3e semainde de l'Avent

2020/12/16 – Luc 7, 18b-23

By samedi 28 novembre 2020 novembre 30th, 2020 No Comments

2020/12/16 – Luc 7, 18b-23

Jean Baptiste, qui est prisonnier, envoie deux disciples demander à Jésus: Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre? Pour illustrer sa réponse, et, en même temps illustrer que la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres, Jésus délivre des possédés et fait des guérisons. Puis il leur dit: Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu. Suit une liste d’exemples de libérations qu’Isaïe promettait pour la venue de celui qui devait venir. Jésus conclut avec un avertissement: Heureux celui qui ne tombera pas à cause de moi.

Cet avertissement de la fin souligne qu’il y avait une difficulté à la base de la démarche des disciples de Jean Baptiste. Jésus ne correspondait pas parfaitement à l’image du Messie que la prédication de Jean Baptiste suggérait. Jean avait parlé de la venue d’un jugement et de la menace d’une condamnation. Ce serait le moment de la séparation des bons et des mauvais. Les images qu’il employait étaient celle du vannage de la récolte où la paille est séparée du bon grain et jetée au feu ou encore celle de la hache qui abattrait l’arbre qui ne portait pas de fruit. La seule façon de se protéger de cette condamnation était de se préparer par la pénitence et le signe d’un baptême. L’image du Messie ne pouvait être que celle d’un juge puissant et impitoyable. Ce serait le temps de la grande alarme et non de la bonne nouvelle.

Jésus leur répond de la même façon qu’il fera avec les disciples d’Emmaüs, des disciples découragés par la mort du Christ: il leur fait écouter les paroles d’Isaïe, la parole de Dieu. Ses paroles ici sont des échos d’Isaïe dans ce qu’on appelle le livre de la consolation. Nous l’avons entendu aujourd’hui dans la première lecture parler d’un Dieu qui est créateur, qui crée un monde pour la vie, une terre pour qu’elle soit habitée; un Dieu qui est juste et sauveur qui émet une parole de salut même pour ceux qui s’étaient dressés contre lui et qui reviennent couverts de honte.
C’est un texte semblable, un texte de délivrance et de salut, que Jésus a choisi dans Isaïe pour sa première prédication à Nazareth:
L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a consacré par l’onction, pour apporter la bonne nouvelle aux pauvres; il m’a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vie, renvoyer en liberté les opprimés, proclamer une année de grâce du Seigneur. (Luc 4,18-19)

C’est la sorte de Messie que Jésus est: il apporte la bonne nouvelle aux pauvres.
Il apporte une bonne nouvelle, que Dieu vient rencontrer pour sauver. Mais ceux qui sont les mieux préparés pour l’accueillir sont ceux que la Bible appelle les pauvres ou les petits, les anawim. Ils sont ceux qui qui ne peuvent compter ni sur leur richesses ou leur talent, ou leur puissance ou leur statut social. Ils sont limités et ils le savent. Ils ne peuvent compter que sur Dieu. Ils sont ouverts à la bonne nouvelle de la venue de Dieu.

C’est précisément ce à quoi l’Avent nous prépare.

Jean Gobeil SJ