L'évangile du vendredi (Jn 10, 31-42)

Les adversaires de Jésus, que Jean appelle les Juifs sans plus préciser, ont souvent voulu ou essayé de lapider Jésus parce qu’ils ont bien compris que Jésus prétendait avoir une relation unique avec Dieu. C’est d’ailleurs le coeur du témoignage de Jésus.

Dès le début de sa vie publique à Jérusalem où l’évangile de Jean nous montre Jésus purifiant le temple, Jésus parle du temple de son Père. Il parle donc d’une relation tout-à-fait spéciale avec Dieu qu’il appelle Père. (2,16)

Dans son entretien avec Nicodème qui est venu le voir la nuit, il parle d’abord de lui-même comme du Fils unique de Dieu. C’est donc non seulement une relation spéciale mais encore une relation unique. Il continue en disant que ce Fils Dieu l’a donné au monde et qu’il l’a envoyé pour sauver le monde: tout cela est une oeuvre de l’amour de Dieu. (3,16-17). Non seulement il a une mission, il dira même qu’il a été consacré par Dieu (10,36) pour cette mission, mais encore il connaît le Père, il connaît son dessein et il connaît son amour. Cette connaissance, dont même les synoptiques ont parlé, reviendra souvent et elle suppose une proximité unique entre lui et le Père.

Cette proximité devient de l’intimité quand Jésus parle de son union avec le Père. Il déclare que le Père est toujours avec lui: Le Père qui m’a envoyé est avec moi; il ne m’a pas laissé seul. (8,29). Moi et le Père nous sommes un (10,30). Le Père est en moi et moi dans le Père. (10,38)

Ses oeuvres sont celles du Père. Il répète: Je ne fais rien de moi-même (8,28). C’est pour cela qu’il n’emploie pas le terme miracle mais toujours celui de signe: ses actions sont des signes de la présence de Dieu en lui.

Un peu auparavant, il a affirmé sa préexistence en disant: En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu’Abraham existât, Je Suis. (8,58) Les Juifs veulent le lapider mais Jésus s’esquive et sort du temple. Maintenant, dans la nouvelle rencontre que nous avons ici, Jésus s’applique le titre de Fils de Dieu. 

Les Juifs comprennent cette expression dans son sens fort: il partage le mode divin d’existence. Les Juifs veulent l’arrêter mais il leur échappe. Il doit s’éloigner de Jérusalem et de la Judée: il s’en va en Transjordanie, à l’endroit où Jean Baptiste avait prêché et baptisé. C’est un signe de ce que devront faire les chrétiens quand les autorités juives refuseront leur message.

Jean Gobeil SJ

 

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