non pas par ce qu’il donne, car il est démuni et totalement en attente, mais parce qu’il nous oblige à donner le meilleur de nous-mêmes. Tous les dévouements envers lui sont gratuits, car l’enfant ne peut rien offrir en retour. La récompense, c’est de nous sentir meilleurs, puisque mous donnons alors comme Dieu, qui a nous a accordé gratuitement la vie.

L’enfant, exclu par l’égoïsme

Lorsque tout s’apprécie dans une société d’après la force brute, sans générosité ni gratuité, l’enfant devient un être négligeable ou même nuisible Aussi on ne s’émerveille guère devant l’apparition d’une nouvelle vie. Chez les Romains, le rite voulait qu’on dépose le nouveau-né sur les genoux de son père, qui décidait s’il lui convenait ou non, s’il avait le droit de vivre. Dans une apologie ancienne, l’auteur mentionne que les chrétiens n’abandonnent pas leurs enfants, comme les païens autour d’eux. Chez les Juifs toutefois, on n’était pas aussi cruel, mais l’enfant était un être qu’on aimait, mais sans lui attacher une importance particulière.

Notre civilisation, qui refuse la vie pour favoriser l’épanouissement personnel, c’est-à-dire l’égoïsme, ne peut se prétendre tellement supérieure au monde ancien. On a répété que notre monde courtise la mort. Les mariages homosexuels montrent qu’on refuse la vie à sa source même. Le soi-disant droit à l’avortement équivaut au privilège de tuer la vie en germe et que l’enfant en devenir est une menace dont il faut se débarrasser. La violence dans toutes ses manifestations s’attaque à la vie du prochain. Dans la mesure où l’égoïsme nous replie sur nous-mêmes et nous ferme à l’amour, l’enfant est un poids, une nuisance.

Au contraire, l’enfant est l’idéal

Jésus, au contraire, impose les mains aux enfants, un geste qui appelle la bénédiction de Dieu. Bien plus! Il ajoute à son geste cette déclaration que les enfants sont bienheureux et qu’il faut leur ressembler pour entrer dans le royaume de Dieu. Jésus insiste : après avoir affirmé que le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent, il répète cette affirmation d’une manière négative, en introduisant sa déclaration par la formule Amen, je vous le dis. Il entoure donc cette vérité d’une auréole solennelle : Celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas. L’affirmation est catégorique : pas de salut, pas de vie éternelle, à moins d’accueillir le don de Dieu comme un enfant.

Pourquoi l’enfant, et seulement ceux qui lui ressemblent, peut-il jouir du bonheur éternel ? Faudrait-il redevenir pur et innocent comme lui, exprimer son amour et l’offrande de sa vie au Seigneur ? L’enfant pourtant n’a pas encore une conscience assez développée pour une telle offrande. Non ! L’enfant ne peut rien, il est totalement démuni et pauvre. C’est son état même de pauvreté qui rend l’enfant digne de la béatitude que proclame le Christ. En particulier, le foetus dans le sein de sa mère est le plus pauvre, le plus démuni. Il n’a rien, il est impuissant, il est donc totalement ouvert pour accueillir le don gratuit de Dieu. Il ne suffit pas évidemment d’être dans cette situation concrète pour être déclaré bienheureux, il faut l’assumer dans son esprit, il faut avoir une âme, un coeur de pauvre. Mais la pauvreté matérielle favorise l’humilité de l’esprit, celle qui rend disponible au don gratuit du Royaume. Cette condition de l’enfant reprend à sa manière la 1ère béatitude de Luc 6, 20 : “Bienheureux, vous qui êtes pauvres”, en opposition à ceux qui s’enferment égoïstement dans leurs richesses : “Malheur à vous qui êtes riches.” (Luc 6,24)

Tout est grâce et amour de la part de Dieu. L’attitude nécessaire pour accueillir le Seigneur, c’est l’ouverture de son coeur. L’enfant qui ouvre ses bras pour se faire prendre symbolise cet accueil d’humilité et de dépendance.

P. Jean-Louis D’Aragon SJ

(Français) 2022/02/25 – Mc 10, 1-12

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Nous savons tous que la réussite de notre existence dépend de notre fidélité : fidélité à l’orientation et à l’état de vie que nous avons choisi, fidélité à nos amitiés, fidélité à l’amour que nous avons juré. Notre existence humaine est trop brève pour nous permettre de nous disperser dans différentes orientations et de nous diviser dans diverses directions. La vie et le bonheur se découvrent dans l’unité de notre personne, qui se réalise dans une ascension constante vers un même but.

Tous les peuples et toutes les civilisations ont sacralisé l’amour entre un homme et une femme par un rite solennel qui engage l’avenir des conjoints devant les témoins de la société à qui ils appartiennent. Aussi la fidélité matrimoniale est partout et toujours objet d’admiration, même si elle est contredite trop souvent par une trahison. On célèbre de diverses manières les étapes de cette fidélité, noces d’argent, d’or, de diamant…

Le divorce dans le milieu juif

Comme dans presque toutes les sociétés, le divorce était accepté dans le monde contemporain de Jésus. Les autorités juives ne contestaient pas le droit de divorcer, mais elles le réservaient au mari. L’épouse ne pouvait que recourir à des moyens détournés pour obliger son mari à divorcer. Cette discrimination entre les deux sexes était l’une des injustices de cette société patriarcale.

La question de droit ne se posait donc pas, mais plutôt celle des motifs justifiant le divorce. Comme d’habitude, deux écoles s’opposaient, l’une rigoureuse et l’autre large. La première, celle de Shammaï, n’admettait le divorce que dans le cas grave de l’infidélité de l’épouse, sans envisager celle du mari. Dans l’école libérale, celle de Hillel, pratiquement n’importe quel motif était suffisant pour justifier le divorce, car la Loi était vague à ce sujet : l’épouse cesse de plaire à son mari, qui a quelque chose à lui reprocher (Dt 24,1). Mais une clause protégeait quand même l’épouse : le mari qui la répudiait devait lui donner un document attestant qu’il la libérait, qu’elle n’était plus sa propriété. Devenue libre, elle pouvait envisager un remariage.

Marc rapporte que les quelques Pharisiens qui posèrent à Jésus cette question sur le divorce voulaient lui tendre un piège. La question qu’ils posent porte sur le droit au divorce, non pas sur les motifs qui le justifient. Comment une telle question pouvait-elle constituer un piège, alors que le divorce était accepté par tous ?  Moïse avait même sanctionné ce droit, et Jésus lui-même invite ses interlocuteurs à citer le commandement qui spécifie la condition à observer : le mari doit donner à la femme qu’il répudie une attestation de divorce.

Une seule explication s’impose : les Pharisiens savent déjà que Jésus défend l’indissolubilité du mariage et ils veulent le mettre en contradiction avec Moïse. L’enseignement de Jésus n’est donc pas improvisé, circonstanciel ; que le lien d’amour dans le mariage soit indissoluble, c’est un principe ferme que Jésus enseignait.

L’idéal du couple humain

Jésus remonte au-delà de Moïse et rappelle la volonté du Créateur Gn 1, 27). Dieu a voulu que l’homme et la femme découvrent le vrai bonheur dans un amour réciproque, qui ne se dément jamais. Il a voulu que le lien matrimonial soit indissoluble et que les deux conjoints soient égaux, dans le respect mutuel. Leur amour doit être tellement fort que chaque partenaire sacrifie ce qui est le plus important pour lui, son père et sa mère, qui lui ont transmis la vie. Ce sacrifice introduit les conjoints dans cette communion, dont l’intensité entre ces deux personnes réalise leur unité, au point qu’ils ne sont plus deux, mais un seul être.

Il est évident que le projet initial du Créateur a préséance sur la législation de Moïse. Mais alors, comment celui-ci, inspiré pourtant par le Seigneur, a-t-il pu aller à l’encontre de la volonté de Dieu ? C’est l’objection que posent les Pharisiens à Jésus. Dans sa réponse, Jésus distingue entre l’idéal voulu par le Créateur et la pratique humaine viciée par l’égoïsme, à cause de la dureté de votre coeur.

Les commandements de Dieu ont toujours pour but notre bonheur. Dieu est l’Amour et il désire que nous soyons heureux. Pour quelle raison alors Dieu a-t-il prescrit l’indissolubilité du lien matrimonial ? Parce que notre bonheur ne s’atteint pas dans la dispersion, dans la division de nous-mêmes, encore moins dans l’injustice. Le bonheur se construit à chaque instant, pas à pas, vers le but que le Seigneur a assigné à chacun. Changer de voie, comme dans la circulation, comporte toujours un risque. La continuité et la fidélité peuvent seules assurer la réussite de notre vie.

Conclusion

Au nom de la liberté, chacun(e) aujourd’hui a peur de s’engager pour la vie et ne veut pas d’un engagement sans condition. On s’engage, mais à la condition de changer de voiture, si le trajet n’est plus agréable. On passe d’un véhicule à l’autre, pensant que le suivant sera peut-être plus confortable. L’exemple fréquent qui illustre notre hésitation à nous engager, c’est ce qu’on nomme populairement le “zapping”, allant d’un canal à l’autre de la T.V., avec l’illusion inconsciente qu’on découvrira un programme merveilleux. Quand nous sommes épuisés par cet étourdissement, nous démissionnons et nous fermons l’appareil. La démission dans la vie, c’est la tragédie du suicide !

Quand il s’agit de ce qu’il y a de plus précieux dans notre existence, l’amour, nous ne pouvons pas jouer à la “valse hésitation”. La rupture d’un engagement envers le conjoint est toujours inspirée, au moins partiellement, par l’égoïsme, le contraire de l’amour. Une rupture provoque une double blessure du coeur, dont on ne guérit pas facilement, si jamais on en guérit. Le plus tragique réside dans le conjoint qui porte la responsabilité de la rupture. Prétendre découvrir un nouveau bonheur sous un “coup de foudre”, c’est nourrir son égoïsme et penser bâtir son bonheur sur le malheur d’un autre, surtout en blessant les plus faibles, les enfants.

C’est ce naufrage de l’égoïsme que Jésus veut nous éviter. Au fond, les gens montrent qu’ils comprennent bien la valeur de cet enseignement du Christ, quand ils manifestent leur admiration pour les couples profondément unis après plusieurs années de mariage. Les photos de certains couples dans les journaux de fin de semaine et les célébrations organisées par leurs proches illustrent cette admiration. Ces célébrations ravivent notre espérance que l’amour finira par triompher de l’égoïsme.

P. Jean-Louis D’Aragon  SJ 

(Français) 2022/02/24 – Mc 9, 41-50

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Jésus donne des instructions à ses disciples. Il révèle qu’un verre d’eau donné à un disciple à cause de son appartenance au Christ ne restera pas sans récompense. Il les avertit ensuite que causer la chute d’un de ses petits mériterait d’être jeté à l’eau avec une meule attachée au cou. Chacun doit trancher avec la cause qui l’entraîne au péché. Chacun sera purifié (salé) au feu. Mais le sel sert aussi à conserver et chacun doit posséder ce sel en lui-même pour assurer la paix avec les autres.

Dans l’instruction précédente, alors que quelqu’un qui ne faisait pas partie du groupe visible des disciples avait chassé des esprits mauvais en utilisant le nom de Jésus. Aux disciples qui auraient voulu l’arrêter Jésus avait déclaré :   “Celui qui n’est pas contre nous est pour nous.”

Le début de notre texte vient renforcer la valeur de cette déclaration.

“Quiconque vous donnera à boire…”  Quiconque: il s’agit de quelqu’un qui n’est pas du groupe et qui donne à boire à quelqu’un qui est chrétien (“à cause de mon nom”). Le Christ promet qu’il ne sera pas sans récompense. Il élargit encore les limites du groupe: il est en relation avec des gens qui ne font pas partie de “ceux qui suivent” Jésus.

Jésus revient ensuite aux devoirs des disciples vis-à-vis de ceux qui sont du groupe mais qui sont plus faibles ou qui ont une religion un peu simple avec des gestes qui peuvent être considérés comme un peu naïfs, ceux que Jésus appelle des “petits”. La gravité du scandale d’un de ces petits est illustrée par l’image de la punition: être jeter à l’eau avec une meule pour broyer le grain attaché au cou! Le “scandale” dont il est question n’est pas nécessairement un mauvais exemple ou une action révoltante. C’est un obstacle, un piège, une pierre d’achoppement. “Scandaliser”, littéralement, c’est faire trébucher. On vise donc celui qui ne se soucie pas d’être une pierre d’achoppement pour un “petit”.

Le problème devait se présenter assez souvent dans des communautés qui n’étaient pas homogènes et Paul en a parlé dans l’épître aux Corinthiens (1 Cor.8). “La science enfle: c’est la charité qui édifie,” dit-il. De quelle science ou connaissance, parle-t-il? Il parle d’un cas bien concret dans l’église de Corinthe: “Nous savons qu’une idole n’est rien et que par conséquent la viande qui a été offerte aux idoles n’est pas différente d’une autre viande.” (8,4)

Il y a quantité de cette sorte de viande qui revient sur le marché. Sachant ce qu’il sait, il peut en manger sans aucun problème. “Mais tous n’ont pas la science.” (8,7) Il y a ceux qui sont récemment convertis pour qui cette viande faisait partie d’un geste religieux devant les idoles. “Prenez garde que cette liberté dont vous usez devienne pour les faibles une occasion de chute.” La science qui donne la liberté ne doit pas faire oublier la charité. “C’est pourquoi si un aliment doit causer la chute de mon frère je me passerai de viande à tout jamais afin de ne pas causer la chute de mon frère.” (8,13)

Notre texte également rappelle à la communauté de Rome la nécessité du respect pour ceux qui sont plus faibles. Le reste des exemples de la main, du pied, de l’oeil, qui sont des obstacles qu’il faut sacrifier sont des images dans le style prophétique pour souligner l’importance d’accepter le Royaume qui est offert: il faut être prêt à accepter des renoncements. Le refus du Royaume entraîne d’être jeté dans la “géhenne”, un dépotoir de Jérusalem où il y avait de la corruption et des vers et où on mettait le feu pour nettoyer.

La fin du texte est obscure. Il s’agit d’un feu qui purifie, ce que le sel peut faire. Le sens serait que nul ne peut échapper à la nécessité de la purification. Mais dans la phrase suivante, le sel est pris dans son rôle bénéfique de préserver, de conserver, de donner de la saveur. Les chrétiens ont déjà été invités à être des lumières dans le monde. Ils sont invités aussi à être dans la communauté la saveur qui assurera la paix avec les frères.

Jean Gobeil SJ

(Français) 2022/02/23 – Mc 9, 38-40

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Quelqu’un qui n’est pas membre du groupe des disciples a expulsé des esprits mauvais en utilisant le nom de Jésus. Jean aurait voulu l’empêcher “parce qu’il n’est pas de ceux qui nous suivent”. Jésus est contre cette interdiction. “Celui qui n’est pas contre nous est pour nous”, dit-il.

Notre texte fait encore partie des instructions que Jésus donne à ses disciples. Il vient de dire que parmi ses disciples, parmi ceux qui le suivent, il n’y a pas de gens sans importance. C’était un point important des enseignements de Paul à l’église de Corinthe. Dans la communauté, il n’y a pas de citoyens de seconde zone. Tous sont importants parce que tous ont un rôle à jouer selon leurs aptitudes et les dons qu’ils ont reçus. Être disciple, c’est faire partie d’un service. Il n’y pas de place pour de la discrimination.

Ici, Jésus va encore plus loin. Il va au-delà de la communauté visible vers ceux qui, sans appartenance officielle, contribuent au bien que représente la venue du Royaume de Dieu. Les signes que les disciples ont faits ne sont pas des preuves de leur appartenance au groupe des disciples. Ils ne sont pas un privilège de groupe: ils sont des signes de la présence du Royaume de Dieu, comme les oeuvres de Jésus lui-même. Les disciples ne devraient pas l’oublier.

Pour Marc qui rédige l’évangile à Rome, en temps de persécutions semble-t-il, cette parole de Jésus pouvait paraître particulièrement importante. En temps de persécution, il est facile de simplifier et de durcir la séparation: il y a nous, les persécutés et il y a les autres, les persécuteurs. Mais dans la situation historique, il devait bien y avoir la zone grise de ceux qui, devant la persécution, restaient discrets et évitaient d’afficher leur appartenance au Christ. Ils pouvaient quand même pratiquer de leur mieux la charité et le service que le Christ demandait. Notre texte pouvait leur dire qu’ils continuaient à être pour le Christ.

Cette parole du Christ peut donc être comprise comme un rappel, qui demeure toujours actuel, de ne pas juger ou de ne pas exclure trop vite ceux qui ne remplissent pas toutes les conditions qu’on trouve importantes pour appartenir à la communauté.

Jean Gobeil SJ

(Français) 2022/02/22 – Mt 16, 13-19

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Dans le territoire païen de Césarée de Philippe, Jésus demande à ses disciples: Pour vous, qui suis-je? Pierre répond en son nom et au nom des Douze: Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant. Jésus déclare que cette profession de foi lui vient du Père et qu’il sera le roc sur lequel l’Église sera bâtie. Il aura le pouvoir de lier et de délier, c’est-à-dire de défendre ou de permettre.

La chaire représente l’endroit d’où se fait l’enseignement religieux. Avec l’établissement de Pierre à Rome, l’église de Rome devient la chaire de l’enseignement apostolique et le symbole de l’unité de l’Église. On se rappelle qu’un jour, la chaire de Jésus a été un banc où Jésus s’était assis dans la barque de Pierre pour prêcher à la foule (Luc 5). Quand Jésus a fini de parler, il dit à Pierre de s’éloigner du rivage et de jeter les filets à l’eau. C’est la pêche miraculeuse où Pierre prend conscience de la puissance du Christ et de son indignité: Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. Le Christ le rassure: Sois sans crainte. Et il lui révèle sa vocation: Désormais ce sont des hommes que tu prendras-vivants.

Après le discours sur le pain de vie, beaucoup des disciples de Jésus le quittent. Jésus demande aux Douze: Voulez-vous partir, vous aussi? C’est Pierre qui répond au nom des Douze et qui fait une belle profession de foi: Seigneur, à qui irions-nous? Tu as les paroles de la vie éternelle. … Tu es le Saint de Dieu. (Jean 6,67-69)

La profession de foi de Pierre à Césarée de Philippe est importante dans le déroulement des synoptiques. Après les opinions des gens qui restent incertaines, on a une affirmation claire que Jésus est le Messie et Jésus accepte cette identification. Mais pour Pierre, elle n’est pas encore complète, puisqu’elle ne comprend pas la Passion.  Cela fera qu’après avoir eu le courage d’aller dans la cour du grand prêtre après l’arrestation de Jésus, il le reniera à cause d’une servante.

En dépit de cela, Jésus confirmera son poste à la tête de son troupeau en lui disant : Paix mes agneaux…. Paix mes brebis....    (Jean 21,15-17)  On voit, dans le livre des Actes, que ce choix a été respecté dans l’église primitive et il continue de l’être dans la célébration de la fête d’aujourd’hui.

P. Jean Gobeil SJ 

(Français) 2022/02/21 – MC 9, 14-29

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Jésus trouve ses disciples en train de discuter avec des scribes, entourés d’une grande foule. On saura plus loin la cause de cette discussion, mais le passage n’en dit pas la teneur. Pourtant, ce serait important d’avoir une idée du contenu de cette discussion, car, apparemment, c’est ce contenu qui met Jésus en colère quand il attaque sans distinction disciples et scribes, comme s’ils s’étaient rendus coupables de la même infraction : « Génération incrédule, jusqu’à quand serai-je auprès de vous? Jusqu’à quand aurais-je à vous supporter? »

Qu’est-ce qui met ainsi Jésus hors de lui, et surtout, pourquoi colle-t-il l’étiquette flétrissant de « génération incrédule » aussi bien à ses disciples qu’aux scribes? La seule façon de le savoir est de sortir du texte pour chercher dans les évangiles d’autres occasions où Jésus pique de ces colères bleues et emploie des expressions proches de « génération incrédule » pour stigmatiser ses adversaires. On se rend alors compte que cela se produit quand il est mis en demeure de produire un signe. Il refuse toujours de jouer ce jeu-là.

Ici, ce sont ses disciples qui ont été mis au défi de guérir un enfant possédé. Ils ont mordu à l’hameçon et ont voulu « performer », non pas pour soulager la misère du pauvre enfant tourmenté et de son père désespéré, mais d’abord et avant tout pour se donner en spectacle en rabattant le caquet à ces scribes arrogants. Mais le miracle ne se produit pas. Imaginez alors le contenu de la discussion. Les scribes s’en donnent à cœur joie : ils traitent les disciples d’imposteurs, de charlatans, comme leur maître. Et, bien évidemment, la foule qui assiste à la scène ne peut que donner raison aux scribes. C’est pourquoi quand Jésus arrive sur les lieux et demande : « De quoi discutez-vous? » Ce ne sont ni les disciples, ni les scribes qui répondent.

L’homme qui répond à la question et qui, durant tout ce temps, aurait dû, avec son fils malade, être le centre de l’attention des disciples, provoque une autre dynamique. Il oublie les disciples et les scribes qui, dans leur vaine querelle, ne s’étaient pas préoccupés de sa souffrance. « Maître, je t’ai amené mon fils… » En fait, il ne disqualifie pas les acteurs précédents : ils se sont disqualifiés eux-mêmes. Et Jésus remet à l’endroit ce qui était à l’envers. Il parle avec le père de l’enfant, sans se soucier de la présence des scribes. Il établit le diagnostic et raffermit la foi de ce pauvre parent éprouvé : « Tout est possible à celui qui croit ». Et le parent joint au plaidoyer pour son enfant une profession de foi : « Je crois! Viens au secours de mon manque de foi! »

Alors seulement, le miracle put avoir lieu. Avec une autorité parfaitement irrésistible, Jésus contraint l’esprit mauvais à libérer l’enfant : « Esprit sourd et muet, je te l’ordonne, sors de cet enfant et n’y rentre plus.» Après cet exploit, Jésus aurait pu se flatter la bedaine et ridiculiser les scribes en leur disant : « Voilà : j’y suis parvenu! » Mais il ne perd pas son temps en fanfaronnades. Il rentre à la maison avec ses disciples. Et quand ces derniers lui demandent pourquoi ils n’ont pas pu chasser cet esprit, il évite de tourner le fer dans la plaie. La réponse évidente aurait dû être : « Vous n’aviez pas l’intention droite! » Mais Jésus se contente de leur dire : « Ce genre d’esprit, rien ne peut le sortir que la prière. »

Melchior M’Bonimpa