2021/07/10 – Mt 10, 24-33

Jésus avertit ses disciples qu’un serviteur n’est pas au-dessus de son maître et qu’un serviteur doit se contenter d’être comme son maître. Si lui, le maître, s’est fait traiter de Béelzéboul, ils peuvent s’attendre à pire. La crainte ne doit pas les empêcher de dévoiler tout ce qu’ils savent. Ils ne doivent pas craindre ceux qui peuvent attenter à leur vie. Pour leur Père, les disciples sont encore plus importants que toutes les créatures vivantes dont il prend soin. En outre, celui qui se prononcera pour Jésus l’aura comme intercesseur auprès du Père.

A ce point du discours missionnaire, il est clair que ces instructions s’adressent à tout chrétien. Même si le discours s’adresse d’abord aux 12 apôtres, ceux-ci doivent servir de modèle pour tout disciple. La persécution des disciples montre l’authenticité de leur lien avec leur Maître.

Jésus est venu dévoiler ce qui était caché. Il est venu apporter la révélation. Et cette révélation n’est pas seulement pour un petit nombre d’initiés. Elle est pour tous: elle doit être proclamée sur les toits. C’est elle qui apporte la vraie vie, la vie de l’âme. C’est pour cela qu’il est important de la communiquer sans craindre ceux qui la refusent.

Il répète: Ne craignez pas…Ne craignez pas… Soyez sans crainte…

C’est la mission que le Père a donnée au Fils que les disciples continuent. Ils peuvent compter sur Celui pour qui toute créature vivante est importante.

Ils peuvent aussi compter sur Celui qu’ils ont proclamé courageusement: il sera leur intercesseur auprès du Père.

Jean Gobeil SJ 

 

 

 

 

 

 

2021/07/09 – Mt 10, 16-23

Les envoyés peuvent s’attendre à des persécutions. Ils sont envoyés comme des brebis au milieu des loups. Ils seront livrés aux tribunaux (sanhédrins), flagellés dans les synagogues, traînés devant les gouverneurs et les rois. Ils ne doivent pas s’inquiéter sur leur façon de répondre: c’est l’Esprit du Père qui parlera en eux. Leur appartenance au Christ entraînera des divisions même dans leurs familles. Ils doivent s’attendre à la persécution et être prêts à fuir dans une autre ville. La venue du Fils de l’homme est annoncée comme prochaine.

Notre texte est la continuation des instructions que Jésus donnait aux 12 au moment de les envoyer en mission. Mais il est clair qu’il déborde ce moment. On peut voir dans le récit de Marc (6,12) et dans celui de Luc (9,6) que les 12 ont proclamé et fait des guérisons mais qu’il n’a pas été question de persécution, d’arrestation et de comparution devant des gouverneurs et des rois. Matthieu a profité de l’occasion pour grouper des paroles pour faire une sorte de traité du missionnaire.

Il fait ainsi allusion à des situations qui sont arrivées après la vie de Jésus. Par exemple, Paul, alors qu’il est prisonnier avant d’être envoyé à Rome, a comparu devant Félix, le gouverneur, et devant Hérode Agrippa 1 qui était roi à ce moment (vers l’an 60), d’où la mention de gouverneurs et de rois.

La mention des sanhédrins rappelle qu’à part le grand sanhédrin de Jérusalem (71 membres) il y avait des sanhédrins régionaux, composés de vingt-trois notables, qui devinrent très importants après la disparition du grand Sanhédrin lors de la chute de Jérusalem en 70.

La fuite de ville en ville est une description des voyages missionnaires de Paul qui prêchait jusqu’à ce qu’il soit expulsé ou bien jusqu’à ce que la situation devienne trop dangereuse.

Mais il semble bien que Matthieu, dans ses instructions, ne pense pas seulement aux 12 ou aux missionnaires “professionnels”, comme Paul et Barnabé. Jésus parle de persécutions à cause de moi et à cause de mon nom. N’importe quel disciple porte le nom du Christ: c’est l’origine du mot chrétien très tôt (Actes 11,26).

Ainsi tout disciple de Jésus, doit être prêt à témoigner par sa vie de son appartenance au Christ. Cela ne se fait pas sans difficultés. Mais l’aide de l’Esprit est promise et la fidélité, persévérer jusqu’à la fin, fait partie du devoir de celui qui veut être sauvé : Le juste vivra par sa fidélité. (Habaquq 2,4)

Jean Gobeil SJ

2021/07/08 – Mt 10, 7-15

Après avoir décidé d’envoyer les douze en mission, Jésus leur donne ses instructions. C’est le début du 2e grand discours de Matthieu, le discours apostolique, c’est-à-dire le discours pour les envoyés, ou discours missionnaire. Ils doivent proclamer que le Royaume des cieux est tout proche. Ils ont le pouvoir de faire des guérisons comme signes du Royaume. Ils ne doivent pas se faire payer pour leur ministère mais ils peuvent accepter leur nourriture. Dans chaque village, ils doivent rester dans la maison qui les accueille jusqu’à leur départ: en d’autres mots, ils ne doivent pas passer de maison en maison, comme le dira explicitement le texte de Luc (10,7). Ils doivent souhaiter la paix sur la maison qui les accueille; si elle en est digne, cette paix restera sur elle.

Dans le but de rejoindre ces foules qui lui faisaient pitié, Jésus envoie les 12 en mission comme pour multiplier sa présence. Cette mission est comme une copie de ce que fait le Christ.

Le premier contact de Jésus avec la foule est de proclamer l’approche du Royaume de Dieu. C’est ce que doivent faire les envoyés.

Comme Jésus qui est le Messie d’Israël, les envoyés ne doivent pas se disperser ailleurs, du moins pour cette mission.

Comme Jésus, avec la proclamation du Royaume, ils doivent avoir ces gestes de bonté pour guérir les possédés et les malades et cela, sans rétribution. Ils ont reçu gratuitement; ils doivent donner gratuitement.

Leur style de vie dans cette mission est très dépouillé: ils ne doivent pas avoir de réserve de vêtement, ni protection (le bâton). Leur seule sécurité est leur confiance en la Providence. Ceci semble bien refléter la façon dont vivait Jésus dans son ministère public alors que les distances étaient toujours assez courtes. Mais avec le temps, quand la mission nécessitera des voyages maritimes, il faudra bien avoir ce qu’il faut pour payer le passage et en outre apporter ses provisions. Mais la leçon de désintéressement n’est peut-être pas superflue pour les ministres chrétiens du temps de Matthieu.

Finalement, il y a la perspective du succès et de l’échec de la mission à un endroit donné. L’envoyé ne fait que transmettre l’offre de Dieu. Les gestes de bonté sont l’oeuvre de Dieu. Le refus de l’offre est le refus de Dieu. Le jugement appartient donc à Dieu seul.

En cas de refus, l’envoyé n’a qu’à continuer ailleurs sa mission.

Jean Gobeil Sj

2021/07/07 – Mt 10, 1-7

Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir de chasser les esprits mauvais et de guérir les maladies et infirmités. L’évangile donne les douze noms. Puis Jésus les envoie en mission auprès des brebis perdues d’Israël pour proclamer que le Royaume des cieux est proche.

Jésus appela ses douze disciples…. Cela suppose qu’ils existent déjà comme groupe. Quand ont-ils été formés dans ce groupe? C’est Marc qui nous donne ces détails importants. Jésus est sur une montagne et, parmi ses disciples, il en appelle douze. Et il répète qu’il institua les douze. Ce chiffre évoque les douze tribus qui constituaient Israël. Ces disciples représentent donc le nouveau peuple de Dieu qui commence.

Marc dit quel va être le rôle de ces douze. Il les institua pour être ses compagnons et pour les envoyer prêcher avec des pouvoirs semblables aux siens (Marc 3,14). S’ils sont ses compagnons, ils pourront donc être des témoins de ses actes et de ses paroles. Quand avant la Pentecôte, les disciples voudront trouver un remplaçant de Judas, ce seront les conditions qui devront être remplies: quelqu’un qui nous ait accompagnés tout le temps que le Seigneur Jésus a vécu au milieu de nous, en commençant au baptême de Jean (Actes 1,21-22). C’est cette condition qui fait que l’église primitive ne pensera pas à continuer cette institution des douze: quand Jacques, le frère de Jean sera exécuté entre les années 41 et 44, il ne sera pas remplacé (Actes 12,2). Les témoins de ce genre sont devenus trop rares. Une marque que les évangélistes considèrent cette institution de Jésus comme très importante est le fait qu’en citant le nom de Judas, on ajoute ou bien celui qui le livra ou bien l’un des douze, comme si Judas était doublement coupable.

La seconde partie du rôle des douze est d’être envoyés prêcher. C’est à partir de cet envoi par Jésus qu’ils sont des apôtres (apostoloi = envoyés) et c’est seulement dans ce texte-ci que Matthieu emploie le terme.

Juste avant le texte d’aujourd’hui, Jésus a eu pitié des foules qui étaient comme des brebis sans pasteur. Il va donc associer les douze à sa mission en les envoyant avec des pouvoirs semblables aux siens pour annoncer que le Royaume des cieux est proche. Ils sont envoyés exclusivement à Israël. Jésus s’adresse exclusivement à Israël dans l’attente d’une acceptation éventuelle par les autorités. Mais il montre quand même que cette exclusion est relative et que c’est plutôt une question de priorité puisqu’il a déjà libéré le possédé de Gadara, un païen, guéri la fille d’une syro-phénicienne et guéri le serviteur d’un centurion qui n’était certainement pas un juif. De sorte qu’après le rejet par les autorités religieuses d’Israël et après qu’il n’y aura plus que des conversions individuelles parmi les Juifs, les premiers chrétiens ne pourront pas invoquer l’exemple de Jésus pour refuser de se tourner vers les païens.

Jean Gobeil SJ 

2021/07/06 – Mt 9, 32-38

On présente à Jésus un muet dont le mal est attribué à un esprit mauvais. Quand l’esprit est chassé le muet se met à parler et la foule est dans l’admiration mais les pharisiens attribuent le pouvoir de Jésus à une association avec le chef des démons. Suit un sommaire de l’activité de Jésus: il proclame la Bonne Nouvelle à travers villes et villages et dans les synagogues en faisant de nombreuses guérisons. Il a pitié des foules qui sont comme des brebis sans berger. Il recommande à ses disciples de prier Dieu d’envoyer des ouvriers dans sa moisson.

L’épisode précédent racontait que Jésus avait guéri deux aveugles en touchant leurs yeux. Avec maintenant la guérison d’un muet, Matthieu montre l’accomplissement de la prophétie d’Isaïe: C’est lui, Dieu, qui vient vous sauver. Alors se dessilleront les yeux des aveugles et les oreilles des sourds s’ouvriront. Alors le boiteux bondira comme un cerf et la langue du muet criera de joie. (Isaïe, 35,4-6)

C’est Dieu qui vient et la foule reconnaît la nouveauté de l’action de Jésus : Jamais rien de pareil ne s’est vu en Israël.

L’accueil de la foule est favorable mais en face le groupe d’opposition se durcit. Les scribes se sont scandalisés des paroles de Jésus; les pharisiens ont critiqué Jésus parce qu’il mangeait avec des publicains; les disciples de Jean Baptiste l’ont critiqué de ne pas faire jeûner ses disciples. Ici les pharisiens se durcissent et attribuent ses guérisons à Satan.

Mais Jésus continue de proclamer la Bonne Nouvelle aux gens de bonne volonté et les foules qui cherchent suscitent sa pitié. Il faudrait des pasteurs pour les instruire. Il recommande aux disciples d’en faire la demande au Père.

Dans le Royaume, l’intercession pour les autres est importante. Jésus lui-même, en plusieurs occasions, se montre sensible à une démarche de demande en faveur de quelqu’un. Quand des porteurs emmènent auprès de Jésus un paralytique, Jésus voyant leur foi dit au paralytique de se lever et il est guéri. La foi des porteurs est décisive dans la guérison du malade.

Luc rapporte l’histoire du centurion qui avait un serviteur qui lui était cher et qui était malade. Ce centurion envoie des anciens auprès de Jésus pour lui demander de guérir son serviteur. Ceux-ci recommandent vivement ce non-juif à Jésus qui se met aussitôt en marche pour aller chez lui.

La prière des disciples est donc importante pour que le Père envoie des ouvriers dans sa vigne. L’Église a retenu le message: c’est pour cela qu’elle a proclamé Thérèse de l’Enfant Jésus, une carmélite cloîtrée, patronne des missions.

Jean Gobeil SJ 

2021/07/05 – Mt 9, 18-26

Un chef de synagogue vient se prosterner devant Jésus. Sa fille vient de mourir. Il demande à Jésus de venir lui imposer les mains. En route, une femme souffrant d’hémorragie, vient toucher la frange de son vêtement pour être guérie. Ce qui arrive aussitôt à cause de sa foi. Arrivé chez le chef, Jésus met la foule dehors. Il entre, saisit la main de la jeune fille qui se lève.

Matthieu a simplifié le texte de Marc pour se concentrer sur la rencontre dans la foi de deux personnes avec Jésus.

Un notable, que Marc nommait Jaïre et qu’il présentait comme chef de la synagogue, vient à Jésus. Sa fille est morte, ce qui veut dire qu’il faut qu’il ait assez de foi pour croire que Jésus peut rendre la vie. Il a cette foi et Jésus le suit pour aller faire une imposition des mains.

En cours de route, survient cette femme qui souffre d’une perte de sang depuis des années. Le sang représente la vie et la vie appartient à Dieu, ce qui fait qu’un contact avec le sang constitue une impureté très grave. Quelqu’un qui est dans cet état doit se tenir à l’écart et ne peut toucher à personne sinon elle communiquerait cette impureté. Cette femme, en plus d’avoir cette maladie, a donc dû se tenir en marge de la société pendant des années. C’est en tenant compte de tout cela que, par trois fois, au lieu de parler de guérison on parle d’être sauvé. La femme pense qu’elle sera sauvée si elle peut toucher à la frange de son manteau. Jésus dit que sa foi l’a sauvée et finalement l’évangéliste déclare: et elle fut sauvée. On voit l’importance de sa foi non seulement à cause de la gravité de son état mais surtout à cause de la confiance qu’elle devait avoir pour être prête à briser l’interdit pour aller toucher au Christ.

Jésus continue sa route et arrive à la maison du notable où on a déjà commencé les rites bruyants de deuil. Jésus interrompt le concert en disant qu’elle n’est pas morte mais qu’elle dort. Les gens se moquent mais Jésus les met dehors. Il saisit la main de la jeune fille et elle se lève.
Jésus parle de la mort comme d’un sommeil (il dira la même chose pour la mort de Lazare). Ce sera la même chose pour les chrétiens et les premiers auteurs parleront de mourir en disant s’éveiller dans le Christ. Pour cette raison, on laissera de côté les bruyantes manifestations de chagrin qui faisaient partie des rites funèbres.

Jésus n’a pas peur d’être touché ni de toucher. Jésus ne blâme pas la femme de l’avoir touché. Il prend la petite fille par la main. Il touchera les yeux des aveugles et les oreilles des sourds. Il prendra même la main d’un lépreux. Il se fâchera quand les disciples voudront écarter les enfants qui le touchaient et lui, les embrassera.. A Thomas qui doutait il dira: Touche! Et il ajoutera: Bienheureux ceux qui ont cru sans avoir vu.
Pourquoi bienheureux? Parce qu’ils peuvent, par la foi, toucher le Seigneur!

Jean Gobeil SJ