2e semainde de l'Avent

2020/12/10 – Matthieu 11, 11-15

By samedi 28 novembre 2020 novembre 30th, 2020 No Comments

2020/12/10 – Matthieu 11, 11-15

La première lecture est tirée d’Isaïe dans une partie qu’on appelle le livre de la consolation pour les exilés. (Is.40-55) Le début de notre passage illustrait bien la compassion et le secours de Yahvé:
Je suis le Seigneur ton Dieu. Je te prends la main droite, et je te dis: “Ne crains pas, je viens à ton secours, Ne crains pas, Jacob, faible vermisseau…je viens à ton secours.
Le contexte est le retour de l’exil et la restauration, comme promesse.
Mais avant cette restauration, ils doivent mettre leur confiance dans le Seigneur car ils auront à affronter des difficultés. Le psaume de méditation montrait sur quoi s’appuie cette confiance:
Yahvé est le Roi. La bonté du Seigneur est pour tous, sa tendresse pour toutes ses oeuvres. (Ps.145)

Les petits et les pauvres cherchent de l’eau et il n’y en a pas. … Moi, le Seigneur, je les exaucerai, moi, le Dieu d’Israël, je ne les abandonnerai pas. … Je ferai jaillir des fleuves…

C’est plus qu’une restauration que promet le Seigneur: c’est la profusion des temps messianiques.
Mais Israël qui doit garder confiance en passant à travers des épreuves et des affrontements qui précèdent la restauration messianique et qui en sont les signes.

Le texte de l’évangile vient après la visite des disciples de Jean-Baptiste. A la suite de cela, Jésus a rendu témoignage au Précurseur. Les gens ne sont pas allés voir un roseau agité par le vent. Ils ne sont pas allés voir un personnage mondain comme ceux qui sont dans les palais. Jésus dit à ses auditeurs qu’ils ont raison de le considérer comme un prophète. Il est même plus qu’un prophète. Il est le messager envoyé pour préparer la route devant celui qui apporte le Royaume de Dieu, et ce messager n’est pas un roseau: il n’est pas faible et il restera fidèle dans l’épreuve. (Mal.3,1) Sa grandeur est donc d’être à la charnière entre l’Ancienne Alliance et la Nouvelle Alliance.

Mais avec la venue du Royaume les critères humains sont renversés et ce sont les petits, les humbles, qui sont privilégiés: le plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que lui.

Le texte qui suit est un texte difficile parce qu’il peut avoir plus qu’un sens.
Depuis Jean-Baptiste jusqu’à maintenant, le Royaume des cieux subit la violence et des violents cherchent à s’en emparer.

Ici, à cause de la liturgie qui a utilisé le texte d’Isaïe pour donner un certain éclairage au texte évangélique, la violence peut être prise dans un sens positif pour signifier que ceux qui s’emparent du Royaume doivent le faire au prix des plus durs renoncements.
L’antienne de la communion nous indique quelle doit être la réponse à l’invitation du Christ:

Si quelqu’un veut marcher à ma suite, dit le Seigneur, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. (Mt.16,24)

Jean Gobeil SJ