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2021/01/19 – Mc 2, 23-28

n marchant, un jour de sabbat, les disciples arrachent des épis et les mangent. Des Pharisiens protestent auprès de Jésus: Ce qu’ils font n’est pas permis! Jésus leur répond d’abord en donnant un exemple tiré de la vie de David. Dans le besoin, David prit pour lui-même et pour ses hommes des pains réservés aux prêtres du sanctuaire de Nob. La conduite de David illustre le principe que Jésus énonce ensuite: Le sabbat a été fait pour l’homme et non pas l’homme pour le sabbat; ce qui équivaut à dire que la loi est faite pour l’homme et non l’inverse. Ceci lui permet de faire comme une deuxième conclusion: Le Fils de l’homme est maître, même du sabbat.

Ce récit de Marc fait partie d’un ensemble de trois controverses suscitées par les Pharisiens. Ce sont en fait des attaques pour essayer de prendre Jésus en défaut. On le voit ici. La Loi interdisait de travailler aux récoltes le jour du sabbat. Mais accuser les disciples de faire des récoltes parce qu’ils cueillent des épis ressemble bien à un prétexte qui n’a pas besoin de fondement sérieux. On peut donc voir dans ces controverses telles que présentées par Marc de nouveaux exemples des manifestations de l’esprit du mal. Il y a une confrontation mais la réponse de Jésus est décisive: il n’y a pas de repartie et la confrontation est finie.

C’est ce qui s’est passé depuis le début du ministère de Jésus. Jean-Baptiste avait annoncé un plus puissant que lui. C’est cette puissance que l’évangile illustre. Ayant reçu l’Esprit lors de son baptême, Jésus commence par affronter un esprit du mal qui est dans un possédé. D’une parole qui est brève, faite avec autorité et décisive, Jésus termine la confrontation: Tais-toi et sors de cet homme.

Viennent ensuite ceux qui sont limités par des maladies. Jésus voit là des manifestations du mal qui emprisonne la personne. Devant le lépreux qui s’approche de Jésus, quelques manuscrits, au lieu de dire que Jésus fut ému, disent qu’il se fâcha. Ce n’est pas une colère contre le lépreux mais bien contre ce mal qui transforme cet homme en un rejet de la société

C’est la même force qui agit dans les controverses où on essaie de fausser la conduite et la mission de Jésus. En répondant dans notre texte par une citation à propos de David, Jésus suggère qu’il est au moins égal au plus grand roi d’Israël: si David l’a fait, Jésus peut faire quelque chose d’équivalent. Mais il va plus loin: l’exemple de David était pour justifier une exception à la loi, mais lui parle de toute loi pour n’importe qui, en disant que la loi est faite pour l’homme et non l’homme pour la loi.

La dernière phrase est décisive pour affirmer l’autorité de Jésus: « Le Fils de l’homme est maître du sabbat ». En disant cela à propos d’une institution qui touche Dieu de très près, il se met lui-même à un niveau très proche de Dieu. Il fera la même chose plus tard en se disant plus grand que le temple, une autre institution très proche de Dieu.

Devant de telles affirmations, la controverse ne peut continuer: il n’y a plus de repartie possible. L’admiration devant ce que Jésus fait et l’étonnement devant l’autorité de ce qu’il dit font que les gens se posent des questions sur le mystère de sa personne: Qui est cet homme? Qu’est cela? Un enseignement nouveau, donné d’autorité! Même aux esprits impurs, il commande et ils lui obéissent! (Marc 1,27)

C’est une question qui va continuer de se poser et, pour Marc, elle s’adresse aussi aux lecteurs.

Jean Gobeil SJ 

 

2021/01/18 – Mc 2, 18-22

L’évangile d’aujourd’hui porte sur le jeûne. On reproche aux disciples de Jésus, et indirectement, à Jésus lui-même, de négliger cet exercice spirituel contrairement aux disciples de Jean et à ceux des pharisiens. Jésus répond de façon curieuse : « Les invités à la noce ne peuvent pas jeûner pendant que l’époux est avec eux. »

Par l’image des invités à la noce, Jésus affirme que l’essentiel est ceci : aucun acte n’est bon ou mauvais en soi. Tout dépend des circonstances qui l’entourent et des intentions qui le motivent.

Jésus ne condamne pas le jeûne. Il ne dit pas que les disciples de Jean et des pharisiens sont dans l’erreur. Il ne dévalue pas leur effort en leur prêtant des intentions qui ne seraient pas pures; par exemple, se donner en spectacle en s’emparant ostensiblement du rôle de modèle de la vertu. Jésus défend simplement les siens en relevant que le jeûne n’a pas à être absolutisé car il y a un temps pour tout : un temps pour jeûner et un temps pour fêter. Pour les disciples de Jésus, c’est le temps de la fête en attendant le temps de l’épreuve : « des jours viendront où l’époux leur sera enlevé; alors, ils jeûneront… »

La contre-attaque de Jésus ne s’arrête pas là. Il situe ses disciples à l’avant-garde en les comparant à « une pièce d’étoffe neuve » ou à des « outres neuves ». Ils sont vecteurs de l’évangile qui ressemble à un saut qualitatif si on le compare au vieux judaïsme que pratiquent les disciples des pharisiens, et dans une certaine mesure, les disciples de Jean-Baptiste. Jésus en profite donc pour définir la radicale nouveauté de sa mission : il n’est pas venu raccommoder de vieux vêtements ou verser du vin nouveau dans de vieilles outres. Comme dans l’histoire de Marthe et Marie, Jésus sous-entend que malgré les apparences ses disciples ont choisi « la meilleure part ».

« À vin nouveau, outres neuves! » C’est le message qui nous est adressé aujourd’hui. Car il se pourrait très bien que de nos jours, nous occupions la place des pharisiens qui préfèrent la vertu éprouvée au risque d’étouffer l’émergence du nouveau. Aujourd’hui, c’est nous qui risquons de rater le déménagement de Dieu qui déserte nos églises pour investir des lieux que nous ne fréquentons pas : les rues et les parcs où survivent les sans abris de nos villes ultra-modernes, les bidonvilles du troisième monde, les champs de batailles où nos enfants versent leur sang pour des causes plus que douteuses…

Melchior M’Bonimpa