L'évangile de mardi (Mt 7, 6.12-14)

Le texte contient trois prescriptions: d’abord de ne pas donner aux chiens ou aux cochons ce qui est sacré; la seconde commande de faire pour les hommes tout ce qu’on voudrait qu’ils fassent pour soi et la troisième, de choisir la porte étroite qui conduit à la vie alors que la porte large conduit à la perdition.

La première recommandation est probablement à comprendre dans un contexte de persécution comme celui où Jésus dit qu’on doit être comme des brebis au milieu des loups et se montrer rusés comme des serpents et candides comme des colombes (Mt.10,16). Il ne faut pas proposer une doctrine précieuse comme le contenu du sermon sur la montagne à des gens incapables de la recevoir et qui pourraient en abuser (Cf. Note BJ). Il ne faut pas risquer la profanation des choses saintes.

Avec la seconde recommandation, qui est en fait un commandement et qu’on appelle la Règle d’Or, on entre dans la conclusion du sermon sur la montagne. La règle d’or existait déjà dans une version négative comme on la retrouve dans saint Paul (Rom.13,10) : La charité ne fait point de tort au prochain. La charité est donc la Loi dans sa plénitude. Un rabbin célèbre (Hillel) avait dit un peu avant Jésus : “Ce qui te déplaît, ne le fais pas à autrui: voilà toute la Loi! Tout le reste n’est que commentaire.” 

Mais Jésus en disant de faire pour les autres ce qu’on voudrait qu’on fasse pour soi présente quelque chose de beaucoup plus exigeant que simplement de ne pas faire de tort. En outre, il y a de l’insistance: Faites tout ce que vous voudriez qu’on fasse pour vous. Enfin, en disant pour les hommes (au lieu de pour vos frères), le commandement a une portée qui dépasse les limites de la communauté: il n’y a pas de frontière pour l’identité du prochain. Jésus conclut la règle d’or en disant : Voilà ce que dit toute l’Écriture: la Loi et les Prophètes.

Au début du sermon sur la montagne Jésus avait déclaré : N’allez pas croire que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes; je ne suis pas venu abolir mais accomplir. Ainsi il conclut avec la règle d’or comme si c’était un résumé de l’accomplissement qu’il apportait à l’Ancien Testament.

La troisième recommandation au terme du sermon sur la montagne vient rappeler qu’il y a un choix à faire. Si on accepte d’être membre du Royaume et de mettre en pratique l’esprit du sermon sur la montagne, on ne choisit pas la facilité, la porte large mais on prend la porte étroite, on accepte les difficultés et les efforts: c’est la porte étroite qui mène à la vie.

Dans l’Ancien Testament, au lieu de parler de porte on employait l’image du chemin: le chemin des justes et le chemin des méchants comme dans le Psaume 1. Ou bien, comme dans le Deutéronome, on parlait des deux voies:

Je te propose aujourd’hui vie et bonheur, mort et malheur. ... Je te propose la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie, pour que toi et ta postérité vous viviez, aimant Yahvé ton Dieu, écoutant sa voix, t’attachant à lui; car là est ta vie.

Jean Gobeil SJ                                                                                 

 

 

 

 

 

 

 

 

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