7e Semaine de Pâques

2021/05/19 – Jn 17, 11b-19

By mercredi 19 mai 2021 No Comments

C’est la deuxième partie de la prière de Jésus pour l’unité. Jésus prie pour ses disciples. Jésus leur a fait le don de la parole du Père. Il demande pour eux la fidélité qui les gardera dans l’unité avec le Père, la même unité que celle qui est entre le Fils et le Père. Il demande finalement au Père de les consacrer dans la vérité, c’est-à-dire de les rendre saints.

La première partie du chapitre 17 qu’on appelle la prière pour l’unité portait surtout sur le mot gloire ou glorification. La “gloire” de Dieu dans l’Ancien Testament est ce qui manifeste quelque chose de la grandeur ou de la présence de Dieu. Le Christ dans cette partie repasse sa vie devant le Père. Il parle d’ailleurs comme si tout était terminé.
Je t’ai glorifié (i.e. manifesté) en faisant connaître ton nom (i.e. la personne du Père).

Pour continuer cette glorification, il demande à Dieu de le glorifier, ce qui sera réalisé lorsque Dieu manifestera sa puissance sur la mort en le ressuscitant. Il sera aussi glorifié par ceux à qui il a fait connaître les paroles du Père et qui l’ont accepté.

La seconde partie de cette prière est ce que nous avons ici. On parle de la sainteté du Père et de la sainteté future des disciples.

Jésus commence par une adresse qu’on ne retrouve pas ailleurs: Père saint.

Dans l’ancien Testament, ce qualificatif est souvent attribué à Dieu sous la forme du Saint d’Israël. Saint veut d’abord dire complètement séparé, complètement différent de la sphère du profane. Parler de la sainteté de Dieu, c’est parler de sa transcendance. Il est le tout-autre et ne peut être confondu avec la création même si elle est très bonne. La meilleure vision et en même temps la meilleure révélation de la sainteté de Dieu se trouve dans la vision d’Isaïe au chapitre 6.

Cette vision survient au moment où Israël regrette la mort du roi Ozias qui a été un bon roi pour Israël. La vision va révéler à Isaïe qui est le vrai roi d’Israël et sera le point de départ de la vocation d’Isaïe dont toute la vie sera mêlée à la politique pour rappeler à Israël que Yahvé est leur roi et qu’il passe avant tout.

L’année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur assis sur un trône grandiose et surélevé. Sa traîne emplissait le sanctuaire. Des séraphins se tenaient au-dessus de lui, ayant chacun six ailes, deux pour se couvrir la face (par peur de voir Yahvé), deux pour se couvrir les pieds, deux pour voler. Ils se criaient l’un à l’autre ces paroles: Saint, saint, saint (un superlatif) est Yahvé Sabaot (des armées célestes), sa gloire emplit toute la terre.

Les montants des portes vibrèrent au bruit de ces cris et le Temple était plein de fumée (signe de la présence de Yahvé au Sinì et dans la tente de la rencontre).
Alors je dis: Malheur à moi, je suis perdu! Car je suis un homme aux lèvres impures, j’habite au sein d’un peuple aux lèvres impures, et mes yeux ont vu le Roi, Yahvé Sabaot (des armées célestes).

C’est une vision de perfection, de grandeur, de transcendance. Isaïe est conscient d’un autre monde où on n’a pas le droit d’être, d’où la frayeur. Un ange va purifier sa bouche, c’est-à-dire le rendre capable de transmettre les paroles de Dieu.

Alors j’entendis la voix du Seigneur qui disait: Qui enverrai-je? Qui ira pour nous?
Et je dis: Me voici, envoie-moi.

Ce me voici est aussi la réponse d’Abraham, la réponse de Samuel et la réponse de Marie: il représente l’engagement de toute la personne. Isaïe a eu la vision de la sainteté et de la perfection de Dieu mais il a eu aussi la révélation que Dieu veut communiquer sa sainteté. C’est ce qui lui permet de répondre à l’appel de Dieu.

Quand le Christ s’adresse à Dieu en disant Père saint, il emploie deux mots qui représentent des contraires: saint représente la distance infranchissable de la transcendance de Dieu, et Père représente la proximité, l’intimité, l’immanence.
Dieu qui est saint veut être notre Père et nous communiquer sa sainteté.

Dieu, qui est saint et à ne pas confondre avec nul autre, veut se communiquer; il veut communiquer sa sainteté à nous aussi.

Jean Gobeil SJ