L'évangile du vendredi (Mc 2, 1-12)

Jésus revient à la maison de Capharnaüm et la foule bloque la porte. Des gens amènent un paralytique. Ils montent sur le toit, l’ouvrent et descendent le malade devant Jésus. Celui-ci, voyant leur foi, dit: Mon fils, tes péchés sont pardonnés. Des scribes se disent: Ceci est un blasphème: seul Dieu peut pardonner. Pour qu’ils sachent que le Fils de l’homme a le pouvoir de pardonner, il dit au paralytique: Je te l’ordonne. Lève-toi; prends ton brancard et rentre chez toi. C’est ce que fait l’homme devant tout le monde. Tous sont stupéfaits et rendent gloire à Dieu.

La maison de Capharnaüm, supposée connue, est la maison de Pierre et d’André où Jésus est déjà allé guérir la belle-mère de Pierre. Le toit palestinien est typique: il est en forme de terrasse et fait de branches et de terre battue. L’accès est souvent facile: on s’en sert pour faire sécher des choses.

Les gens se pressent pour entendre Jésus si bien que même la porte est bloquée. Quatre hommes arrivent avec un paralytique sur un grabat, une sorte de brancard. Matthieu mettra quelque chose d’un peu plus relevé et parlera d’une couche; Luc, lui, parlera d’une civière. Sur le toit, ils font une ouverture. Marc dit: ils découvrent le toit, à l’endroit où il (Jésus) était, en arrachant (les branches) et laissent descendre le grabat sur lequel gisait le paralytique. Les phrases de Marc ne sont pas élégantes mais pour les détails, c’est un visuel!

Jésus, voyant leur foi... Pour Jésus, la foi des porteurs est importante. C’est un détail qui revient plusieurs fois. Devant des gens qui prient pour quelqu’un ou qui intercèdent pour quelqu’un, ou comme ici qui agissent pour quelqu’un, Jésus ne pose pas de question: il répond immédiatement en agissant. On a l’exemple de la belle-mère de Pierre qui est malade: ils lui parlent à son sujet....Et Jésus va la prendre par la main et la faire se lever. Dans Luc (7,2), le centurion qui a un serviteur malade envoie auprès de Jésus des anciens qui le recommande chaleureusement. Jésus ne pose pas de question, il se met en route aussitôt. Dans Jean, à Cana, Marie dit simplement à Jésus: Ils n’ont  plus de vin. Jésus semble faire une objection: ce n’était pas dans ses plans... Marie dit aux serviteurs: Tout ce qu’il vous dira, faites-le. Et les cruches d’eau deviennent des cruches de vin. C’est comme si, pour Jésus, les intercesseurs, les intermédiaires, représentaient une solidarité dans la foi qui était particulièrement importante. Lui-même sera l’intercesseur par excellence sur la croix en demandant le pardon de ses persécuteurs et il sera l’intermédiaire par qui l’Esprit nous sera donné.

Pour la première fois, Jésus emploie l’expression le Fils de l’homme pour parler de lui-même. Depuis le livre de Daniel, c’est un titre messianique. Le Fils de l’homme a le pouvoir de remettre les péchés sur la terre, déclare Jésus. Il est le Sauveur, celui qui vient libérer. Pour Jérémie et pour Ezéchiel, le pardon des péchés était le signe qui introduirait la Nouvelle Alliance. A la dernière Cène, Jésus dira: Ceci est mon sang, le sang de l’alliance, qui va être répandu pour une multitude en rémission des péchés. (Mt.26,28) 

Un commentateur faisait une remarque sur quelque chose qui n’est pas dans le texte mais qu’on peut supposer. Le soir, quand la foule est partie, Pierre dans sa maison de Capharnaüm contemple les étoiles à travers son toit défoncé. Il a dû comprendre alors que lorsque Dieu est proche il peut demander certains sacrifices!

Jean Gobeil SJ 

 

 

 

 

 

Tournée virtuelle