7e Semaine de Pâques

2021/05/22 – Jn 21, 20-25

By mercredi 19 mai 2021 No Comments

La comparaison entre Pierre et le disciple bien-aimé revient de nouveau à propos de leur avenir. Le désir de connaître l’avenir a toujours préoccupé les humains depuis le début de l’histoire. Même le patriarche Joseph, en Égypte, pratiquait la divination avec de l’eau sur laquelle on versait quelques gouttes d’huile. La forme des gouttes d’huile sur l’eau permettait de présager l’avenir (Gen 44,5).

Il est vrai que le disciple bien-aimé ne sera pas martyr à la manière de Jésus et de Pierre, mais il témoignera à sa manière, d’une façon permanente par son Évangile (21, 24). Chacun(e) doit être un témoin du Seigneur Jésus, à sa manière avec ses talents, selon la vocation reçue de Dieu.

L’auteur de ce chapitre, au nom de sa communauté, corrige avec insistance une fausse interprétation d’une parole de Jésus. Plusieurs fidèles entretenaient l’espoir que le Seigneur reviendrait bientôt d’une manière glorieuse et définitive, au moins avant que disparaisse la première génération chrétienne, celle des témoins qui avaient connu Jésus. Ceux-ci en effet établissaient un lien direct et vivant entre les croyants de la fin du 1er siècle et le Christ Jésus. La disparition de celui qu’ils considéraient comme le plus éminent témoin de cette génération perturba, semble-t-il, les membres de l’Église johannique. Cette espérance du retour du Seigneur s’appuyait sur la promesse de Jésus, dans son discours d’adieu : « Après être allé vous préparer une place, je reviendrai et je vous prendrai auprès de moi » (14, 3). Mais quand reviendra-t-il et de quelle manière ? Jésus ne le précise pas, car l’avenir est objet de foi et de confiance, mais non pas de planification humaine.

Une nouvelle conclusion de l’Évangile (21, 25) s’inspire de la précédente (20, 30s). Elle y ajoute toutefois l’idée que le mystère du Seigneur Jésus déborde toutes les interprétations, car sa richesse est inépuisable. Tous les ouvrages de la tradition chrétienne développeront et adapteront cette révélation divine que rapportent les évangiles et l’ensemble de la Bible. Mais l’immense et riche tradition à travers les siècles n’ajoute aucun élément strictement nouveau au cœur de la révélation de Dieu, elle a pour fonction d’en développer la richesse et de l’adapter aux nouvelles circonstances de l’histoire. En effet, Dieu le Père a tout donné dans son Fils incarné, dans le mystère de son triomphe de la vie sur la mort.

Jean-Louis D’Aragon SJ