2021/01/23 – Mc 3, 20-21

Cette scène et celle qui, par la suite, la complète (3, 31-35) nous surprennent et même nous déconcertent. Non seulement les membres de sa famille ne croient pas en Jésus, leur frère, mais ils jugent qu’il a perdu la raison, qu’il est fou! Comment comprendre cette intervention de leur part?

Le Christ Jésus est donc un scandale pour ses compatriotes juifs et même pour ses proches (1 Cor 1, 18s). Tout prophète doit affronter l’incompréhension des gens à qui il adresse son message, un message qui ne vient pas de lui, mais de Dieu qui nous dérange toujours. Jésus vient de Dieu, sa personne, son enseignement et sa manière d’agir incarnent le mystère de Dieu. Comment pourrait-on s’étonner qu’on ne le comprenne pas et que les siens en viennent à juger qu’il a perdu la raison? Le père de François d’Assise n’a-t-il pas dénoncé son fils à l’évêque de l’endroit, pour ensuite le renier? Avec une terrible franchise, Jésus préviendra les disciples qui le suivront: « On aura pour ennemis les membres de sa propre famille » (Mt 10, 36).

Deux univers s’opposent. L’un se prétend réaliste, proche des réalités terrestres, où il n’y rien d’absolu, où il faut être disposé aux compromis. L’autre apparaît utopiste, relevant du rêve, hors de la réalité dans laquelle on vit. Pour bien comprendre cette opposition, il est éclairant d’esquisser quelques traits contradictoires entre ces deux univers, ceux qui s’affrontent dans la scène que nous rapporte l’Évangile d’aujourd’hui.

L’univers des parents de Jésus

Pour quels motifs jugent-ils que Jésus a perdu la tête et qu’ils doivent le ramener à la maison? Il a quitté Nazareth où il exerçait le métier de charpentier qui assurait un revenu convenable pour vivre. Au lieu de cette sécurité, il a quitté subitement son foyer pour devenir un prédicateur itinérant. Aucune personne sensée quitterait un négoce bien rémunéré pour aller sur les routes, vivant au hasard des circonstances et n’ayant même pas un endroit fixe pour se reposer (Mt 8, 20).

En plus de cette vie itinérante sans sécurité, Jésus provoquait les autorités en place par son enseignement et sa manière d’agir. Jean Baptiste avait déjà été emprisonné, en attendant d’être exécuté, pour avoir dénoncé l’adultère du roi Hérode. Le même sort attendait probablement Jésus. De plus, il critiquait les Pharisiens et les docteurs de la Loi, que le peuple écoutait et admirait. La famille de Jésus pouvait prévoir un affrontement tragique avec les autorités de l’époque, politiques et religieuses, qui le submergeraient.

Jésus avait recruté autour de lui un petit groupe misérable, quelques pêcheurs du Lac de Galilée, un publicain converti et un nationaliste fanatique, tous des galiléens méprisés par l’élite de Jérusalem. Aucun homme sensé n’aurait choisi de tels amis pour favoriser sa carrière. Que pouvait-il espérer d’eux?

Les exigences de sa mission

À l’encontre des siens et de toute préoccupation humaine, Jésus dédaignait la sécurité que le monde recherche. Une règle unique le dirigeait, la volonté de Celui qui l’avait envoyé et la mission qu’il lui avait confiée. Rien ne pouvait s’opposer à la vérité de Dieu. Aussi Jésus était indifférent à l’opinion des gens autour de lui, même des dirigeants politiques ou religieux.

Pour devenir son disciple, il fallait le suivre dans cette intransigeance de la vérité. Le monde dira que le chrétien, le témoin du Christ, est un fanatique, n’acceptant aucune compromission. C’est la vérité qui est intransigeante, elle exige le renoncement à toutes les faussetés. Celui qui a découvert l’Absolu écarte tout ce qui est relatif. Jésus reflétait cet Absolu, au-delà de nos limites humaines, de nos hésitations et de nos doutes. Aussi les contemporains de Jésus et les foules à travers les siècles ont été fascinées par la vérité qu’il proclamait.

Jean-Louis D’Aragon SJ

2021/01/22 – Mc 3, 13-19 – St Vincent

Jésus monte sur une montagne. Il appelle ceux qu’il a choisis et il institue les douze pour l’accompagner et pour aller prêcher et avoir le pouvoir de chasser les esprits mauvais. Suit la liste des douze noms.

Lorsqu’on s’éloigne des rives du lac de Génésareth, on monte nécessairement puisqu’il est situé à 230 mètres sous le niveau de la mer. Mais on doit parler de collines plutôt que de montagne. On veut donc nous faire voir dans la position de Jésus pour le geste qu’il va poser une image de Moïse sur le mont Sinaï alors qu’il est l’intermédiaire entre Dieu et le peuple d’Israël, les douze tribus de Jacob.

Marc répète qu’il fait les douze. Il fait quelque chose de spécial puisque ceux qu’il choisit sont déjà des disciples. Les apôtres comprennent qu’il a fait alors une sorte d’institution puisqu’après l’Ascension, alors que Judas est disparu, ils doivent compléter le groupe des douze. Donc, derrière cette institution, on peut voir que Jésus avait une intention spéciale. Comme le groupe des douze tribus représentaient le peuple d’Israël, le peuple de l’Alliance, les Douze de Jésus représentent le peuple de la Nouvelle Alliance. Ils sont le fondement de ce peuple nouveau comme le dit l’épître aux Éphésiens (2,20). L’Apocalypse dira que les 12 assises de la nouvelle Jérusalem portent le nom des apôtres (21,14).

Marc dit que la mission des Douze est d’être les compagnons de Jésus et d’être envoyés prêcher avec le pouvoir de chasser les esprits mauvais. Ils ont donc un double rôle. D’abord ils seront présents pour voir les actions du Christ et entendre ses paroles: ils deviendront ainsi des témoins du Christ. Mais en plus d’être des témoins, ils seront appelés à prendre part à l’œuvre du Christ: ils seront envoyés annoncer la Bonne Nouvelle et partageront les pouvoirs du Christ pour montrer que le Royaume de Dieu est proche.

Dans les Actes des apôtres (1,15), lorsqu’il s’agit de trouver un remplaçant pour Judas, on donne les conditions requises pour ce poste. Il faut que ce soit quelqu’un qui ait accompagné Jésus depuis le baptême de Jean et qu’il ait été témoin de sa résurrection. Comme c’est Jésus qui avait eu le choix des Douze, les Onze maintenant ne veulent pas prendre sa place; ils procèdent donc par un tirage au sort, ce qui signifie toujours qu’on s’en remet à Dieu pour la décision.

On a compris que cette institution était pour la fondation de l’Église. Avec le temps et la disparition des témoins, on ne remplacera pas les vides: ainsi, lorsque Jacques le Majeur, un des Douze, sera exécuté par le roi Hérode Agrippa, il ne sera pas remplacé. Le témoignage est devenu le rôle de chaque chrétien.

Jean Gobeil SJ 

2021/01/21 – Mc 3, 7-12 – Ste Agnès

Jésus se retire près du lac de Tibériade. Les foules augmentent. Elles viennent de Galilée, de Judée et même d’en dehors de la Palestine comme la Transjordanie, Tyr et Sidon. Jésus demande à ses disciples de garder pour lui une barque d’où il pourra s’adresser à la foule car beaucoup de gens cherchaient à la toucher pour être guéris. Des esprits mauvais criaient: Tu es le Fils de Dieu. Mais Jésus leur défendait de le faire connaître.

Marc fait des arrêts pour situer Jésus. Il vient de décrire cinq controverses avec les Pharisiens. Maintenant, avec un sommaire, il va situer Jésus par rapport à la foule. Sa renommée se répand et les gens viennent de partout. Sa renommée est telle que les gens veulent le toucher pour être guéris. Or ceci présente un danger pour la mission du Christ. On se rappelle qu’après les premières affluences à Capharnaüm, Jésus s’était retiré dans la solitude pour prier. Et lorsque les disciples l’avaient retrouvé et lui avaient dit: Tout le monde te cherche, il avait alors répondu: Partons d’ici; c’est pour prêcher que je suis sorti (1,38). Sa mission est d’annoncer la venue du Royaume de Dieu.

Or, qu’est-ce que ces foules viennent chercher auprès de Jésus? Elles viennent chercher des guérisons. Cette popularité risque de faire considérer Jésus comme un Messie qui apporterait le soulagement de tous les maux, un Messie temporel qui apporterait un royaume d’où le mal serait disparu. L’identification de Jésus par les esprits mauvais des possédés est bien dans cette ligne. Ils le déclarent Fils de Dieu. Ce n’est pas encore la révélation de la nature divine du Verbe de Dieu, qui ne viendra qu’après la résurrection. Mais c’est un titre qui était déjà appliqué à un roi qui était choisi par Dieu pour être son Messie, comme dans le Psaume 2 où il est dit au roi consacré:
Tu es mon fils, moi, aujourd’hui je t’ai engendré.
Jésus fait taire les esprits parce que cette déclaration de la messianité de Jésus encourage une notion du Messie, comme celle de la foule, qui n’est pas celle de Jésus.

Vis-à-vis de la foule, Jésus doit garder un équilibre délicat. Il ne peut pas simplement la renvoyer car il a pitié des gens qui sont prisonniers des maladies et des infirmités qui les affectent. Il doit prendre un peu de distance par rapport à cette recherche de contacts physiques et réussir à faire sa proclamation. C’est ce qu’un bateau proche du rivage lui permet de faire. Il peut ainsi éviter la pression de ces gens qui ne cherchent qu’à le toucher et s’adresser plus librement à la foule pour l’instruire.

Jean Gobeil SJ 

 

2021/01/20 – Mc 3, 1-6 – St Fabien et St Sébastien

Jésus est dans une synagogue, un jour de sabbat. Il y a là un homme avec la main desséchée. Les Pharisiens l’épient pour voir s’il fera la guérison et leur fournira ainsi une occasion de l’accuser de violation de la Loi. Jésus demande au malade de se lever et de se tenir au milieu de l’assemblée. Il pose alors la question: Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien, ou de faire le mal? de sauver une vie, ou de tuer? Les Pharisiens gardent le silence. Cet endurcissement remplit Jésus de colère et de tristesse. De son regard il fait le tour de l’assemblée. D’une parole, Étends la main, il guérit le malade. Une fois sortis de la synagogue, les Pharisiens s’associent aux Hérodiens pour comploter sur la façon de perdre Jésus.

C’est ici la dernière de cinq controverses ou confrontations entre Jésus et les Pharisiens. On peut considérer dans notre texte deux parties qui s’entrecroisent. Il y a d’un côté l’opposition à Jésus et de l’autre, Jésus et sa mission.

La controverse précédente s’est terminée sur la déclaration de Jésus qui affirmait qu’il était le maître, même du sabbat. Contre cette position unique de Jésus, l’opposition va se durcir de façon définitive. Dans la synagogue, le jour du sabbat, les Pharisiens ne sont là que pour l’observer: ils cherchent une action de Jésus qui pourrait servir à l’accuser de violation du sabbat. À cette question de Jésus qui semble avoir une réponse bien évidente, ils ne veulent pas répondre: ils attendent pour voir ce qu’il va faire. Après la guérison, ils peuvent quitter la synagogue: ils ont ce qui, dans leurs interprétations raffinées, peut servir d’accusation. D’après ces interprétations, on ne peut violer le sabbat et aider un malade seulement s’il est en danger de mort. Leur opposition est maintenant définitive: ils veulent faire disparaître Jésus. C’est l’annonce du jugement final par le sanhédrin. Ils se cherchent des alliés et rencontrent des Hérodiens. Hérode Antipas est le gouverneur (tétrarque) de la Galilée. C’est lui qui a fait arrêter Jean Baptiste. Il représente avec ses fonctionnaires et ses partisans le pouvoir politique qui a le pouvoir de la peine capitale. Les Pharisiens sont sortis de la synagogue pour comploter. A la dernière Cène, Judas sortira du cénacle pour entrer dans la nuit (Jean 13,30) et aller dénoncer Jésus.

On peut voir dans la question de Jésus une façon de parler de sa mission, de ce qu’il offre. En mentionnant le sabbat, il se trouve à insister sur le vrai sens de celui-ci. C’était une fête pour rappeler la libération d’Égypte. C’était grâce à cette libération que la vie d’Israël avait commencé. L’interdit du travail était pour rappeler à l’Israélite qu’à cause de cette libération il n’était pas prisonnier de son travail. On fêtait donc la vie qui avait été donnée, la vie qui rendait libre. Quand Jésus pose la question de faire le bien le jour du sabbat, à quel bien pense-t-il? Évidemment au bien de libérer la vie de ce qui l’emprisonne. C’est le sens des guérisons qui sont des signes de ce qu’il est venu faire. Il dira: Moi, je suis venu pour qu’on ait la vie, et qu’on l’ait surabondante. (Jean 10,10)

Ce qu’il offre réalise ce que commençait le sabbat. C’est le bien qu’il offre et que les Pharisiens refusent. On comprend sa colère lorsqu’il regarde-tout-autour, c’est-à-dire des deux côtés de la synagogue où sont assis les auditeurs; en d’autres mots, il les regarde un à un, navré de l’endurcissement de leurs cœurs.

Jean Gobeil SJ 

 

2021/01/19 – Mc 2, 23-28

n marchant, un jour de sabbat, les disciples arrachent des épis et les mangent. Des Pharisiens protestent auprès de Jésus: Ce qu’ils font n’est pas permis! Jésus leur répond d’abord en donnant un exemple tiré de la vie de David. Dans le besoin, David prit pour lui-même et pour ses hommes des pains réservés aux prêtres du sanctuaire de Nob. La conduite de David illustre le principe que Jésus énonce ensuite: Le sabbat a été fait pour l’homme et non pas l’homme pour le sabbat; ce qui équivaut à dire que la loi est faite pour l’homme et non l’inverse. Ceci lui permet de faire comme une deuxième conclusion: Le Fils de l’homme est maître, même du sabbat.

Ce récit de Marc fait partie d’un ensemble de trois controverses suscitées par les Pharisiens. Ce sont en fait des attaques pour essayer de prendre Jésus en défaut. On le voit ici. La Loi interdisait de travailler aux récoltes le jour du sabbat. Mais accuser les disciples de faire des récoltes parce qu’ils cueillent des épis ressemble bien à un prétexte qui n’a pas besoin de fondement sérieux. On peut donc voir dans ces controverses telles que présentées par Marc de nouveaux exemples des manifestations de l’esprit du mal. Il y a une confrontation mais la réponse de Jésus est décisive: il n’y a pas de repartie et la confrontation est finie.

C’est ce qui s’est passé depuis le début du ministère de Jésus. Jean-Baptiste avait annoncé un plus puissant que lui. C’est cette puissance que l’évangile illustre. Ayant reçu l’Esprit lors de son baptême, Jésus commence par affronter un esprit du mal qui est dans un possédé. D’une parole qui est brève, faite avec autorité et décisive, Jésus termine la confrontation: Tais-toi et sors de cet homme.

Viennent ensuite ceux qui sont limités par des maladies. Jésus voit là des manifestations du mal qui emprisonne la personne. Devant le lépreux qui s’approche de Jésus, quelques manuscrits, au lieu de dire que Jésus fut ému, disent qu’il se fâcha. Ce n’est pas une colère contre le lépreux mais bien contre ce mal qui transforme cet homme en un rejet de la société

C’est la même force qui agit dans les controverses où on essaie de fausser la conduite et la mission de Jésus. En répondant dans notre texte par une citation à propos de David, Jésus suggère qu’il est au moins égal au plus grand roi d’Israël: si David l’a fait, Jésus peut faire quelque chose d’équivalent. Mais il va plus loin: l’exemple de David était pour justifier une exception à la loi, mais lui parle de toute loi pour n’importe qui, en disant que la loi est faite pour l’homme et non l’homme pour la loi.

La dernière phrase est décisive pour affirmer l’autorité de Jésus: « Le Fils de l’homme est maître du sabbat ». En disant cela à propos d’une institution qui touche Dieu de très près, il se met lui-même à un niveau très proche de Dieu. Il fera la même chose plus tard en se disant plus grand que le temple, une autre institution très proche de Dieu.

Devant de telles affirmations, la controverse ne peut continuer: il n’y a plus de repartie possible. L’admiration devant ce que Jésus fait et l’étonnement devant l’autorité de ce qu’il dit font que les gens se posent des questions sur le mystère de sa personne: Qui est cet homme? Qu’est cela? Un enseignement nouveau, donné d’autorité! Même aux esprits impurs, il commande et ils lui obéissent! (Marc 1,27)

C’est une question qui va continuer de se poser et, pour Marc, elle s’adresse aussi aux lecteurs.

Jean Gobeil SJ 

 

2021/01/18 – Mc 2, 18-22

L’évangile d’aujourd’hui porte sur le jeûne. On reproche aux disciples de Jésus, et indirectement, à Jésus lui-même, de négliger cet exercice spirituel contrairement aux disciples de Jean et à ceux des pharisiens. Jésus répond de façon curieuse : « Les invités à la noce ne peuvent pas jeûner pendant que l’époux est avec eux. »

Par l’image des invités à la noce, Jésus affirme que l’essentiel est ceci : aucun acte n’est bon ou mauvais en soi. Tout dépend des circonstances qui l’entourent et des intentions qui le motivent.

Jésus ne condamne pas le jeûne. Il ne dit pas que les disciples de Jean et des pharisiens sont dans l’erreur. Il ne dévalue pas leur effort en leur prêtant des intentions qui ne seraient pas pures; par exemple, se donner en spectacle en s’emparant ostensiblement du rôle de modèle de la vertu. Jésus défend simplement les siens en relevant que le jeûne n’a pas à être absolutisé car il y a un temps pour tout : un temps pour jeûner et un temps pour fêter. Pour les disciples de Jésus, c’est le temps de la fête en attendant le temps de l’épreuve : « des jours viendront où l’époux leur sera enlevé; alors, ils jeûneront… »

La contre-attaque de Jésus ne s’arrête pas là. Il situe ses disciples à l’avant-garde en les comparant à « une pièce d’étoffe neuve » ou à des « outres neuves ». Ils sont vecteurs de l’évangile qui ressemble à un saut qualitatif si on le compare au vieux judaïsme que pratiquent les disciples des pharisiens, et dans une certaine mesure, les disciples de Jean-Baptiste. Jésus en profite donc pour définir la radicale nouveauté de sa mission : il n’est pas venu raccommoder de vieux vêtements ou verser du vin nouveau dans de vieilles outres. Comme dans l’histoire de Marthe et Marie, Jésus sous-entend que malgré les apparences ses disciples ont choisi « la meilleure part ».

« À vin nouveau, outres neuves! » C’est le message qui nous est adressé aujourd’hui. Car il se pourrait très bien que de nos jours, nous occupions la place des pharisiens qui préfèrent la vertu éprouvée au risque d’étouffer l’émergence du nouveau. Aujourd’hui, c’est nous qui risquons de rater le déménagement de Dieu qui déserte nos églises pour investir des lieux que nous ne fréquentons pas : les rues et les parcs où survivent les sans abris de nos villes ultra-modernes, les bidonvilles du troisième monde, les champs de batailles où nos enfants versent leur sang pour des causes plus que douteuses…

Melchior M’Bonimpa