23e Semaine Ordinaire

2021/09/11 – Lc 6, 43-49

By mardi 3 août 2021 No Comments

Nous sommes tous habitués aux campagnes électorales et aux promesses qui parsèment les discours des candidats. Nous n’y croyons guère, car l’expérience nous a prouvé que ces promesses n’avaient pas le plus souvent de lendemain. Tel est le dédoublement entre le rêve et la réalité. Au fond, c’est l’hypocrisie, la division, l’opposition entre les bonnes paroles et l’action. Nous-mêmes, nous jouons tous à ce jeu hypocrite, avec nos pensées généreuses que notre égoïsme, en pratique, contredit. Combien de « socialistes de salon » avons-nous tous connus ?

Conclusion du sermon inaugural

Jésus craint et dénonce l’illusion qu’entretiennent nos résolutions généreuses, qui n’ont pas de profondeur. Elles sont superficielles et n’atteignent pas le fond de notre coeur, si elles ne se traduisent pas dans nos actions. Quand nous entretenons simplement des pensées généreuses, sans nous compromettre par le don de nous-mêmes, nous perpétuons l’illusion d’être bons et honnêtes, tout en nous dispensant de nous engager. Jésus nous enseigne la franchise, il nous presse de ne pas nous diviser entre nos pensées généreuses et notre refus de nous engager dans des actions coûteuses. L’égoïsme et la paresse nous empêchent de donner, de nous donner. Le Christ nous exhorte à ne pas contredire nos convictions par notre inaction.

Pour illustrer son enseignement, Jésus recourt d’abord à l’image de l’arbre, dont la valeur se révèle par ses fruits. Notre nature et notre coeur se manifestent dans les fruits concrets que nous produisons. Autrement, nos pensées et nos paroles sont du vent qui passe.

La pratique qui contredit les plus belles pensées enlève toute valeur aux paroles les plus sublimes. Comment peut-on invoquer le Seigneur, en lui tournant le dos en refusant de se convertir, de se tourner vers lui? Si la personne humaine entretient une contradiction entre sa pensée et son action, elle se divise et se détruit. Sa santé et son bonheur dépendent de l’unité qu’elle a réalisée en elle-même. Ses convictions doivent fleurir dans son action., car c’est dans son agir qu’elle se réalise et s’épanouit.

Construire sur le sable est facile, car on n’a pas à peiner avec effort pour creuser et faire de solides fondations. Au contraire, la construction sur le roc exige des efforts pénibles pour établir des fondations solides. La sécurité exige des sacrifices, car le bonheur facile n’existe pas ; il est superficiel et ne résiste pas aux difficultés de l’existence. Pour une durée éternelle, il faut édifier sa vie sur le roc.

Les thèmes majeurs du sermon

Ce sermon inaugural du ministère du Christ contient l’essentiel de l’Évangile. Le message de Jésus est nouveau, car il s’oppose à des points de vue courants dans notre monde. Il présente quatre contestations de l’enseignement que propose le monde.

1) Le monde enseigne qu’il faut tout faire pour acquérir les richesses, spécialement l’argent. Le Christ, au contraire, proclame que les bienheureux sont les pauvres, les démunis, car ils sont libres et disponibles pour accueillir leur Seigneur.

2) Le monde nous apprend la prudence, la défiance,… Si on donne, c’est pour recevoir en retour quelque chose de meilleur. Jésus proclame le bonheur de donner gratuitement, par amour, en imitant Dieu.

3) Le monde mise sur le temps présent, ici-bas. Le Christ nous dévoile la vision de l’au-delà, il suscite l’espérance, qui entraîne le chrétien en avant, dans un progrès constant vers le bonheur final qui ne passe pas.

4) Le monde cède facilement à la duplicité, à l’hypocrisie, qui divise la personne et la détruit. Le Christ insiste sur l’unité de la personne humaine, qui est la condition essentielle pour conserver et développer sa vie.

Jean-Louis D’Aragon SJ