12e Semaine Ordinaire

2021/06/21 – Mt 7, 1-5

By dimanche 13 juin 2021 No Comments

Dans le sermon sur la montagne, Jésus déclare: Ne jugez pas pour ne pas être jugés. Le jugement que vous portez contre les autres, sera portée aussi contre vous; la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous. Avant de vouloir corriger les autres il faut d’abord trouver ce qu’il faut corriger en soi.

Il est peut-être utile de nous situer. Le sermon a commencé par les béatitudes qui déclaraient que les valeurs du Royaume pouvaient sembler paradoxales aux yeux du monde. Ensuite, il y eut l’avertissement que la justice du Royaume ne venait pas abolir la Loi révélée à travers l’histoire d’Israël mais qu’elle venait la compléter. On peut considérer cette partie comme une introduction.

Ensuite, ce qu’on pourrait appeler le corps du sermon présente 8 antithèses: Vous avez entendu…. Et bien moi je vous dis… Dans cette partie, des exemples sont donnés pour montrer que la justice du Royaume, c’est-à-dire la fidélité à la volonté de Dieu, va plus loin que ce que la Loi demandait. Cette partie se termine par la prescription de l’amour des ennemis basé sur le fait que ceux qui appartiennent au Royaume savent qu’ils sont des enfants de Dieu et doivent se comporter comme Lui.

La partie suivante traite de la prière et de la sincérité qu’elle doit avoir pour être authentique. C’est là que Jésus donne l’exemple du Notre Père, nous associant à sa propre prière.

Nous arrivons à la troisième partie qui traite des attitudes de base à avoir pour faire partie de la communauté dans le Royaume. Il faut se rappeler qu’on ne peut servir Dieu et l’argent. Il faut se rappeler aussi que les préoccupations matérielles ne doivent pas bloquer tout notre horizon. Et nous arrivons à cette recommandation de ne pas juger.

Ceci vise surtout une communauté. La tentation est facile pour des gens qui ont un grand idéal de vouloir forcer les autres à se conformer à leur façon de voir. Cela peut prendre la forme de critiques, de dénonciations ou même aller jusqu’à des condamnations. On peut empoisonner une atmosphère au nom de la vertu! Jésus déclare que le jugement, il faut se l’appliquer avant de l’appliquer aux autres et qu’il faut travailler à se corriger avant de vouloir corriger les autres. La sévérité, c’est à soi-même qu’il faut l’appliquer. C’est un problème qui a dû se présenter dans les communautés chrétiennes puisque l’épître de saint Jacques en parle en attaquant vigoureusement la prétention à juger les autres: c’est elle qui entraîne la médisance, dit-il (Jacques, 4,11-12). Il n’y a qu’un juge: c’est Dieu. Et toi, dit-il, qui es-tu pour juger le prochain? En d’autres mots, tu te prends pour un autre!

Dieu seul est juge parce que Dieu seul est le législateur. Lui seul sait parfaitement ce qu’il y a dans ce qu’il demande. Et lui seul connaît le fond de notre cœur.

Jean Gobeil SJ