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7e Semaine de Pâques

2022/06/03 – Jn 21, 15-19

By samedi 23 avril 2022No Comments

Jésus pose trois fois à Pierre la même question, “M’aimes-tu ?“, qui rappelle le triple reniement, puisque Pierre devient triste à la troisième interrogation de son Seigneur. Pierre rachète sa triple défaillance par sa triple profession d’amour et de fi­délité.

Mais l’ac­cent dans ces questions porte surtout sur le lien étroit entre l’autorité conférée à Pierre dans la communauté – « pais mes brebis » – et l’amour du Seigneur – « m’aimes-tu ? ». Jésus reprend l’image séculaire du pasteur, dont l’autorité sur les brebis consiste à les conduire, à les nourrir, à les protéger et à les amener ensemble dans l’unique bercail.

Pour exercer l’autorité, Pierre, qui représente tous ceux qui recevront du Seigneur un mandat d’autorité dans la communauté, doit avoir en lui l’amour du Christ, qui rayonnera sur les brebis. Sans amour, au­cune auto­rité, quelle qu’elle soit, ne peut produire des fruits.

Cette autorité ne se limite pas à celle qui se concentre dans un titre, évêque, prêtre, parent,… Elle s’applique à toute personne qui a reçu de Dieu une valeur qu’elle a le devoir de communiquer : la vie biologique et spirituelle, l’éducation,… Nous avons tous reçu de notre Créateur des dons que nous n’avons pas le droit de conserver pour nous-mêmes. Pour les communiquer, il faut avoir en nous l’amour de Dieu. L’efficacité de toute communication se mesure avant tout à l’amour que l’on ressent à l’égard de la personne à qui on s’adresse.

Cet amour du Seigneur se manifeste dans la fidélité à suivre le Christ, chacun selon la vocation qu’il a reçue. Celle de Pierre consistera à “étendre les mains” comme son Maître. Les trois expressions, “étendre les mains“, “nouer la ceinture“, “être conduit là où on ne voudrait pas” décrivent la crucifixion. Comme tout chrétien, Pierre rendra vivante en lui la figure du Christ par son “martyre“, son “témoignage“, car tel est le sens du mot “martyre” en grec.  Cette prophétie de Jésus est la mention la plus ancienne du martyre de Pierre, probablement à Rome, vers l’année 67.

Le genre d’exécution que subira Pierre sera le même que celui de Jésus. Aussi l’interprétation semblable de cette mort, qui “glorifiera Dieu“, repa­raît ici pour Pierre, comme pour Jésus, qui avait expliqué que son élévation de terre, sur la croix, procurerait la gloire de son Père.

Comment la mort de Jésus, celle de Pierre et de tout chrétien peut-elle procurer la gloire de Dieu? L’offrande de sa vie à Dieu dans l’abandon confiant de soi-même dans la foi constitue la preuve extrême de l’amour. Cette ouverture du coeur à Dieu lui permet de se rendre présent et d’apparaître dans celui qui lui a tout donné.

La relation d’amour mutuel, devenue parfaite dans le don total, produit l’union intime du Père et du Fils, qui habitent l’un dans l’autre, et qui, de même, vivent dans une habitation mutuelle en chaque croyant.

Jean-Louis D’Aragon SJ