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(Français) 2022/05/21 – Jn 15, 18-21

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Jésus annonce cette vérité centrale à ses disciples, que leur existence sera semblable à la sienne (vv.18-21). Inséré dans la personne du Fils de Dieu par sa foi, tout disciple partage sa vie et sa destinée.

Auparavant la pensée de Jésus visait les relations entre ses disciples (15,1-17). Maintenant son regard s’étend à l’extérieur de la communauté chrétienne, vers le monde. À l’amour qui doit régner à l’intérieur s’oppose la haine du monde, qui ne peut accepter que ce qui lui ressemble. Par son existence empreinte d’amour, la Communauté chrétienne devient un jugement vivant pour le monde qui cultive la haine.

Parce qu’ils sont unis d’une manière vitale à leur Seigneur, les chrétiens partage­ront la souffrance et la persécution du Christ, que la haine du monde suscite contre lui. Cette haine du monde, qui s’oppose à l’amour de la communauté chrétienne, fait partie du conflit général entre les ténèbres et la lumière, qui sévit à tra­vers toute l’histoire du salut.

Par le choix de ses disciples en vertu d’un amour prévenant, Jésus les a arrachés de ce monde des ténèbres (v.19). La haine du monde à leur égard montre qu’ils appartiennent au Christ. Aussi, comme leur Maître, ils rece­vront une double réponse dans leur mission: l’accueil de foi ou le refus allant jusqu’à la haine. Leurs persécuteurs poursuivront au fond le Christ, en qui ils ne peuvent voir le Père qui l’a envoyé et qui est présent en lui (v.21).

Jean-Louis D’Aragon SJ 

(Français) 2022/05/20 – Jn 15, 12-17

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Tous les commandements se résument dans celui de l’amour mutuel entre les disciples de Jésus (v.12). Le commandement qui permet de demeu­rer d’une manière permanente dans la communion avec le Christ,  c’est précisément celui de l’amour. L’amour est le lien vital à l’intérieur de l’union entre le Père, le Fils et les disciples. Il faut permettre au Christ d’aimer en nous et par nous, lui, le bon Pasteur, qui donne sa vie pour ses brebis (10,11; 1 Jn 3,16).

Accepter par amour ce que Jésus commande ne rend pas esclave, mais, au contraire, fait participer à la liberté souveraine de Dieu. Celui qui est en­tièrement disponible, obéissant, connaît la vérité qui vient de Dieu par l’in­termédiaire de Jésus et cette vérité le libère de l’esclavage de la dégradation, de la corruption et de la mort. Obéir consiste à participer à la à la vie de Dieu, à devenir membre de sa famille.

C’est à la suite d’un don gratuit, d’un choix bienveillant, que le chré­tien devient l’ami de Jésus (v.16). Ce choix vise l’épanouissement, la vie en plénitude du chré­tien, qui produit des fruits parce qu’il est uni au Christ et qu’il aime ses frères et ses sœurs. Cette vie dans le Christ est, de sa nature, conquérante; elle doit s’étendre et animer la mission des disciples.

« Aime et fais ce que tu veux. » (Saint Augustin)

La conclusion du passage est un rappel de l’unique commandement, l’amour mutuel (v.17), qui forme une transition avec ce qui suit. L’amour qui règne à l’intérieur de la communauté chrétienne s’oppose à la haine qui sévit à l’extérieur, dans le monde et qui ne sait que détruire pour tendre vers la mort.

Jean Gobeil SJ 

(Français) 2022/05/19 – Jn 15, 9-11

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Il y a parfois des passages de l’évangile qui produisent sur moi un effet inattendu. Dans celui qu’on nous propose aujourd’hui, Jean ne raconte pas de petites histoires colorées à l’instar des autres évangélistes : pas de décor, pas d’acteurs qui jouent des rôles, pas de mise en scène. On peine à trouver un point d’appui pour une « actualisation » qui ne verse pas dans des arguties exégétiques. Jésus déroule un discours qui, à la longue, paraît répétitif et incantatoire. Et pourtant, ce discours va curieusement nous chercher, probablement grâce à son aspect mystérieux ou hors de l’ordinaire. Il a tellement servi de matière première à la liturgie que tout chrétien plus ou moins « pratiquant » le connaît par cœur.

En essayant de me concentrer pour parvenir à dire quelque chose de sensé sur ce passage, je me suis retrouvé plongé dans mon enfance, fredonnant dans ma langue maternelle, un très beau chant liturgique appris à l’école primaire, et dont le premier couplet reprend un verset de cet évangile : « Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ignore ce que fait son maître; maintenant je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai appris de mon Père, je vous l’ai fait connaître. » Je suis issu d’une « caste » de serviteurs, et c’est sans doute pourquoi je me souviens de la ferveur avec laquelle cette mélodie était chantée par les assemblées célébrantes qui ont marqué ma jeunesse. Cette mélodie, je l’entendais aussi en des circonstances qui n’avaient rien à voir avec le culte du dimanche : les femmes la chantaient en travaillant aux champs, toutes seules, sans chorale ni maître de chant; les enfants l’entonnaient pour se distraire pendant qu’ils gardaient les vaches. Dans ce contexte précis, la phrase « Je ne vous appelle plus serviteurs » recelait, pour le peuple qui sue, la promesse d’une libération attendue depuis des siècles.

Je me suis laissé prendre au jeu de la mémoire musicale en fouillant dans mes souvenirs afin d’y retrouver, dans toutes les langues que je connais, les mélodies reprenant le « mantra » chrétien par excellence qui revient en divers versets de ce passage: « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis… Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres. » J’ai été surpris de dénombrer au moins six mélodies, inventées par des croyants de diverses tribus de la terre auxquelles je pense avec gratitude parce que j’ai trouvé refuge chez elles, temporairement ou durablement; et parce qu’elles m’ont invité à leurs fêtes de la foi.

Il y a, dans l’évangile de Jean, quelque chose d’obsédant : un rythme, une insistance et une répétition de certains thèmes clé, un peu comme des vagues qui reviennent échouer sur une plage, inlassablement. Ce qui peut paraître abscons dans le discours du quatrième évangile nous rejoint par une porte secrète : il se laisse capter par les antennes du sentiment, habituellement inhibées, atrophiées, mais jamais annihilées par la dictature de la raison.

« Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous partiez, que vous donniez du fruit, et que votre fruit demeure. » Ailleurs, il dit : « Si le grain ne meurt, il reste seul, mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. » De nouveau, je me retrouve dans ces métaphores grâce à mes origines : je suis né au sein d’un peuple de jardiniers qui courtisent la terre à chaque saison pour en tirer leur subsistance. Jésus parle leur langage en puisant ses images dans un univers qu’ils connaissent : « porter du fruit » comme l’amandier, le bananier, l’avocatier, le mandarinier, le cocotier… Le fruit que les disciples devaient porter, c’est la mission de planter l’Église en partageant avec tous les peuples de la terre leur expérience du Dieu de Jésus-Christ, le verbe fait chair, mis à mort et ressuscité.

Melchior Mbonimpa

(Français) 2022/05/18 – Jn 15, 1-8

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Jésus déclare qu’il est la vraie vigne et que le Père est le vigneron qui cultive la vigne pour qu’elle porte du fruit. Il enlève les sarments improductifs et nettoie ceux qui produisent. Les disciples sont des sarments qui ont déjà été purifiés du fait qu’ils demeurent en Jésus et que Jésus demeure en eux. Demeurer en Jésus est nécessaire pour produire du fruit et demeurer en Jésus suppose que ses paroles demeurent dans les disciples. Alors ils peuvent demander ce qu’ils voudront et ils l’obtiendront. En produisant du fruit, ils font la gloire du Père et ils sont les disciples de Jésus.

La vigne est souvent une image du peuple d’Israël. Une vigne requiert beaucoup d’ouvrage, de soin et de protection. Elle est donc une bonne image pour parler du rôle de Dieu dans l’origine, la libération et la protection du peuple d’Israël.

Il était une vigne: tu l’arraches d’Egypte, tu chasses des nations pour la planter; devant elle tu fais place nette, elle prend racine et remplit le pays.

(Psaume 80,9-10)

Mais elle a aussi servi d’image de l’infidélité et de l’ingratitude d’Israël. Après tout l’ouvrage et les soins qu’une vigne a demandés elle n’a pas produit les fruits attendus. Isaïe, entre autres, dira qu’Israël est comme cette vigne.

Mon bien-aimé avait une vigne.

Il la bêcha, il l’épierra, il y planta du raisin vermeil.

Au milieu il bâtit une tour, il y creusa même un pressoir.

Il attendait de beaux raisins: elle donna des raisins sauvages. …

La vigne de Yahvé Sabaoth, c’est la maison d’Israël. …

Il attendait le droit et voici l’iniquité, la justice et voici les cris.

(Isaïe 5,1-2.7)

Quand Jésus dit: Je suis la vigne, la vraie…, cela signifie que c’est lui qui donne à Dieu la réponse attendue, les fruits. Il est le véritable Israël. Il est celui qui donne la vie au peuple nouveau, aux sarments qui donnent des fruits. Les sarments ne peuvent donner des fruits à moins de demeurer unis à la vigne qui donne la vie:

En dehors de moi, vous ne pouvez rien faire.    (Jean 15,5)

Le Père est le vigneron. Il purifie la vigne. Il enlève ce qui ne porte pas de fruit. Mais les disciples n’ont pas à craindre leur dit Jésus.

Vous voici nets et purifiés par cette parole: Demeurez en moi comme moi en vous (15,3-4).

Plus loin, il leur dit:

Mes paroles demeurent en vous (15,7).

C’est une présence mystérieuse mais bien réelle. On se rappelle que Jésus est la Parole, le Verbe incarné. C’est par la Parole que Dieu a créé l’univers. Et Jésus dit que ses paroles demeurent dans ses disciples, que sa présence les purifie pour qu’ils soient reliés à la vigne et portent du fruit. Mais pour cela, il leur recommande de demeurer en lui. Les disciples doivent eux-mêmes rester présents à cette mystérieuse présence en eux: ils doivent rester à l’écoute. Alors ils pourront demander tout ce qu’ils voudront et vous l’obtiendrez (Jean 15,7).

Jean Gobeil SJ

(Français) 2022/05/17 – Jn 14, 27-31

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C’est la fin du premier discours d’adieu. Au moment de quitter le cénacle (14,31b: Levez-vous. Partons d’ici.), Jésus laisse la paix à ses disciples en précisant que c’est lui qui la leur donne. Il promet de revenir mais invite les disciples à se réjouir puisqu’il retourne au Père qui est plus grand que lui. L’heure du prince de ce monde (le pouvoir du mal) approche. Il les invite à croire, c’est-à-dire à voir dans la Passion non pas la victoire du mal mais bien l’amour du Fils pour le Père.

Jésus laisse la paix. Il donne sa paix. Ce n’est pas celle du monde, ajoute Jésus.  Paix, Shalom, a servi et sert encore de salutation. Elle sert aussi d’adieu. Comme salutation, elle comporte un souhait comme dans la version arabe, salamalec, Paix à toi. Elle peut représenter une absence de guerre et une sécurité matérielle mais elle a plus d’importance que cela. Elle un aspect positif; l’idée de quelque chose de complet. Elle représente l’existence de quelqu’un qui est en harmonie avec la nature, avec lui-même et avec Dieu. Il n’est donc pas surprenant qu’elle soit une caractéristique de l’Alliance: comme elle, la paix est un don de Dieu.

La paix est quelque chose qui accompagne le Règne de Dieu, ce que Isaïe voyait comme le but de l’histoire du salut quand il disait:

Qu’ils sont beaux, sur les montagnes, les pieds du messager qui annonce la paixdu messager de bonnes nouvelles qui annonce le salut, qui dit à Sion: “Ton Dieu règne.”    (Isaïe 52,7)

La paix est l’état de salut qu’apporte le Règne de Dieu.

C’est un don qui sera réalisé complètement quand le Règne de Dieu sera manifesté à la afin des temps.  Mais avec la présence du Christ, cette paix commence à se manifester:  les anges annoncent la paix.

Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre paix aux hommes objets de sa complaisance.  (Luc 2,14)

Jésus est la source et la réalité de la paix:

Je vous laisse la paix; c’est ma paix que je vous donne.    (Jean 14,27)

Que la paix du Christ règne dans vos coeurs: tel est bien le terme de l’appel qui vous a rassemblés dans un même Corps.    (Colossiens 3,15)

Je pars vers le Père car le Père est plus grand que moi.

L’interprétation commune est que le Père, en tant que l’envoyeur, est plus grand que l’envoyé qui, lui, a dû laisser sa gloire pour prendre la nature humaine.

Jésus déclare son amour pour le Père. C’est ce qui justifie son acceptation de la Passion en toute liberté et non à cause d’un pouvoir supérieur du prince de ce monde. Jésus avait déjà déclaré que personne ne pouvait lui enlever sa liberté:

Le Père m’aime parce que je donne ma vie pour la reprendre. Personne ne me l’enlève mais je la donne de moi-même.    (Jean 10,17-18)

La Passion est donc le retour au Père, le retour à la gloire qu’il avait laissée pour prendre la nature humaine.

Jésus déclare que les disciples devraient se réjouir de ce qu’il retourne à l’amour du Père.

Jean Gobeil SJ      

(Français) 2022/05/16 – Jn 14, 21-26

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Le texte continue le premier discours d’adieu de Jésus à ses disciples (Jean 13,31-14,31) pendant la dernière cène. Jésus vient de dire:  Si vous m’aimez vous resterez fidèles à mes commandements.

Il répète: Celui qui a reçu mes commandements et y reste fidèle, c’est celui-là qui m’aime  et il est aimé du Père.

La fidélité amènera la présence du Père et du Fils auprès du disciple.

La fidélité aux paroles du Christ est une fidélité aux paroles du Père.

L’Esprit sera envoyé par le Père pour enseigner tout aux disciples et rappeler les paroles de Jésus.

Jésus a commencé le discours d’adieu en annonçant son départ mais il laisse à ses disciples un commandement qui est comme son testament:   Je vous donne un commandement nouveau. Vous aimer les uns les autres comme je vous ai aimés.   (13,34)   À ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples: si vous avez de l’amour les uns pour les autres.

Ensuite, Jésus annonce le reniement de Pierre.  (13,38)

Au ch. 14,  Jésus commence par rassurer ses disciples qui ont besoin d’encouragement:  Que votre coeur ne se trouble pas; vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi.   (14,1)

Là où il va, c’est pour leur préparer une place. Les disciples sont déjà en chemin pour cette place.

Jésus déclare:   Je suis le Chemin, la Vérité, la Vie.      (14,6)

Il explique comment il est le Chemin :  Quand vous m’aurez connu vous connaîtrez aussi mon Père.    (Jean 14,7)

Philippe demande:  Seigneur, montre-nous le Père.

C’est le Christ qui est la réponse à cette demande:

Celui qui m’a vu a vu le Père…Je suis dans le Père et le Père est en moi.    (14,9,11)

Il y a ensuite la promesse que les disciples continueront les oeuvres du Christ et feront même des oeuvres plus grandes, ce qui annonce la venue de l’Esprit Saint.   (14,12)

Juste avant notre section aujourd’hui, commence le thème de la fidélité. Aimer s’exprime par la fidélité aux commandements de Jésus ce qui comprend une fidélité à l’écoute de ses paroles.

Avec la première mention de cette fidélité, vient la promesse que le Père enverra le Paraclet, le “protecteur”,  l’Esprit de Vérité, qui demeure près des disciples.  (Jean 14,17)

Ensuite, Jésus lui-même promet qu’il viendra habiter avec les siens:   Je ne vous laisserai pas orphelins. Je viendrai vers vous.    (Jean 14,18)

Et finalement c’est le Père qui viendra avec Jésus:  Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera et nous viendrons vers lui et nous nous ferons une demeure chez lui.    (Jean 14,23)

Cette parole de Jésus c’est elle qui frappe à notre porte dans cette citation de l’Apocalypse: Voici je me tiens à la porte et je frappe; si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi.     (Apo.3,20)

Le texte se termine en disant que c’est à cette parole qu’il faut être fidèle parce que la parole du Christ, c’est la parole du Père. A cause de l’importance de cette parole, un aide est promis: l’Esprit Saint qui enseignera tout et qui rappellera ce que le Christ a dit. C’est une consolation pour un disciple de savoir qu’il n’est jamais seul quand il se met à l’écoute de la Parole.

Jean Gobeil SJ

(Français) 2021/05/08 – Jn 15, 18-21

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La haine du monde

Jésus annonce cette vérité centrale à ses disciples: leur mission prolongera celle de Jésus et leur existence sera semblable à la sienne, avec les mêmes traits. Inséré dans la personne du Fils de Dieu par sa foi, tout disciple partage la vie et la destinée de son Seigneur.

Auparavant la pensée de Jésus visait les relations entre ses disciples (15,1-17). Maintenant son regard s’étend à l’extérieur de la communauté chrétienne, vers le monde. À l’amour qui doit régner à l’intérieur s’oppose la haine du monde, qui ne peut accepter que ce qui lui ressemble. Par son existence empreinte d’amour, la Communauté chrétienne devient un jugement vivant pour le monde qui cultive la haine.

Parce qu’ils sont unis d’une manière vitale à leur Seigneur, les chrétiens partageront la souffrance et la persécution du Christ, que la haine du monde suscite contre lui. Cette haine du monde, qui s’oppose à l’amour de la communauté chrétienne, fait partie du conflit général entre les ténèbres et la lumière, qui sévit à travers toute l’histoire du salut.

Unis au Christ dans une même mission

Par le choix de ses disciples en vertu d’un amour prévenant, Jésus les a arrachés de ce monde des ténèbres (v.19). La haine du monde à leur égard montre qu’ils appartiennent au Christ. Aussi, comme leur Maître, ils recevront une double réponse dans leur mission: l’accueil de foi ou le refus allant jusqu’à la haine. Leurs persécuteurs poursuivront au fond le Christ, en qui ils ne peuvent voir le Père qui l’a envoyé et qui est présent en lui (v.21).

Jean-Louis D’Aragon SJ

(Français) 2021/05/07 – Jn 15, 12-17

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Tous les commandements se résument en un seul, celui de l’amour mutuel entre les disciples, unis dans la communion avec le Christ, le médiateur entre ses disciples et son Père. (v.12). Le commandement qui permet de demeurer unis ensemble dans la communion avec le Christ est précisément celui de l’amour. L’amour est le lien vital à l’intérieur de l’union entre le Père, le Fils et les disciples. Il faut permettre au Christ d’aimer en nous et par nous, lui, le bon Pasteur, qui donne sa vie pour ses brebis (10,11; 1 Jn 3,16).

Accepter par amour ce que Jésus commande ne rend pas esclave, mais, au contraire, fait participer à la liberté souveraine de Dieu. Celui qui est entièrement disponible, obéissant, connaît la vérité qui vient de Dieu par l’intermédiaire de Jésus et cette vérité le libère de l’esclavage du péché et de la mort.

C’est à la suite d’un don gratuit, d’un choix bienveillant, que le chrétien devient l’ami de Jésus (v.16). Dans sa prévenance, il fait toujours les premiers pas, il frappe même à notre porte, il appelle et attend patiemment notre réponse (Apoc 3.20). Ce choix découle de son amour et vise l’épanouissement du chrétien, qui produit des fruits parce qu’il est uni au Christ. Cette vie dans le Christ est, de sa nature, conquérante; elle doit s’étendre à toute la mission des disciples.

Jésus conclut avec un rappel de l’unique commandement, l’amour mutuel (v.17), qui forme une transition avec ce qui suit. L’amour qui règne à l’intérieur de la communauté chrétienne contredit la haine qui sévit à l’extérieur, dans le monde.

Jean-Louis D’Aragon SJ 

(Français) 2021/05/06 – Jn 15, 9-11

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“Demeurez dans mon amour”

Après l’allégorie de la vigne, exprimant l’union entre le Christ et les membres de son corps, Jésus traite maintenant des rapports d’amour à l’intérieur de la communauté chrétienne. L’amour forme le cœur de la relation entre le Père et le Fils. C’est le même amour, provenant du Père par le Fils, qui a suscité l’existence de l’Église. Cet amour prend son origine dans le Père, qui le communique, par la médiation du Christ, à tous ceux et celles qui croient dans son Envoyé.

Amour et obéissance

L’authenticité de cet amour se manifeste dans la disponibilité d’accueillir l’Autre, en s’ouvrant totalement à Lui et se donnant dans la pratique de l’obéissance, qui suppose la confiance totale envers celui qu’on aime. Celui qui obéit renonce à sa volonté propre, à ses désirs et à ses inclinations, pour se conformer au désir de l’Autre, à son “commandement”, pour épouser la volonté de celui en qui on met sa confiance.

Il y a toujours une humiliation apparente dans l’obéissance, parce qu’on accepte que sa liberté soit brimée, semble-t-il, par celle d’un autre. C’est une sorte d’invasion dans ce qu’on a de plus intime, la conscience et la responsabilité de sa personne. L’obéissance, comme le renoncement et l’abnégation, désigne quelque chose de négatif, en quelque sorte inhumain, s’il n’est pas animé par l’amour, le don libre de soi. La véritable obéissance ne peut être que l’expression de la confiance et de l’amour.

Communion de joie

Dans sa relation à son Père, Jésus est le modèle de l’union que les chrétiens doivent avoir avec lui, l’Envoyé de Dieu. Bien plus, c’est dans l’amour obéissant de Jésus au Père que les disciples puisent la force exaltante de vivre cet idéal. De cette union du Fils au Père par l’amour qui s’exprime dans son obéissance, découle la joie de Jésus, l’épanouissement de tout son être dans cette communion intime avec Celui qu’il aime. En prolongeant cet amour de service, les chrétiens feront l’expérience de la même joie. Seul l’amour de Dieu, présent dans son Fils Jésus, procure la vraie joie.

Jean-Louis D’Aragon SJ 

(Français) 2021/05/05 – Jn 15-1-8

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Jésus déclare qu’il est la vraie vigne et que le Père est le vigneron qui cultive la vigne pour qu’elle porte du fruit. Il enlève les sarments improductifs et nettoie ceux qui produisent. Les disciples sont des sarments qui ont déjà été purifiés du fait qu’ils demeurent en Jésus et que Jésus demeure en eux. Demeurer en Jésus est nécessaire pour produire du fruit et demeurer en Jésus suppose que ses paroles demeurent dans les disciples. Alors ils peuvent demander ce qu’ils voudront et ils l’obtiendront. En produisant du fruit, ils font la gloire du Père et ils sont les disciples de Jésus.

La vigne est souvent une image du peuple d’Israël. Une vigne requiert beaucoup d’ouvrage, de soin et de protection. Elle est donc une bonne image pour parler du rôle de Dieu dans l’origine, la libération et la protection du peuple d’Israël.
Il était une vigne: tu l’arraches d’Égypte, tu chasses des nations pour la planter; devant elle tu fais place nette, elle prend racine et remplit le pays. (Psaume 80,9-10)

Mais elle a aussi servi d’image de l’infidélité et de l’ingratitude d’Israël. Après tout l’ouvrage et les soins qu’une vigne a demandés elle n’a pas produit les fruits attendus. Isaïe, entre autres, dira qu’Israël est comme cette vigne.
Mon bien-aimé avait une vigne.

Il la bêcha, il l’épierra, il y planta du raisin vermeil.
Au milieu il bâtit une tour, il y creusa même un pressoir.
Il attendait de beaux raisins: elle donna des raisins sauvages. …
La vigne de Yahvé Sabaoth, c’est la maison d’Israël. …
Il attendait le droit et voici l’iniquité, la justice et voici les cris.
(Isaïe 5,1-2.7)

Quand Jésus dit: Je suis la vigne, la vraie…, cela signifie que c’est lui qui donne à Dieu la réponse attendue, les fruits. Il est le véritable Israël. Il est celui qui donne la vie au peuple nouveau, aux sarments qui donnent des fruits. Les sarments ne peuvent donner des fruits à moins de demeurer unis à la vigne qui donne la vie : En dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. (Jean 15,5)

Le Père est le vigneron. Il purifie la vigne. Il enlève ce qui ne porte pas de fruit. Mais les disciples n’ont pas à craindre, leur dit Jésus.
Vous voici nets et purifiés par cette parole: Demeurez en moi comme moi en vous (15,3-4).

Plus loin, il leur dit : Mes paroles demeurent en vous (15,7). C’est une présence mystérieuse mais bien réelle. On se rappelle que Jésus est la Parole, le Verbe incarné. C’est par la Parole que Dieu a créé l’univers. Et Jésus dit que ses paroles demeurent dans ses disciples, que sa présence les purifie pour qu’ils soient reliés à la vigne et portent du fruit. Mais pour cela, il leur recommande de demeurer en lui. Les disciples doivent eux-mêmes rester présents à cette mystérieuse présence en eux: ils doivent rester à l’écoute. Alors ils pourront demander tout ce qu’ils voudront et vous l’obtiendrez (Jean 15,7).

Jean Gobeil SJ