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33e Semaine Ordinaire

(Français) 2021/11/16 – Lc 19, 1-10

By Thursday September 30th, 2021No Comments

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Zachée, un riche chef de publicains, cherche à voir Jésus. Il grimpe dans un arbre. Jésus le voit et lui dit de descendre vite car il veut aujourd’hui demeurer chez lui. Zachée le reçoit avec joie. Les gens sont scandalisés de voir Jésus aller chez un pécheur mais Zachée déclare qu’il veut partager ses richesses avec les pauvres et faire des réparations si nécessaire. Jésus déclare que le salut est venu aujourd’hui pour la maison de Zachée et que le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu.

Les publicains étaient des collecteurs d’impôts. Rome avait divisé le pays en secteurs. Pour chaque secteur, un montant précis de taxes était fixé. Le secteur était ensuite confié à un chef de publicains qui devait remettre le montant à Rome et avec l’excédent payait ses employés et se réservait un gras salaire pour lui-même. Les publicains étaient considérés comme des pécheurs et des marginaux de la société: c’était des brebis galleuses qu’il ne fallait pas fréquenter. C’est pour cela qu’on ne tolèrerait pas que Zachée fende la foule pour aller se mettre en avant. Zachée est petit: derrière la foule il sait qu’il ne peut rien voir. Il va donc grimper dans un arbre, comme un sycomore qui a des branches basses faciles à grimper, à un endroit où Jésus doit passer. C’est là que le regard de Jésus le découvre.

Jésus lui déclare qu’il est pressé d’aller demeurer chez lui, aujourd’hui. Le mot aujourd’hui revient deux fois dans le texte et bien des fois dans l’évangile de Luc. Le Royaume n’est pas dans le futur; il n’est pas à chercher ailleurs. Avec la présence du Christ, il est au milieu de vous (Luc 17,21). Il est ici, aujourd’hui. Dans les récits de Luc sur l’enfance de Jésus, c’est cet aujourd’hui de la présence de Dieu qui fait la joie de Zacharie, d’Élisabeth, de Marie, du vieillard Syméon et, à la naissance, la joie des bergers, des marginaux eux aussi. Zachée, qui n’était pas sûr de pouvoir voir Jésus, vite (il dégringole de l’arbre) il va recevoir Jésus avec joie.

Jésus, non seulement va chez Zachée, mais surtout il va manger chez lui: il viole deux interdits à la fois. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois: il a déjà fait cela pour Matthieu le publicain qui est devenu un des Douze. C’est ce que Jésus appelle aller chercher ce qui était perdu. Il n’attend pas qu’on vienne à lui: c’est lui qui prend l’initiative. Et ce n’est pas jugé convenable pour ceux qui se considèrent comme justes.

La réponse de Zachée à la grâce qui lui est faite n’est pas seulement la joie. Il fait ce qu’un véritable disciple doit faire dans l’évangile de Luc: il promet de partager ses richesses avec les pauvres et de réparer les torts qu’il a pu causer.

La conclusion du récit de Luc est un autre thème qui lui est cher: Jésus est venu chercher et sauver ce qui était perdu. C’est l’initiative de Dieu et le salut universel. Il est venu non pas pour les gens qui se considèrent comme des “gens bien” qui n’ont pas besoin de salut, mais pour tous ces marginaux, ceux que l’Ancien Testament appelait les petits, les humbles, qu’ils soient juifs ou païens: il veut les sauver, quels qu’ils soient..

Zachée, en fin de compte, est une belle illustration de ce qui est arrivé à tout disciple: Jésus est venu le chercher : Voici que je me tiens à la porte et je frappe; si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi. (Apo.3,20)

Et quand il est accueilli, il est venu demeurer chez son disciple : Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera et nous viendrons vers lui, et nous ferons une demeure chez lui. (Jean 14,23)

Jean Gobeil SJ