L'évangile de mardi (Jn 20, 11-18)

Marie Madeleine est allée au tombeau, tôt le dimanche matin. Elle a découvert le tombeau ouvert et le corps de Jésus disparu. Après être allée avertir les disciples, elle est retournée au tombeau où elle pleure. Elle voit à l’intérieur du tombeau deux anges qui lui demandent pourquoi elle pleure. Elle répond: On a enlevé mon Seigneur et mon Maître. Dans le jardin, Jésus qu’elle ne reconnaît pas lui pose la même question. Elle lui dit: Si c’est toi qui l’as pris, dis-moi où tu l’as mis et j’irai le chercher. Jésus l’appelle par son nom et alors elle le reconnaît et lui dit en araméen: Rabbouni, Maître, un titre plus solennel que Rabbi. C’est sa profession de foi: elle a retrouvé son Maître. Elle reçoit du Christ la mission d’aller annoncer aux disciples, qui sont maintenant ses frères, l’Ascension qui vient, le retour au Père.

Marie de Magdala a une place importante dans les évangiles. Elle apparaît pour la première fois avec un groupe de femmes qui avaient été guéries de possessions ou de maladies et qui suivaient Jésus. On précise pour Madeleine qu’elle avait été libérée de sept démons ce qui peut signifier une maladie importante. Ces femmes suivaient Jésus et les Douze et les assistaient de leurs biens. (Luc 8,1-3). Des femmes qui suivaient un rabbin et ses disciples, ce n’était pas une chose régulière et elles ont dû accepter d’être marginalisées par rapport à leur milieu; comme les disciples, elles avaient accepté de quitter ou au moins de prendre une certaine distance vis-à-vis de leur milieu de vie.

Elles accompagneront Jésus pendant son ministère en Galilée et le suivront en Judée: elles seront présentes au Calvaire où elles sont mentionnées par les quatre évangélistes. A cette occasion, Marc, Matthieu et Jean mentionnent explicitement Madeleine. Ces femmes suivirent Joseph d’Arimatie qui allait déposer le corps de Jésus au sépulcre. Ensuite, elles allèrent préparer les aromates et les parfums pour compléter l’ensevelissement mais durent attendre vu que le sabbat commençait.

Après le sabbat, le dimanche matin, Madeleine retourne au tombeau et découvre qu’il est ouvert et vide. Elle va avertir les disciples et revient encore au tombeau. C’est là qu’elle pleure et qu’elle pense que le corps de Jésus a été enlevé. Elle est prête à aller le chercher. Elle est certainement pour l’évangile de Jean un modèle de disciple. Elle a une foi qui ne s’arrête pas avec la mort et c’est une foi aimante. C’est son amour qui lui fait reconnaître le Christ quand il prononce son nom et lui répond: Rabbouni. Elle a dû répéter bien souvent ce titre pour que l’évangéliste ait conservé ce mot araméen que ses auditeurs ne comprenaient pas. C’est le titre qui contient toute la foi, la fidélité et l’amour d’un vrai disciple.

En plus d’être la première à voir le Christ ressuscité elle est la première à recevoir une mission, le rôle d’un disciple. Le texte du Cantique des cantiques qui précédait l’évangile, « J’ai trouvé celui que mon cœur aime, je l’ai saisi et ne le lâcherai point » (Ct 3,4a) illustre bien la profondeur de cette rencontre de Madeleine avec le Christ ressuscité: 

Celle qui a perdu celui que son coeur aimait se met activement à sa recherche. Quand finalement elle l’a trouvé, elle l’a saisi et ne le lâchera pas.

Jean Gobeil SJ

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