Semaine de l'Épiphanie

2021/01/08 – Lc 5, 12-16

By dimanche 27 décembre 2020 No Comments

Un lépreux, en voyant Jésus, se prosterne jusqu’à terre et lui demande: Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. Jésus tend la main, le touche et dit: Je le veux, sois purifié. A l’instant même, il est guéri. Jésus lui enjoint de ne dire à personne ce qu’il vient de faire et d’observer la procédure pour être réintégré dans la société et avoir accès au culte. La renommée de Jésus grandit. Des foules viennent l’entendre et se faire guérir. Jésus avait l’habitude de se retirer dans des endroits isolés pour prier.

Jésus a commencé sa prédication à Nazareth en déclarant qu’il accomplissait la prophétie d’Isaïe: ayant reçu la consécration de l’Esprit, il était envoyé pour annoncer la Bonne Nouvelle. Ensuite, à Capharnaüm, il commence à enseigner et à faire des guérisons. Sa parole a autorité et puissance même sur les esprits impurs. Il appelle ses quatre premiers disciples: Pierre et André, Jacques et Jean.

Maintenant, pour la première fois, il fait la rencontre d’un lépreux. La lèpre est un terme général couvrant toutes les infections de la peau. Elle rend rituellement impur, ce qui exclut le lépreux du culte et l’exclut même socialement. C’est une impureté contagieuse et personne ne doit l’approcher. Lui-même, avec ses vêtements déchirés, doit garder ses distances; il doit même avertir en criant: Impur! Impur! (Lévitique:13,45) Or celui-ci, dit le texte, était plein de lèpre.

La prière du lépreux est une demande mais elle représente surtout une belle profession de foi. En réponse, Jésus s’approche et le touche. Le geste bien visible traduit la rencontre dans la foi. Il viole ainsi une interdiction catégorique de la Loi mais la rencontre est plus importante que les prescriptions légales. D’ailleurs, la charité suffirait à justifier la préséance du geste comme il le rappellera en une autre occasion en citant le prophète Osée (6,6) : Car c’est l’amour qui me plaît et non les sacrifices, la connaissance de Dieu et non les holocaustes.

D’une parole, Jésus guérit le lépreux. Mais il a bien dit: Je le veux; sois purifié (et non pas: sois guéri). Le miracle n’est pas une œuvre médicale. La guérison représente la rencontre de Dieu qui transforme, guérit et libère. Jésus ne veut pas être considéré simplement comme un guérisseur corporel. C’est pour cela qu’il ne veut pas qu’on parle du miracle. C’était trop facile qu’on ne retienne que l’aspect visible et spectaculaire.

Ce qui suit est une clarification importante pour l’évangéliste. Jésus, qui vient de violer une prescription importante de la Loi, rappelle à l’homme guéri la procédure que la Loi demande à quelqu’un qui pense être guéri: il doit faire attester la guérison par un prêtre et offrir un sacrifice. Ceci montre bien que Jésus a du respect pour la Loi et que c’est pour observer ce qui doit être premier dans la Loi qu’il a agi comme il l’a fait. Luc avait déjà souligné, dans les récits de l’enfance, l’importance du Temple et de la Loi: Jésus avait été présenté au Temple et les parents observaient fidèlement les prescriptions de la Loi pour la purification de Marie. A sa façon, Luc montre donc, lui aussi, que Jésus n’est pas venu pour abolir la Loi ou les Prophètes mais bien pour l’accomplir. (Mt.5,17)

Jean Gobeil SJ