2e Semaine Ordinaire

2021/01/18 – Mc 2, 18-22

By dimanche 27 décembre 2020 No Comments

L’évangile d’aujourd’hui porte sur le jeûne. On reproche aux disciples de Jésus, et indirectement, à Jésus lui-même, de négliger cet exercice spirituel contrairement aux disciples de Jean et à ceux des pharisiens. Jésus répond de façon curieuse : « Les invités à la noce ne peuvent pas jeûner pendant que l’époux est avec eux. »

Par l’image des invités à la noce, Jésus affirme que l’essentiel est ceci : aucun acte n’est bon ou mauvais en soi. Tout dépend des circonstances qui l’entourent et des intentions qui le motivent.

Jésus ne condamne pas le jeûne. Il ne dit pas que les disciples de Jean et des pharisiens sont dans l’erreur. Il ne dévalue pas leur effort en leur prêtant des intentions qui ne seraient pas pures; par exemple, se donner en spectacle en s’emparant ostensiblement du rôle de modèle de la vertu. Jésus défend simplement les siens en relevant que le jeûne n’a pas à être absolutisé car il y a un temps pour tout : un temps pour jeûner et un temps pour fêter. Pour les disciples de Jésus, c’est le temps de la fête en attendant le temps de l’épreuve : « des jours viendront où l’époux leur sera enlevé; alors, ils jeûneront… »

La contre-attaque de Jésus ne s’arrête pas là. Il situe ses disciples à l’avant-garde en les comparant à « une pièce d’étoffe neuve » ou à des « outres neuves ». Ils sont vecteurs de l’évangile qui ressemble à un saut qualitatif si on le compare au vieux judaïsme que pratiquent les disciples des pharisiens, et dans une certaine mesure, les disciples de Jean-Baptiste. Jésus en profite donc pour définir la radicale nouveauté de sa mission : il n’est pas venu raccommoder de vieux vêtements ou verser du vin nouveau dans de vieilles outres. Comme dans l’histoire de Marthe et Marie, Jésus sous-entend que malgré les apparences ses disciples ont choisi « la meilleure part ».

« À vin nouveau, outres neuves! » C’est le message qui nous est adressé aujourd’hui. Car il se pourrait très bien que de nos jours, nous occupions la place des pharisiens qui préfèrent la vertu éprouvée au risque d’étouffer l’émergence du nouveau. Aujourd’hui, c’est nous qui risquons de rater le déménagement de Dieu qui déserte nos églises pour investir des lieux que nous ne fréquentons pas : les rues et les parcs où survivent les sans abris de nos villes ultra-modernes, les bidonvilles du troisième monde, les champs de batailles où nos enfants versent leur sang pour des causes plus que douteuses…

Melchior M’Bonimpa