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Mt

2024/02/19 – Mt 25, 31-46

By 2024-01-13janvier 14th, 2024No Comments

Ce texte trace une fresque du jugement dernier. Le Fils de l’homme vient dans sa gloire, avec la cour des anges. Devant son trône de gloire, sont assemblées toutes les nations. Il rassemble les élus à sa droite et renvoi à sa gauche les réprouvés. Le Roi, c’est-à-dire le Fils de l’homme dans sa gloire, invite les élus à recevoir en héritage le royaume préparé pour eux depuis la création du monde parce qu’ils lui ont donné à manger quand il avait faim, à boire quand il avait soif, l’ont vêtu ou visité quand il était dans le besoin. C’est la surprise pour les élus. Le Roi explique que les oeuvres de miséricorde qu’ils ont faites pour les autres c’est à Lui qu’ils les ont faites. Les réprouvés, eux, n’ont rien fait de ces oeuvres de miséricorde pour Lui et sont donc rejetés pour l’éternité.

Le Sermon sur la montagne s’était terminé par la recommandation de Jésus sur la nécessité de faire passer dans ses actions ce sermon: Ce n’est pas en me disant, Seigneur! Seigneur! qu’on entrera dans le Royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est dans les Cieux. (Mt.7,21) Tout le chapitre 25 de l’évangile de Matthieu est une exhortation sur le même sujet.

Il commence par la parabole des dix vierges qui sont invitées à un repas de noces le soir, avec leurs lampes. Celles qui sont vigilantes se pourvoient d’huile et elles ont des lampes allumées quand arrive l’époux, tandis que les autres, avec leurs lampes éteintes, se voient refuser l’entrée. La recommandation aux auditeurs est de veiller pour être prêts. Veiller pour être prêt, c’est agir.

La parabole suivante illustre cette prévoyance que tout disciple doit avoir: c’est la parabole des talents. Matthieu qui, selon la tradition, est le même que l’apôtre qui était un collecteur d’impôts, a retenu cette parabole du monde des affaires (notez la mention des banquiers). Un talent est une grosse somme d’argent: elle équivaut à 15 ans de salaire pour un ouvrier. Au moment de s’absenter, un maître confit des talents à ses serviteurs selon la capacité de chacun. Deux des serviteurs s’empressent aussitôt d’investir ce qu’ils ont reçu pour le faire profiter. Le troisième, lui, cache le talent qu’il a reçu. Au retour du maître, les deux premiers sont loués. Ils recevront encore plus mais surtout ils sont invités à entrer dans la joie de leur Seigneur, ce qui, pour des oreilles chrétiennes, représente le festin dans le Royaume des Cieux dont Jésus a déjà parlé (8,11). Quant à celui qui avait caché son talent, on lui enlève ce talent et il est jeté dehors. L’application est évidente: tout disciple est un gérant de ce qu’il a reçu de Dieu: il doit le faire profiter.

Comment faire profiter ce qu’on a reçu de Dieu? La réponse est notre texte aujourd’hui. Il y avait déjà des listes des oeuvres de miséricorde dans l’Ancien Testament. Dans Isaïe, Dieu préfère ces oeuvres plutôt que le jeûne (Is.58,7). Il y en a une qui est mentionnée ici mais qui n’est pas mentionnée dans ces listes de l’Ancien Testament: la visite aux prisonniers. Les chrétiens connaissent maintenant la prison, comme les persécutions.

Devant la déclaration de Jésus à ceux qui sont à sa droite qu’Ils lui ont donné à manger quand il avait faim et à boire quand il avait soif, qu’ils l’ont accueilli quand il était un étranger, qu’ils l’ont vêtu quand il était nu, visité quand il était malade ou en prison, les élus sont surpris et demandent quand cela est-il arrivé. Cette surprise est importante dans le texte car elle suggère que c’est seulement dans la gloire finale que les élus peuvent comprendre la profondeur de la solidarité du Christ avec les malheureux, d’où l’importance pour ses disciples d’avoir un amour réel pour le prochain et une charité vraiment agissante.

Jean Gobeil SJ