Semaine Sainte Trinité

2021/06/02 – Mc 12, 18-27

By mercredi 19 mai 2021 No Comments

Des Sadducéens viennent questionner Jésus. Pour montrer que la résurrection est absurde, il présente un cas de l’application de la loi du lévirat. Pour assurer une succession à son mari défunt, la veuve doit selon cette loi épouser son beau-frère. Ce dernier meurt à son tour sans avoir procuré une descendance au premier mari et un autre frère doit assurer cette descendance. L’histoire se répète six fois si bien que la femme a été l’épouse de sept frères. La question finale est: de qui sera-t-elle l’épouse lors de la résurrection. La réponse de Jésus est double. D’abord il les accuse d’ignorer la puissance de Dieu: la vie de la résurrection n’est pas une copie de la vie terrestre. On n’a plus besoin de mariage. Il les accuse ensuite d’ignorer les Ecritures qu’ils sont supposés connaître. Il cite un passage du livre de l’Exode (3,1-6) où Dieu dit qu’il est le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob. Jésus conclut implicitement qu’il doit y avoir une résurrection puisque Dieu, dit-il, n’est pas le Dieu des morts mais le Dieu des vivants.

Les Sadducéens sont un parti religieux qui est constitué en grande partie par l’élite sacerdotale qui est en charge du temple et du culte. Cette élite est héréditaire. En font partie aussi des notables de Jérusalem reliés à l’opération du temple et probablement assez riches. Donc, pour plus d’une raison, les Sadducéens tiennent-ils à conserver les choses telles qu’elles sont. Ils sont toujours prêts à pactiser avec les gouverneurs romains et réagissent violemment à toute atteinte au prestige du temple. Il semble bien qu’ils seront les seuls au procès religieux de Jésus.

Ici, leur façon de se présenter à Jésus en lui donnant le titre de Maître comme s’ils venaient pour une consultation légale n’est qu’une façade à cause de la foule et le caractère très hypothétique de leur problème cache une opposition beaucoup plus sérieuse.. C’est pour cette raison que Jésus les traite d’hypocrites.

La croyance en la résurrection au temps de Jésus se basait sur les textes de Daniel (12,2) et du second livre des Maccabées. (2 Mac 7,1-23). Les Pharisiens l’acceptaient mais non les Sadducéens qui tenaient pour normatifs seulement les cinq livres de Moïse et excluaient les écrits des prophètes et les écrits de la Sagesse.

La réponse de Jésus peut sembler prouver une survie mais pas nécessairement une résurrection. Ainsi, pour nous, Dieu n’est pas le Dieu des morts peut signifier qu’il n’est pas le Dieu de ce qui n’existe pas mais il est certainement le Dieu des âmes des justes. Mais c’est différent si on se place dans le contexte hébraïque pour qui l’être humain n’est pas fait de différentes parties, matérielle et spirituelle: il est un tout complet, une personne. Et on ne peut concevoir une survie qui ne serait pas la survie de toute la personne: c’est toute la personne qui va avoir accès à une vie nouvelle.

Mais la phrase: Dieu, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, n’est pas le Dieu des morts mais des vivants, garde toute sa beauté et fera dire à saint Irénée (dans son Traité contre les hérétiques) : La gloire de Dieu c’est l’homme complètement vivant.

Jean Gobeil SJ