18e Semaine Ordinaire

2021/08/07 – Mt 17, 14-20

By mardi 3 août 2021 No Comments

Après la Transfiguration sur la montagne, Jésus redescend dans la plaine avec ses trois disciples. Un homme vient aussitôt le supplier de guérir son fils (“lunatique”) qui a des crises qui le font se jeter n’importe où. Les autres disciples de Jésus n’ont pas été capables de le guérir. Jésus apostrophe les gens qui sont là, mais c’est probablement surtout aux disciples qu’il s’adresse. Il leur reproche leur manque de foi et se demande combien de temps il lui faudra rester avec eux et les endurer. Il fait venir l’enfant, l’interpelle et le démon sort de lui: il est guéri. Les disciples lui demandent ensuite pourquoi ils n’ont pas réussi. Il leur dit que s’ils avaient de la foi de la grosseur d’une graine de moutarde ils diraient à une montagne de se déplacer et elle se déplacerait.

Les disciples se sont attaqués à un mal très grave. Dans l’antiquité, on mettait l’épilepsie en relation avec les phases de la lune d’où le terme de lunatique pour un tel malade. Comme il n’y avait pas de remède, on en parlait comme du “haut mal”. Et ce mal comme les autres maladies était souvent attribué à la présence d’un démon. Dans le récit de Marc, Jésus parle longuement avec le père avant de faire la guérison. La suppression de ce dialogue dans Matthieu fait porter l’attention sur les disciples ce qui est confirmé par l’explication donnée aux disciples après la guérison. C’est donc, pour Matthieu, un texte qui s’adresse aussi à la communauté, à l’Église.

Comme les récits de miracles sont très rares dans cette section de l’évangile consacrée à la formation des disciples, (il n’y aura que les aveugles de Jéricho avant la montée de Jésus vers Jérusalem et la redevance au temple pour Pierre et Jésus). Ce récit frappe par le contraste avec ce qui précède. Sur la montagne, on avait un aperçu du monde de la gloire. L’aspect visible de Jésus devenait resplendissant, la présence de Moïse et d’Élie représentant la Loi et les Prophètes, la nuée qui comme au Sinaï était un signe de la présence de Dieu, la voix du Père témoignant de la filiation de Jésus, tout cela annonçait la gloire de Jésus.

En redescendant de la montagne vers la foule, on abandonne le monde de la gloire pour revenir au monde de la foi, au monde où le mal fait encore sentir sa présence. Pourtant, Jésus est encore visiblement présent et agissant comme on peut le voir dans la guérison. Mais Jésus avertit que ce même monde continuera quand il ne sera plus visiblement présent. Il ne restera que la foi pour les disciples. Mais, à condition de l’avoir, c’est tout ce qu’il faut, car même seulement une parcelle a assez de puissance pour transporter une montagne.

On peut penser, ce qui n’est pas dans notre texte, que notre foi peut transporter une montagne: elle peut transporter cette montagne de la Transfiguration pour l’emmener avec soi.

Jean Gobeil SJ