20e Semaine Ordinaire

202/08/18 – Mt 20, 1-16

By mardi 3 août 2021 No Comments

Jésus dit aux disciples que le Royaume des cieux est comme la parabole suivante. Le maître d’une vigne embauche des ouvriers le matin et se met d’accord pour le salaire d’un denier. Il en embauche d’autres à neuf heures, puis à cinq heures pour le même salaire. Le soir venu, il fait payer les salaires en commençant par les derniers qui reçoivent un denier; ensuite de même pour les ouvriers du milieu du jour. Quand les ouvriers du matin reçoivent le même salaire, ils récriminent contre le maître de la vigne. Celui-ci leur dit qu’ils ont reçu ce qui était convenu et qu’ils ne doivent pas voir d’un mauvais œil sa générosité. Jésus conclut en disant que c’est ainsi que les derniers seront premiers et les premiers derniers.

La communauté pour laquelle Matthieu écrit est composée en majorité de judéo-chrétiens. Il y avait le danger de la jalousie vis-à-vis des pécheurs et des païens convertis comme le montre Luc dans la parabole de l’enfant prodigue où le frère aîné est jaloux de la fête donnée pour le retour de son frère. Dans la parabole ici, les judéo-chrétiens pouvaient se reconnaître dans les ouvriers qui ont travaillé toute la journée et voir les païens et les pécheurs dans ceux qui n’ont travaillé qu’une heure.

La conclusion de la parabole montre bien d’abord que la générosité de Dieu est pour tous et qu’elle n’est pas basée sur ce que les hommes peuvent fournir. La justice humaine a été satisfaite puisque le salaire est en conformité avec le contrat initial. Mais comme Dieu l’a souvent répété dans l’Ancien Testament, la justice de Dieu n’est pas celle des hommes. On le voit, par exemple, dans la conclusion du livre de Jonas, qui montre que la compassion et la miséricorde font partie de la justice de Dieu.

Mais la première chose à retenir pour les auditeurs de Matthieu est que la générosité de Dieu pour les ouvriers de la dernière heure n’enlève rien aux ouvriers de la première heure. Et la seconde chose est que les ouvriers de la première heure, recevant le même montant, sont eux aussi l’objet de la générosité de Dieu, ce qui est exactement ce que le père de l’enfant prodigue disait au frère aîné.

Jean Gobeil SJ