17e Semaine Ordinaire

2021/07/31 – Mt 14, 1-12

By lundi 28 juin 2021 No Comments

Hérode Antipas apprend la renommée de Jésus. Il pense que son pouvoir de faire des miracles lui vient de ce qu’il est ressuscité des morts et que ce ressuscité doit être Jean Baptiste qu’il a fait arrêter parce qu’il condamnait son mariage avec Hérodiade, la femme de son demi-frère Philippe. Lors d’une fête en l’honneur de l’anniversaire de naissance d’Hérode et en présence de nombreux dignitaires, il promet à la fille d’Hérodiade qui l’a enthousiasmé par une danse de lui donner ce qu’elle voudrait. A la suggestion de sa mère elle demande la tête de Jean Baptiste. Hérode, très contrarié, doit satisfaire la demande pour ne pas perdre la face. Les disciples de Jean réclamèrent alors le corps pour l’ensevelir et rapportèrent la nouvelle à Jésus.

Un peu avant cet épisode, Jésus a été rejeté par les gens de Nazareth lors de sa première prédication. On ne pouvait accepter que le fils d’un charpentier soit un prophète ou un sage. Maintenant que la nouvelle de sa popularité parvient aux oreilles d’Antipas, c’est l’annonce d’un danger plus sérieux: celui du pouvoir politique.

C’est de Rome qu’Antipas tient sa position de tétrarque de Galilée. En retour, il doit assurer la paix dans son territoire. Dès le début de son règne, il avait réussi à saisir et exécuter Judas le galiléen, une sorte de révolutionnaire et de bandit qui avait toujours échappé à son père Hérode le Grand. Ensuite ce fut Jean Baptiste qui attirait les foules. L’historien Flavius Josèphe, qui est seulement une génération après les événements, dit qu’Hérode, voyant que la foule était exaltée en entendant parler Jean et que les gens, une fois retournés dans les diverses parties du pays, semblaient prêts à suivre en tout les directives de Jean, eut peur d’une révolte générale. Donc, pour une raison de sécurité, il fit arrêter Jean mais commit le crime de le faire exécuter. Cette explication n’est pas incompatible avec l’explication de Matthieu, même si Flavius ne mentionne pas le banquet mais nous donne le nom de la fille d’Hérodiade: Salomé.
Pour son auditoire romain, Flavius ne parle pas de Jean comme d’un prophète mais donne un équivalent: il était un homme sage et bon. Flavius voit que c’est pour ce crime qu’Hérode fut puni par la guerre que lui fit le beau-père de l’épouse qu’il avait renvoyée, Arétas, roi des Nabatéens à l’est de la Mer Morte.

Le récit de Matthieu indique donc que ce n’est pas une bonne chose pour Jésus que d’inquiéter Hérode. Luc dira un peu plus tard que des Pharisiens avertirent Jésus : Pars et vas-t-en d’ici car Hérode veut te tuer. (13,31) Mais le récit de Matthieu montre autre chose. Jean était le précurseur, celui qui annonçait et préparait le Messie. Sa fin est celle d’un précurseur: elle annonce la fin de Jésus. Lui aussi sera arrêté par le pouvoir religieux et politique et exécuté. Sa mort sur une croix sera la peine réservée aux révolutionnaires, à ceux qui menacent la paix de l’état. Les disciples Jean Baptiste comme ceux de Jésus iront prendre son corps et l’ensevelir. La note finale, les disciples de Jean allèrent en informer Jésus, est plus qu’une information: elle est un avertissement, une prémonition.

Jean Gobeil SJ