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3e Semaine de Pâques

2022/05/07 – Jn 6, 60-69

By samedi 23 avril 2022No Comments

Pendant que Jésus révèle progressivement le mystère de sa personne, le nombre de ceux qui croient en lui diminue :

Les Juifs murmurent comme les Hébreux au désert (v. 41; comp. Ex 17, 3).

Les disciples de Jésus, de plus en plus nombreux, se retirent et cessent de                faire route avec lui (v. 66).

Parmi les Douze, l’incroyance s’introduit. Malgré la confession de Pierre, le récit s’achève sur une note pessimiste: C’est Judas, l’un des Douze qui allait le livrer (v. 71)

La lumière provoque la division

L’Incarnation dans sa manifestation la plus humble, l’eucharistie, rebute l’auditoire de Jésus. Il est vrai que le Christ présente cette révélation de son amour pour les siens avec des expressions très réalistes, qu’il répète avec insistance : manger sa chair (répéter 7 fois) et boire son sang (4 fois). Aussi le refus de croire s’étend non plus seulement à des Juifs, mais à beaucoup de ses disciples (par deux fois, vv. 60 et 66), qui délaissent Jésus et l’abandonnent. Si on s’en tient à nos pauvres lumières humaines – la chair et ses limites – on ne voit que les apparences, on ne découvre pas le mystère contenu dans le signe eucharistique. C’est l’Esprit qui fait vivre, car il donne la lumière pour croire et comprendre.

Le Christ montre à quiconque veut devenir son disciple de mesu­rer les exigences de la foi et la place centrale de l’eucharistie dans la vie de l’Église. Quelques années après Jésus, à l’époque de l’évangéliste, plusieurs chrétiens de la communauté de Jean refuseront la réalité de l’Incarnation et de l’eucharistie, comme l’atteste la 1ère Épître de Jean.

Mais le grand défi de la foi consistera dans la croix du Fils de l’homme. Le croyant verra dans ce crucifié le Fils de Dieu, alors qu’il subira l’humiliation propre à un esclave et qu’il sera mis à mort. Pour l’évangéliste Jean, cette élévation en croix de Jésus sera en même temps sa glorification auprès du Père. Pour l’incroyant, la croix sera la preuve que la mission de Jésus fut un échec complet. Pour les autorités juives, Jésus en croix est jugé comme objet de la malédiction divine; Dieu l’a abandonné, montrant par cette condamnation qu’il était un faux prophète, qui se prétendait l’Envoyé de Dieu.

Pierre exprime sa profession de foi au nom de tous les croyants, à la 1ère per­sonne du pluriel: “A qui irions-nous…Nous, nous croyons,…nous savons“. “Le Saint de Dieu” est celui qui possède en propre la sainteté de Dieu, qui est le Tout Autre, distinct de tout le créé.

Mais le récit s’achève sur une note tragique, montrant que la fidélité n’est jamais acquise définitivement, car elle peut bas­culer dans la trahison (v.71).

Jean-Louis D’Aragon SJ