Skip to main content

(Français) 2021/01/11 – Mc 1, 14-20

Sorry, this entry is only available in French. For the sake of viewer convenience, the content is shown below in the alternative language. You may click the link to switch the active language.

« Convertissez-vous » : c’est la bonté de Dieu qui nous touche et nous pousse à la conversion. Cette interpellation signifie que ni nos peurs ni nos craintes, rien, ne pourra nous éloigner de l’amour de Dieu ; c’est à chacun et à chacune de nous qu’il appartient de changer notre manière de penser, de voir et de vivre, d’accepter d’être bouleversés, transformés, transfigurés par la bonté de Dieu.

La deuxième invitation que nous lance le Seigneur est celle de croire en la Bonne Nouvelle : « Croyez en la Bonne Nouvelle». Dieu est bon ! La Bonne Nouvelle est heureuse et actuelle, et le message de Marc est bon – c’est d’ailleurs le sens du mot euaggelion – car il vient de la bonté de Dieu, car il dit la bonté de Notre Père. Il indique aussi l’irruption dans notre espace et notre temps de la sollicitude et la prévenance, sa puissance est transformante !

Toutes nos actions humaines s’unissent au dessein de Dieu pour l’humanité. La vocation de l’Homme est d’écouter les appels du Seigneur de changer notre façon de voir, entendre et écouter le monde, d’écouter et suivre Jésus-Christ en tout et pour tout, et de le proclamer comme l’ont fait les premiers disciples et des millions de personnes après lui.

Baptisés, maintenant ouvrons notre cœur et laissons entrer le Seigneur. Dieu a planté sa tente sous les ponts des Nations ; maintenant c’est le moment de vivre notre baptême ; maintenant c’est le moment pour vivre en enfant de Lumière. Ainsi, les heures, les jours, les mois et les ans ne sont pas faits pour être spectateurs en s’installant confortablement, le temps de notre vie est faits pour être acteurs et vivre —ici et maintenant— ce que Jésus a proclamé dans l’Évangile :  vivre avec Dieu, en aimant tout et tout le monde.

Convertissons-nous ! Croirons !

P. André Gagnon SJ 

(Français) 2021/01/09 – Jn 3, 22-30

Sorry, this entry is only available in French. For the sake of viewer convenience, the content is shown below in the alternative language. You may click the link to switch the active language.

Jésus revient en Judée. Il baptise au Jourdain. Les disciples de Jean ont une discussion à propos des bains de purification et vont trouver Jean. Ils lui rapportent que Jésus baptise et que tous vont à lui. Jean rend son dernier témoignage. Il rappelle qu’il a dit qu’il n’était pas le Messie. Il est celui qui a été envoyé avant lui. Il est donc normal que Jean Baptiste diminue alors que lui grandit et il s’en réjouit.

La chronologie de l’évangile de Jean n’est pas rigoureuse. Plutôt qu’un déroulement de la vie de Jésus il veut présenter des moments qui sont significatifs. Il a commencé cette présentation par la venue de Jean Baptiste pour témoigner de la venue puis de la présence du Messie. C’est à cause de ce témoignage que certains de ses disciples se sont mis à la suite de Jésus pour devenir ses disciples. Jésus doit être retourné à Nazareth puisqu’il va au mariage de Cana, un village voisin. On le retrouve ensuite à Jérusalem pour la Pâque (la première) où il fait la purification du temple. C’est à la suite de cela, probablement encore à Jérusalem, qu’un pharisien notable va le voir la nuit. Comme Nicodème mentionne les signes que Jésus fait (un mot que Jean emploie au lieu de miracles), cela signifie qu’il a commencé à en faire que nous ignorons. Il doit ensuite être retourné en Galilée puisque notre texte le présente comme venant en Judée. Plus précisément, il revient au Jourdain où Jean continue de baptiser. Jésus séjourna avec des disciples et baptise lui aussi à un autre endroit que celui de Jean Baptiste que Jean indique avec précision.

Cette partie de l’évangile laisse l’impression que Jésus a commencé par une période reliée à Jean Baptiste et à son activité au Jourdain avant de devenir un prophète itinérant comme le synoptiques le présentent.

Le baptême de Jésus, comme celui de Jean Baptiste, n’est pas encore le baptême dans l’Esprit: ce n’est qu’après la résurrection que commence ce baptême. Les Juifs pratiquaient des bains de purification par immersion dans des bains profonds, les mikve. De même, la secte des Esséniens dans le monastère de Qumran devaient se purifier souvent. Avec Jean Baptiste, la différence est que son baptême n’est donné qu’une fois et qu’il est plutôt le symbole d’une conversion en préparation de la venue du Règne de Dieu au lieu d’une purification rituelle. On comprend que des Pharisiens ou des prêtres pouvaient poser des questions et discuter la légitimité de l’action de Jean Baptiste.

Mais l’incident et l’inquiétude des disciples devant le succès de Jésus ne sont qu’une occasion pour Jean Baptiste de donner son ultime témoignage. Au début du texte, la mention que Jean Baptiste n’avait pas encore été arrêté résonne comme une menace. Ce sera la fin de sa mission et Marc dit que c’est après son arrestation que Jésus commence le ministère qui lui est propre, la proclamation de la Bonne Nouvelle. (Marc 1,14) Pour Jean Baptiste, le succès de Jésus, même s’il annonce la fin de sa mission, est une cause de joie: ce qu’il avait annoncé et voulu préparer commence à se réaliser. Jésus dira de Jean Baptiste qu’il a rendu témoignage à la vérité et qu’il a été
la lampe qui brûle et qui luit. (Jean 5,35)

Jean Gobeil SJ 

(Français) 2021/01/08 – Lc 5, 12-16

Sorry, this entry is only available in French. For the sake of viewer convenience, the content is shown below in the alternative language. You may click the link to switch the active language.

Un lépreux, en voyant Jésus, se prosterne jusqu’à terre et lui demande: Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. Jésus tend la main, le touche et dit: Je le veux, sois purifié. A l’instant même, il est guéri. Jésus lui enjoint de ne dire à personne ce qu’il vient de faire et d’observer la procédure pour être réintégré dans la société et avoir accès au culte. La renommée de Jésus grandit. Des foules viennent l’entendre et se faire guérir. Jésus avait l’habitude de se retirer dans des endroits isolés pour prier.

Jésus a commencé sa prédication à Nazareth en déclarant qu’il accomplissait la prophétie d’Isaïe: ayant reçu la consécration de l’Esprit, il était envoyé pour annoncer la Bonne Nouvelle. Ensuite, à Capharnaüm, il commence à enseigner et à faire des guérisons. Sa parole a autorité et puissance même sur les esprits impurs. Il appelle ses quatre premiers disciples: Pierre et André, Jacques et Jean.

Maintenant, pour la première fois, il fait la rencontre d’un lépreux. La lèpre est un terme général couvrant toutes les infections de la peau. Elle rend rituellement impur, ce qui exclut le lépreux du culte et l’exclut même socialement. C’est une impureté contagieuse et personne ne doit l’approcher. Lui-même, avec ses vêtements déchirés, doit garder ses distances; il doit même avertir en criant: Impur! Impur! (Lévitique:13,45) Or celui-ci, dit le texte, était plein de lèpre.

La prière du lépreux est une demande mais elle représente surtout une belle profession de foi. En réponse, Jésus s’approche et le touche. Le geste bien visible traduit la rencontre dans la foi. Il viole ainsi une interdiction catégorique de la Loi mais la rencontre est plus importante que les prescriptions légales. D’ailleurs, la charité suffirait à justifier la préséance du geste comme il le rappellera en une autre occasion en citant le prophète Osée (6,6) : Car c’est l’amour qui me plaît et non les sacrifices, la connaissance de Dieu et non les holocaustes.

D’une parole, Jésus guérit le lépreux. Mais il a bien dit: Je le veux; sois purifié (et non pas: sois guéri). Le miracle n’est pas une œuvre médicale. La guérison représente la rencontre de Dieu qui transforme, guérit et libère. Jésus ne veut pas être considéré simplement comme un guérisseur corporel. C’est pour cela qu’il ne veut pas qu’on parle du miracle. C’était trop facile qu’on ne retienne que l’aspect visible et spectaculaire.

Ce qui suit est une clarification importante pour l’évangéliste. Jésus, qui vient de violer une prescription importante de la Loi, rappelle à l’homme guéri la procédure que la Loi demande à quelqu’un qui pense être guéri: il doit faire attester la guérison par un prêtre et offrir un sacrifice. Ceci montre bien que Jésus a du respect pour la Loi et que c’est pour observer ce qui doit être premier dans la Loi qu’il a agi comme il l’a fait. Luc avait déjà souligné, dans les récits de l’enfance, l’importance du Temple et de la Loi: Jésus avait été présenté au Temple et les parents observaient fidèlement les prescriptions de la Loi pour la purification de Marie. A sa façon, Luc montre donc, lui aussi, que Jésus n’est pas venu pour abolir la Loi ou les Prophètes mais bien pour l’accomplir. (Mt.5,17)

Jean Gobeil SJ 

(Français) 2021/01/07 – Lc 4, 14-22a

Sorry, this entry is only available in French. For the sake of viewer convenience, the content is shown below in the alternative language. You may click the link to switch the active language.

Après les tentations au désert, Jésus revint en Galilée avec la puissance de l’Esprit. Il enseigne dans les synagogues et sa renommée se répand. Il revient à Nazareth et dans la synagogue le jour du sabbat il fait la lecture d’un texte d’Isaïe où le prophète parle de sa mission d’annoncer une bonne nouvelle, la libération de ceux qui sont pauvres et meurtris, et le temps de la faveur de Dieu. Jésus déclare que cette prophétie s’accomplit aujourd’hui pour les auditeurs. Toute l’assistance était témoin de ce qu’il disait (accueillait) et s’étonnait de ses paroles de grâce.

Comme introduction à la vie publique de Jésus, Luc fait un court résumé. Jésus vient en Galilée, avec la puissance de l’Esprit; il enseigne et sa renommée se répand et tout le monde fait son éloge.

On mentionne au début de la création que l’Esprit, ou le souffle de Dieu, planait sur les eaux. C’est donc une nouvelle création que l’ange annonce à Marie en lui disant: L’Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très Haut te prendra sous son ombre. Dès le début de l’Incarnation, la présence et la puissance de l’Esprit se font sentir: avec la salutation de Marie, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint. Puis, c’est au tour de Zacharie, le père de Jean Baptiste: il fut rempli de l’Esprit Saint et se mit à prophétiser dans son chant d’action de grâce. C’est encore l’Esprit Saint qui lors de la présentation de Jésus au temple pousse le vieillard Siméon au temple pour qu’il le rencontre.

Jean- Baptiste, préparant la venue de Jésus, annonçait que celui qui viendrait baptiserait dans l’Esprit et le feu. Au baptême de Jésus qui est en prière, l’Esprit Saint descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe, indiquant ainsi sa présence dans la mission de Jésus. L’Esprit manifeste son action en menant Jésus au désert pour affronter les tentations auxquelles Israël avait succombé. Il revient en Galilée, dans notre texte, avec la puissance de l’Esprit.

Tous ces détails sur la présence et l’action de l’Esprit Saint dans l’évangile de Luc sont l’annonce du rôle de l’Esprit dans l’Église primitive comme on le verra dans le livre des Actes des Apôtres. Cette présence réalise des promesses importantes dans l’Ancien Testament.

Le prophète Jérémie avait déclaré que l’alliance ne pouvait plus être renouvelée. Il faudrait que Dieu fasse une nouvelle alliance et qu’il crée des cœurs nouveaux (Jér.31,31; 32,36). Ézéchiel avait ajouté qu’après une purification, c’est l’Esprit qui serait donné dans cette alliance qui serait une alliance de paix, une alliance éternelle (Ez.36,27; 37,27). Pour Joël, c’était la caractéristique du jour de Yahvé, des temps messianiques: l’Esprit serait donné à chacun: Je répandrai mon Esprit sur toute chair. (Jl.3,2)

A Nazareth, Jésus déclare: C’est aujourd’hui que cette parole se réalise.
Cette parole d’Isaïe disait que l’Esprit était sur lui, qu’il était envoyé (Messie) pour apporter la Bonne Nouvelle. Il était celui qui venait libérer. Il était le sauveur. L’Esprit qu’il apportait donnait la liberté des enfants de Dieu.

Jean Gobeil SJ 

(Français) 2021/01/06 – Mc 6, 45-52

Sorry, this entry is only available in French. For the sake of viewer convenience, the content is shown below in the alternative language. You may click the link to switch the active language.

Après avoir nourri la foule, Jésus fait partir ses disciples vers l’autre rive du lac et lui-même ensuite renvoie la foule. Puis il monte sur la montagne pour prier. Le soir vient et, avec des vents contraires, les disciples se débattent avec les rames. Jésus vient vers eux en marchant sur la mer. Les disciples, en le voyant, crurent que c’était un fantôme et se mirent à crier. Jésus leur dit: Confiance. C’est moi: n’ayez pas peur. Il monte dans la barque et le vent tombe. Les disciples sont stupéfaits: ils n’avaient pas compris le miracle des pains parce que leur cœur était aveuglé.

Marc avait déjà mentionné qu’après la journée de Capharnaüm avec ses miracles et la foule qui avait afflué le soir, tôt le lendemain matin Jésus était allé dans un endroit désert pour prier. Ici encore, après le départ de la foule, il sent le besoin de prier. Luc mentionnera plusieurs fois ces prières de Jésus. C’est pour prier qu’ils était monté sur la montagne avec trois disciples lors de la Transfiguration.
C’est après avoir prié qu’il donne aux disciples la prière du Notre Père. C’est comme si Jésus avait eu besoin dans son humanité de la présence du Père pour s’associer à sa volonté. C’est un exemple pour la communauté de Marc qu’on croit soumise à une persécution à Rome. Ils ont besoin d’être encouragés dans leur difficultés.

Cet arrière-plan est important pour comprendre pourquoi Marc, dans son évangile, traite sévèrement les Douze: ils sont lents à comprendre, ils ont le coeur aveuglé et Jésus leur reproche souvent leur manque de foi. Ils vivaient pourtant avec Jésus: les choses auraient dû être faciles pour eux. Marc dit à ses auditeurs que ce n’était pas si facile. Il faut vivre longtemps avec le Christ pour le connaître et cette connaissance suppose toujours de la conversion: il faut avoir le cœur ouvert pour se laisser transformer par lui.

Ainsi, la communauté de Rome ne doit pas être surprise des difficultés qui surgissent. C’est peut-être pour elle que Marc fait se dernière remarque: ils n’avaient pas compris le miracle des pains. C’est plutôt énigmatique dans le texte. Il donne cela comme une explication de ce qu’ils ont eu peur en voyant Jésus marcher sur les eaux. Mais on peut la voir comme une suggestion aux chrétiens de Rome. Ils doivent se rappeler, eux, ce que veut dire le miracle des pains. C’est le symbole de la vie que le Christ apporte. Il est le Seigneur de la vie. Et s’ils se rappellent que pour son œuvre, il veut s’associer ses disciples, ils savent alors qu’ils peuvent compter sur sa présence pour accomplir son œuvre.

C’était pour obéir à Jésus que les disciples étaient partis dans leur barque. Il les avait forcés, dit le texte. Il leur avait même donné la direction: Bethsaïde, une ville de l’autre côté du lac, sur la frontière des territoires païens. C’est en lui obéissant qu’ils avaient rencontré la nuit, les vents contraires et le houle. Les chrétiens de Rome sont invités à se joindre aux Douze dans leur barque et à entendre pour eux la parole du Christ:

Ayez confiance: c’est moi. Ne craignez pas.

Jean Gobeil SJ

 

 

 

 

 

 

(Français) 2021/01/05 – Mc 6, 34-44

Sorry, this entry is only available in French. For the sake of viewer convenience, the content is shown below in the alternative language. You may click the link to switch the active language.

Jésus a invité les disciples qui revenaient de leur mission à venir à l’écart, dans un lieu désert, pour se reposer. Mais la foule qui ne leur laissait pas de répit devine par la direction du bateau l’endroit où ils vont et elle est déjà là quand ils arrivent. Jésus est saisi d’émotion de les voir comme un troupeau sans berger. Il se met à les instruire. Avec l’heure tardive, les disciples s’inquiètent et suggèrent de les renvoyer mais Jésus leur dit de leur donner à manger. Ils ramassent ce qu’ils peuvent et c’est trop peu. Jésus dit aux disciples de les faire asseoir par groupes. Puis il prend le pain, fait la bénédiction, rompt le pain et le donne aux disciples pour le faire distribuer. Tous mangent à leur faim et il reste douze paniers.

Jésus a pitié de la foule: c’est sa première réaction. Le mot employé est très fort: il traduit une émotion viscérale. Il la voit comme des brebis sans berger. L’image du berger comporte deux aspects qui vont revenir dans le texte. D’abord, des brebis sans berger ne sont pas un troupeau. C’est le berger qui rassemble un troupeau. Ensuite, la vie du troupeau dépend du berger pour trouver de la nourriture et de l’eau. C’est ce que le Christ veut apporter: une nourriture qui donne la vie et qui rassemble un peuple nouveau.

Les gens sont venus pour l’entendre: ils ont la faim de ses paroles. Jésus se met à les instruire. Il leur parle certainement longuement puisque c’est l’approche du soir qui inquiète les disciples: il faut que cette foule se mette en marche pour aller trouver de la nourriture quelque part. Mais Jésus leur donne la tâche de leur donner à manger indiquant par là que les disciples devront continuer son œuvre. Tout ce que trouvent les disciples c’est cinq pains et deux poissons. C’est trop maigre et pourtant c’est avec cela que Jésus va nourrir la foule. Il a toujours besoin de cette pauvre contribution des disciples et, avec elle, il va faire des miracles. Mais auparavant, il veut faire une autre chose.

Il dit à ses disciples de rassembler la foule en groupes de cinquante et de cent. Juste avant notre texte, la mention d’un lieu désert où allait Jésus avec ses disciples suggérait qu’il allait peut-être faire un geste qui rappellerait Israël au désert. Or, à la sortie d’Égypte, les Hébreux étaient accompagnés d’un ramassis de gens (Ex.12,38): il étaient une foule mais pas encore un peuple. Ce n’est qu’au Sinaï, avec le don de l’Alliance que naîtra le peuple de Dieu composé des douze tribus. En mettant la foule en groupes, Jésus montre qu’il est celui qui rassemble le peuple de Dieu. La mention des douze corbeilles de restes montre que cette foule est maintenant l’image du peuple nouveau dont Israël avait été la préparation et l’image.

Les paroles de Jésus sont suivies de la multiplication des pains. Jésus prend les pains et les poissons, prononce la bénédiction, rompt les pains, les donne aux disciples pour qu’ils les distribuent. Les quatre gestes, prendre, bénir, rompre, donner, sont comme ceux de la dernière Cène où Jésus institue l’Eucharistie.

C’est maintenant dans l’Eucharistie que Jésus rassemble la communauté qui est membre du peuple de Dieu et lui donne la nourriture de sa Parole.

Jean Gobeil SJ 

(Français) 2021/01/04 – Mt 4, 12-17.23-25

Sorry, this entry is only available in French. For the sake of viewer convenience, the content is shown below in the alternative language. You may click the link to switch the active language.

Quand Jésus apprend l’arrestation de Jean Baptiste, il quitte le Jourdain et se retire en Galilée. Il laisse Nazareth pour adopter Capharnaüm comme centre de son rayonnement. Matthieu en profite pour souligner que son séjour en Galilée accomplit une prophétie d’Isaïe au sujet de la Galilée qu’il qualifie de Galilée des nations (ce qui équivaut à carrefour des païens). Jésus proclame que c’est le temps de la conversion parce que le Royaume de Dieu est proche. Notre texte omet le choix des quatre premiers disciples à Capharnaüm pour donner un sommaire de l’activité de Jésus à travers la Galilée: il proclame la Bonne Nouvelle (euaggelion, l’évangile) à travers toute la Galilée en faisant des guérisons. Des grandes foules, venues de partout se mettent à le suivre.

Cette partie de l’évangile de Matthieu est comme une introduction à la vie publique de Jésus. Elle montre à la fois le lien avec le plan de Dieu dans le passé et annonce ce que sera la vie publique de Jésus. Au baptême, il a reçu la manifestation de l’Esprit Saint qui l’a conduit ensuite au désert pour refaire l’expérience d’Israël. Mais là où Israël a manqué de fidélité, Jésus, lui, reste fidèle à sa mission d’être au service de la volonté du Père. Des essais de le détourner de sa mission ne manqueront pas dans le reste de sa vie.

Avec l’arrestation de Jean Baptiste, le rôle de celui-ci est terminé. Il avait prêché la conversion en annonçant l’approche du Royaume de Dieu. Maintenant c’est le rôle de Jésus qui commence. Il doit annoncer la présence du Royaume de Dieu, que Matthieu appelle le Royaume des cieux: par respect pour le nom de Dieu, les Juifs évitent de prononcer ce Nom. C’est cette présence qui est la Bonne Nouvelle.

Au lieu de rester au Jourdain et d’attendre que les gens viennent à lui, Jésus veut aller vers les gens. Il retourne donc en Galilée, réalisant ainsi la prophétie d’Isaïe à propos d’une grande lumière qui apparaîtrait en Galilée pour dissiper les ténèbres. Matthieu répètera 41 fois ce genre de référence aux Écritures pour montrer que Jésus continue le plan de Dieu et vient le réaliser. Ses auditeurs sont des judéo-chrétiens et peuvent apprécier cette continuité entre Jésus et les Écritures. Mais Matthieu semble voir la nécessité de leur rappeler que si Jésus a commencé par s’adresser à Israël il n’a pourtant pas exclu les non-juifs. D’ailleurs, il a déjà souligné que les premiers à reconnaître le Messie ont été des étrangers: les Mages. Ici, il semble souligner que Jésus a commencé par la Galilée des nations et non par la Judée et Jérusalem. La Galilée en effet a eu beaucoup d’infiltration étrangère: elle n’est pas juive cent pour cent et l’orthodoxie des galiléens est toujours suspecte pour les gens de Jérusalem. C’est bien là que Jésus a voulu faire la plus grande partie de sa mission.

Il apporte la Bonne Nouvelle à travers toute la Galilée. Encore là, Matthieu pense peut-être non seulement à la Galilée géographique mais aussi à la Galilée sociale. Il ne refusera pas d’aller chez des pharisiens mais il ira aussi bien manger chez des collecteurs d’impôts. Il se laissera approcher par des gens considérés comme pécheurs ou comme impurs. Aucune barrière sociale ne l’arrêtera. Il est bien celui qui est venu chercher et sauver ce qui était perdu.

Jean Gobeil SJ 

(Français) 2021/01/02 – Jean 1, 19-28 – St Basile le Grand et St Grégoire de Naziance

Sorry, this entry is only available in French. For the sake of viewer convenience, the content is shown below in the alternative language. You may click the link to switch the active language.

Après le prologue de l’évangile qui donnait le sens global de la personne du Christ dans le plan divin, l’évangéliste commence l’annonce de la vie publique de Jésus par le témoignage de Jean Baptiste. Des Juifs, c’est-à-dire des autorités religieuses, viennent demander à Jean Baptiste qui il est et pourquoi il pratique ce rite spécial d’un baptême. Jean déclare qu’il n’est pas le Messie attendu, ni le prophète Elie qui était supposé revenir précéder le Messie, ni le prophète comme Moïse que ce dernier avait promis. Il dit qu’il vient annoncer la présence d’un plus grand que lui et que son baptême n’est qu’un signe de préparation et d’accueil pour celui qui va venir. L’endroit où se tient Jean Baptiste et où les gens vont le trouver est sur le bord gauche du Jourdain et s’appelle Béthanie, à ne pas confondre avec l’autre Béthanie près de Jérusalem où vivait Lazare et ses sœurs.

Le Prologue de l’évangile avait dit que Jean Baptiste n’était pas la lumière mais qu’il était celui qui rendait témoignage à la lumière. C’est par le témoignage de Jean Baptiste que commence la vie publique de Jésus.

Et ce témoignage ressemble déjà à celui qui est fait dans un procès. La mention des Juifs reviendra dans l’évangile pour signifier ceux, parmi la population juive, qui refusent d’accueillir Jésus. On va préciser qu’il s’agit ici des autorités du temple, les prêtres et les lévites, et des autorités en matière d’interprétation de la Loi, les Pharisiens. Ils ne viennent certainement pas pour se faire baptiser. Ils viennent demander à Jean Baptiste de se justifier: qui est-il et quel est son rôle.

Comme dans le Prologue, Jean Baptiste commence par dire ce qu’il n’est pas. Il n’est pas le Christ, c’est-à-dire le Messie attendu. Il n’était pas non plus Élie que Dieu, croyait-on, avait gardé vivant pour la mission d’annoncer un jour la venue de Dieu. Il n’était pas celui qu’avait promis Moïse: Yahvé ton Dieu suscitera pour toi, du milieu de toi, parmi tes frères, un prophète comme moi que vous écouterez. (Deutéronome 18,14)

Il déclare qu’il n’est qu’une voix qui avertit qu’il faut préparer par sa conduite la venue du Seigneur, comme avait prédit Isaïe. Son baptême n’est qu’un signe de préparation. Devant celui qui vient, il n’est qu’un très humble serviteur.

Jésus dira plus tard que c’est Jean Baptiste qui a rempli le rôle qu’on attribuait à Élie et il ajoutera qu’il était même plus qu’un prophète. Dans sa première prédication, Pierre dira que Jésus était ce prophète annoncé par Moïse: il avait apporté la dernière révélation. Mais il devra ajouter qu’en plus d’apporter la révélation, il avait apporter la transformation en donnant le pain de vie.

Jean Gobeil SJ

(Français) 2021/01/01 – Luc 2, 16-21 – Sainte Marie, Mère de l’Église

Sorry, this entry is only available in French. For the sake of viewer convenience, the content is shown below in the alternative language. You may click the link to switch the active language.

Répondant à l’annonce de l’ange, les bergers viennent à Bethléem et trouvent Marie, Joseph et le nouveau-né dans une mangeoire. Ils racontent ce que l’ange leur a révélé au sujet de l’enfant. Ceux qui les entendent sont étonnés de leur témoignage. Marie retient et médite dans son cœur tout ce qui arrive. Les bergers repartent en glorifiant Dieu. Le huitième jour, pour la circoncision, on donne à l’enfant le nom que l’ange avait annoncé: Jésus.

La mention de la circoncision souligne que Marie et Joseph observaient fidèlement les prescriptions de la Loi. Cela reviendra à l’occasion de la présentation au temple. Mais ce qui est plus important, c’est que le nom est donné à cette occasion. Le nom représente la personne: ce qu’elle est ou encore la mission que Dieu lui donne. C’est l’ange qui, lors de l’annonce à Zacharie, avait donné le nom de Jean à celui qui serait le précurseur du Messie: c’est Dieu qui suscitait la naissance de Jean Baptiste et c’est lui qui donnait sa mission. De même à l’annonciation à Marie, c’est l’ange qui avait donné le nom de Jésus, un nom qui signifie en hébreu Dieu-sauve. Dans l’annonce aux bergers, c’est la première chose que l’ange dit aux bergers: Un Sauveur vous est né.

Le titre de Sauveur évoque d’abord une libération. Il sera le libérateur du péché, de ce qui sépare de Dieu. C’était un titre qui était donné à l’empereur parce qu’il avait apporté la paix, la Pax Romana. Mais pour Israël la paix, Shalom, doit, pour être complète, inclure la relation avec Dieu, l’accès à Dieu. Jésus sera le Sauveur qui procure l’accès à la vie même de Dieu.

Or, c’est à des bergers qu’est faite la première annonce de la naissance du Sauveur. Les bergers qui vivent avec leurs troupeaux et les conduisent à travers des terres non cultivées mènent des vies bien isolées. Ils ne sont pas considérés comme des gens que l’on doit fréquenter. Ils sont en marge de la société et les rabbins les mettent sur le même pied que les collecteurs d’impôts et les publicains: ils sont dans la catégorie des pécheurs. Dans son premier sermon à Nazareth, Jésus dira qu’il accomplit la prophétie d’Isaïe: il a été consacré pour porter la bonne nouvelle aux pauvres. Il sera toujours proches des petits, des humbles, des marginaux et des exclus de la société. A sa naissance, il est déjà proche des bergers et de leurs bêtes: trois fois on mentionne que le nouveau-né est dans une mangeoire. Il déclarera d’ailleurs: le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. (Luc 19,10) Il est vraiment le Sauveur comme son nom de Jésus l’indiquait.

Il faut remarquer que pour Luc ces bergers sont le symbole des disciples de Jésus. Ils ont accueilli la bonne nouvelle. Ils ont répondu à cette annonce en allant à Bethléem. Ils ont proclamé le message qu’ils avaient reçu de l’ange. Ils sont repartis dans la joie en louant Dieu, comme les anges avaient fait. C’est vraiment ce que doivent être des disciples.

Jean Gobeil SJ 

(Français) 2020/12/31 – Jean 1, 1-8 – St Sylvestres 1er

Sorry, this entry is only available in French. For the sake of viewer convenience, the content is shown below in the alternative language. You may click the link to switch the active language.

En guise de préface à son Évangile, Jean emprunte une hymne chrétienne déjà existante, qu’il complète pour introduire les idées essentielles que son livre développera. La mission du Verbe incarné, selon Jean, consiste dans une descente d’en haut vers le monde des humains, qui sont d’en bas, et dans une remontée auprès de Dieu. Dans son message d’adieu aux siens, Jésus leur résume ces trois étapes de sa mission: Je suis venu du Père et je suis arrivé dans le monde. Maintenant je quitte le monde et je m’en vais auprès du Père. (Jn 16, 28)

Comme le Prologue offre un résumé de l’Évangile, on y retrouve trois parties: 1) Le Verbe préexistant (avant la création) auprès de Dieu (vv. 1-5); 2) Le ministère du Verbe parmi les humains depuis son incarnation, avec un fort accent sur le refus incompréhensible que lui oppose le monde (vv.6-13; 3) La glorification du Verbe, qui comble ceux qui croient, en leur accordant grâce sur grâce (vv. 14-18).

La Parole de Dieu, Personne divine (vv. 1,14), est la Lumière (vv.5,9) et le Fils unique de Dieu (vv.14,18). Il est devenu chair, c’est-à-dire homme limité et faible (v.14). Bien que rejeté par les siens, il accorde à tous ceux qui l’accueillent par la foi le pouvoir de devenir enfants de Dieu, en sorte qu’ils participent à la plénitude de Dieu. Cette grâce provient de l’amour de Dieu, qui surpasse le don de la Loi par Moïse.
La tradition rattachait le début du ministère de Jésus à celui de Jean Baptiste. Aussi l’évangéliste mentionne Jean avant que la lumière vienne dans le monde, affirmant que sa mission consistait à rendre témoignage au Verbe Lumière (vv.6-8). Uni à ceux qui ont vu la gloire du Verbe venu dans la chair, Jean témoigne qu’il existait avant la création (v.15).

Le Verbe et Dieu

Ce prologue commence en précisant la relation qui unit le Verbe à Dieu (vv. 1-2). Dans une relation personnelle avec Dieu, le Verbe vit de Dieu et en Dieu. Le Verbe, sans cesse tourné vers Dieu, s’ouvre complètement à Dieu, qui lui donne tout, en sorte que le Verbe est lui-même Dieu (v.1c). Mais Dieu n’absorbe pas le Verbe, qui conserve son identité distincte de Dieu. L’Évangile reprendra cette relation étroite avec les termes de Père et de Fils. Jésus exprimera avec force son union à Dieu, affirmant que moi et le Père, nous sommes un (10, 30), non pas seulement unis, mais d’une certaine manière une seule réalité. Aussi Jésus peut-il répondre à Philippe qui lui demande de lui montrer le Père: Celui qui m’a vu a vu le Père,…je suis dans le Père et le Père est en moi. (14,9-10)

L’idéal de vie offerte par le Verbe

La condition humaine ne se comprend que dans une vue globale de son histoire, qu’il s’agisse d’une personne ou d’un groupe. Il faut connaître ses racines et le terme vers lequel tend son cheminement. Aussi Jean évoque le début, la création de l’univers, Tout a été fait par lui (v.3), et le but que doit poursuivre le croyant, devenir enfants de Dieu (v.12) et recevoir du Fils glorifié grâce sur grâce (v.16). L’histoire d’un individu ou d’une communauté ne peut avoir de sens que si elle progresse dans une continuité vers un but. Or cette continuité dépend de la fidélité à un projet. Telle est la loi exigée pour se développer. Le progrès, le bonheur et la vie sont à ce prix.

Jean enseigne au croyant à voir avec optimisme l’univers et l’histoire, car tout vient de Dieu, qui agit par son Verbe: Tout a été fait par lui (v.3). Contrairement à ceux qui, à son époque, enseignaient que la chair et la matière étaient mauvaises, Jean affirme à la suite de la première page de la Bible que tout est bon. Aucune chose n’est mauvaise en elle-même. Après avoir mentionné à quatre reprises que ce qu’il avait créé était bon, le récit de la création concluait: Dieu constata que tout ce qu’il avait fait était vraiment une très bonne chose. (Gn 1,31) Aussi le croyant doit avoir le sens de la beauté et s’émerveiller, car pour lui tout est grâce.

Le projet de Dieu pour l’humanité et pour chaque être humain se résume dans le don de la vie et de la lumière: La vie était la lumière des hommes et, en venant dans le monde, elle illumine tout homme. (vv.4.9) L’amour de Dieu se révèle dans cette offre incessante qu’il adresse par son Verbe incarné à toute personne, malgré les refus du monde.

La lumière et le monde

Le Verbe incarné n’était pas une lumière parmi d’autres qui pourraient la corriger ou la compléter. Il est l’unique lumière, l’unique révélation valable pour l’être humain. Celui-ci ne peut se disperser en adhérant à plusieurs sagesses, révélations ou projets, car on devient le Dieu en qui on croit. Adhérer à Dieu et à des idoles, c’est s’écarteler, se diviser et se détruire. La monition du prophète Élie est toujours d’actualité: Quand cesserez-vous de pencher tantôt d’un côté, tantôt de l’autre? Ou bien c’est le Seigneur qui est le vrai Dieu…ou bien c’est Baal. (1 Rois 18,21)
La tentation à laquelle succombe le monde (l’humanité séparée de Dieu) quand le Verbe incarné lui offre la lumière, c’est de refuser de sacrifier son autonomie et sa fausse sécurité (vv.10-11). Le monde craint Dieu et s’en défie, parce que Dieu n’offre pas de garanties tangibles et mesurables que son projet pour la personne humaine est raisonnable. Ceux qui, au contraire, acceptent de se livrer totalement à Dieu présent dans son Verbe constatent que leur personne est entièrement transformée. Dieu en effet leur a permis d’accéder à un nouveau registre d’existence. Il les a engendrés et ils sont devenus ses enfants (vv.12-13).

L’unique Médiateur

L’offre constante du Verbe, la vie et la lumière, trouve son couronnement lorsqu’il assume complètement, dans sa personne, la condition humaine (v.14). L’incarnation véritable du Fils, unissant en lui le divin et l’humain, paraîtra toujours un mystère scandaleux. À l’encontre d’un large groupe de la communauté de Jean, la 1ère épître proclamera sa foi dans cette manifestation inouïe de l’amour de Dieu (1 Jn 4,2-3.14-16). Tout au long de l’histoire de l’Église, plusieurs voudront éliminer en Jésus, soit Dieu, soit l’homme. L’union étroite de Dieu et de l’humanité dans le Christ constitue pourtant le cœur et le trait distinctif de la révélation, dont les conséquences sont essentielles pour la vie chrétienne.

La médiation du Christ (v.18) est absolument nécessaire, car aucun être humain ne peut atteindre par lui-même Dieu, la source unique de toute vie. Quand il a l’illusion de communiquer avec Dieu, il le déforme et le caricature, le réduisant à ses limites humaines, à ses défauts et à ses passions. Aussi la révélation, venant d’en haut vers l’être humain, par amour et gratuitement, est nécessaire pour qu’il dépasse sa condition terrestre et qu’il atteigne un au-delà de lui-même. La veille de sa mort, le Christ résume sa mission dans ce mouvement du haut vers le bas et du bas vers Dieu: Je suis sorti du Père et je suis venu dans le monde; tandis qu’à présent je quitte le monde et je vais au Père (Jn 16,28).

Cette médiation du Fils de Dieu incarné parmi nous est unique, la seule qui permet d’aller vers le Père. Elle englobe toutes les autres médiations, qui n’ont qu’une valeur relative, dans la mesure où elles préfigurent celle du Christ qui viendra ou qu’elles explicitent celle du Fils, qui contient toute la Parole de Dieu (v.17). C’est par référence à cette révélation unique qu’il faut juger tout message qu’on présente comme provenant de Dieu.

Jean-Louis D’Aragon SJ