L'évangile du mercredi (Mc 8, 22-26)

Dans le village de Bethsaïde, on amène à Jésus un aveugle et on le supplie de le toucher. Jésus le prend par la main et l’amène hors du village. Il lui mit de la salive sur les yeux et lui imposa les mains. L’aveugle commence à voir mais sa vision est floue. Une seconde fois, Jésus impose les mains sur ses yeux. L’aveugle est guéri et voit normalement.

Bethsaïde était le village d’origine de Pierre, André et Philippe. C’était le commencement du territoire d’Hérode Philippe, un territoire à majorité païenne. C’est juste à côté de ce village que Philippe avait bâti sa capitale. Donc Jésus est encore une fois en mission en territoire païen.

Quand Jésus arrive dans ce village, on lui amène un aveugle et on le supplie de le toucher. Marc aime à souligner l’intervention de ceux qui supplient Jésus de guérir un malade. Jésus accepte aussitôt sans poser de question. On l’a vu pour la guérison de la belle-mère de Pierre, puis pour le paralytique que les gens font descendre du toit devant lui. Jésus ne résiste pas à une prière d’intercession.

Ici, il est particulièrement prudent pour éviter les manifestations de la foule. Il prend l’aveugle par la main pour l’amener à l’écart. Il touche alors les yeux de l’aveugle avec de la salive, un geste de guérison connu à l’époque. Mais il ajoute une imposition des mains. C’est ce geste que Jaïre avait demandé pour sa petite fille. Mais la guérison, ici, va se faire en deux phases. L’homme commence à voir, mais sa vision est floue: il voit des hommes qui sont comme des arbres qui bougent. Jésus impose les mains une seconde fois et alors l’homme est complètement guéri. Et Jésus lui interdit d’en parler: il ne veut même pas qu’il retourne dans le village.

Ce récit ne se retrouve que dans Marc. Y voyait-il une leçon spéciale, à part celle de l’intercession en faveur de l’aveugle? Si on tient compte du fait que ce récit a été placé juste avant la profession de Pierre, on peut voir un avertissement pour la foi des chrétiens. Pierre va confesser que Jésus est le Messie mais sa vision du Messie, elle aussi, est plus que floue. Elle ne contient pas la vision de la Passion. Il faudra qu’il chemine longtemps avec le Christ pour accepter que la victoire sur la mort passe par la Passion et qu’il ait une vision parfaite. Marc peut bien penser que c’est la même chose pour la foi des chrétiens de Rome et pour la foi de tous les chrétiens. La foi, pour grandir, doit être accompagnée d’un cheminement avec le Christ.

Jean Gobeil SJ

 

 

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