L'Évangile du vendredi (Mt 10, 16-23)

Les envoyés peuvent s’attendre à des persécutions. Ils sont envoyés comme des brebis au milieu des loups. Ils seront livrés aux tribunaux (sanhédrins), flagellés dans les synagogues, traînés devant les gouverneurs et les rois. Ils ne doivent pas s’inquiéter sur leur façon de répondre: c’est l’Esprit du Père qui parlera en eux. Leur appartenance au Christ entraînera des divisions même dans leurs familles. Ils doivent s’attendre à la persécution et être prêts à fuir dans une autre ville. La venue du Fils de l’homme est annoncée comme prochaine.

Notre texte est la continuation des instructions que Jésus donnait aux 12 au moment de les envoyer en mission. Mais il est clair qu’il déborde ce moment. On peut voir dans le récit de Marc (6,12) et dans celui de Luc (9,6) que les 12 ont proclamé et fait des guérisons mais qu’il n’a pas été question de persécution, d’arrestation et de comparution devant des gouverneurs et des rois. Matthieu a profité de l’occasion pour grouper des paroles pour faire une sorte de traité du missionnaire.

Il fait ainsi allusion à des situations qui sont arrivées après la vie de Jésus. Par exemple, Paul, alors qu’il est prisonnier avant d’être envoyé à Rome, a comparu devant Félix, le gouverneur, et devant Hérode Agrippa 1 qui était roi à ce moment (vers l’an 60), d’où la mention de gouverneurs et de rois.

La mention des sanhédrins rappelle qu’à part le grand sanhédrin de Jérusalem (71 membres) il y avait des sanhédrins régionaux, composés de vingt-trois notables, qui devinrent très importants après la disparition du grand Sanhédrin lors de  la chute de Jérusalem en 70.

La fuite de ville en ville est une description des voyages missionnaires de Paul qui prêchait jusqu’à ce qu’il soit expulsé ou bien jusqu’à ce que la situation devienne trop dangereuse.

Mais il semble bien que Matthieu, dans ses instructions, ne pense pas seulement aux 12 ou aux missionnaires “professionnels”, comme Paul et Barnabé. Jésus parle de persécutions à cause de moi et à cause de mon nom. N’importe quel disciple porte le nom du Christ: c’est l’origine du mot chrétien très tôt (Actes 11,26).

Ainsi tout disciple de Jésus, doit être prêt à témoigner par sa vie de son appartenance au Christ. Cela ne se fait pas sans difficultés. Mais l’aide de l’Esprit est promise et la fidélité, persévérer jusqu’à la fin, fait partie du devoir de celui qui veut être sauvé : Le juste vivra par sa fidélité.   (Habaquq 2,4)

Jean Gobeil SJ

 

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