15e Semaine Ordinaire

2021/07/12 – Mt 10,34-11, 1

By lundi 28 juin 2021 No Comments

Jésus déclare qu’il n’est pas venu apporter la paix sur la terre mais que sa venue est comme un glaive qui fait des divisions parfois douloureuses. Ces divisions pourront arriver même à l’intérieur de sa propre maison, c’est-à-dire à l’intérieur de sa famille. Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi. Qui vous accueille m’accueille moi et Celui qui m’a envoyé. Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète; qui accueille un homme juste en sa qualité d’homme juste recevra une récompense d’homme juste. Et celui qui donnera à boire à un de ces petits, en sa qualité de disciple ne perdra pas sa récompense. Et Jésus partit de là pour enseigner et prêcher dans les villes du pays.

C’est la fin du discours missionnaire et l’évangéliste vise tout disciple. Jésus commence par dire qu’il n’est pas venu apporter la paix et pourtant il dit ailleurs : Je vous laisse la paix; c’est ma paix que je vous donne. Je ne vous la donne pas comme le monde la donne. (Jean 14,27)

Il y a donc deux sortes de paix. La paix dans le sens ordinaire du mot, la paix que le monde donne, consiste dans la tranquillité, l’absence d’ennemis, l’absence d’opposition. Ce que Jésus apporte est une offre, qui peut être rejetée. La conséquence est une opposition, une division. Mais le but de Jésus est d’offrir sa paix, la félicité, le vrai bonheur d’être dans une relation d’alliance avec Dieu, une alliance qui nous fait membres de sa maison. La phrase reflète la phrase de Jésus en araméen qui, comme l’hébreu, ne fait pas la différence entre le but, la fin d’une action et les effets ou la conséquence de cette action qui ne coïncide pas nécessairement avec le but qu’on poursuit.

Celui qui aime son père plus que moi… n’est pas digne de moi, dit Jésus. Le mot pour amour, ici, n’est pas le même que celui qui traduit l’amour de Dieu ou l’amour du prochain. On peut donner un équivalent en disant: Celui qui est attaché à son père plus qu’à moi… On comprend que dans une famille païenne, alors qu’un membre devient disciple du Christ et que le reste de la famille continue à vénérer des dieux protecteurs et à offrir des sacrifices, il peut y avoir des tiraillements douloureux. Dans cette situation, rester fidèle équivaut à prendre sa croix, à perdre sa vie mais c’est la seule façon de conserver sa vie authentique.

Finalement il y a le développement sur l’accueil de ceux qui sont envoyés par Dieu. Il y a d’abord la parole importante: Qui vous accueille m’accueille… Il y a une étroite proximité entre le Christ et ses envoyés. Suit une série d’accueils qui marque une progression dans la présence du Christ. Accueillir un envoyé en tant que prophète, accueillir un envoyé en tant qu’homme juste, et finalement accueillir un envoyé en sa qualité de disciple. C’est pour ce dernier accueil que la phrase, Qui vous accueille m’accueille, prend toute sa force. Ceux qui sont ainsi accueillis sont appelés des petits, qui n’ont pas le prestige d’être prophètes ou hommes sages: ils sont simplement disciples du Christ. En bref, tout chrétien porte la présence du Christ pour ceux qui l’accueillent comme disciple du Christ.

Jean Gobeil SJ