L'évangile de samedi (Mc 2, 13-17)

Sur le rivage du lac, Jésus instruit la foule. En passant, il voit Lévi assis à son bureau de douane. Jésus lui dit: Suis-moi. L’homme se leva et le suivit. Jésus va ensuite prendre un repas chez lui avec les invités qui sont des publicains et des pécheurs. Des scribes des pharisiens sont scandalisés et protestent auprès des disciples. Jésus déclare: Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin mais les malades. Je suis venu appeler non pas les justes mais les pécheurs.

Jésus choisit Lévi et l’appelle à être un de ses disciples. Il est un collecteur d’impôts, un publicain.  Capharnaüm est proche de la frontière qui sépare le territoire d’Hérode Philipe de celui d’Hérode Antipas. Il réclame des frais de douane. Les publicains font partie de la catégorie de gens qui sont exclus de la bonne société. Ils sont sur le même pied que les pécheurs, des gens considérés comme impurs et contagieux. Ils sont donc à éviter. En l’appelant, Jésus montre que ces exclusions sociales ne jouent pas pour lui. Lévi a un autre nom: Matthieu. Il sera donc non seulement un disciple mais même un des Douze.

Sans doute pour célébrer cet événement exceptionnel, Lévi offre un repas pour Jésus et ses disciples. Les autres invités sont évidemment du seul milieu auquel il peut être associé: d’autres publicains. Or le repas est précisément un des lieux où l’exclusivité est la plus rigoureuse. Des scribes se rendent compte de ce que fait Jésus. Les scribes sont les experts dans les écritures, c’est-à-dire la Loi mais aussi toutes les interprétations et les applications qui ont été accumulées par les Anciens. Ces scribes  font partie des Pharisiens qui non seulement sont des observateurs rigoureux de la Loi mais qui se donnent aussi comme les protecteurs de la Loi. Ils réagissent donc auprès des disciples: Votre Maître mange avec des publicains et des pécheurs! Les disciples transmettent le message.

Jésus répond: il est venu pour ceux qui ont besoin de lui. Il est venu pour les pécheurs.

Dans l’épisode précédent, la guérison du paralytique, Jésus avait déclaré qu’il avait le pouvoir de pardonner les péchés. En utilisant la comparaison du médecin, il se trouve à jouter qu’il est celui qui vient guérir les coeurs. Il vient sauver, il vient libérer. C’est pour cela que les entraves sociales n’existent pas pour lui.

Enfin, l’épisode est un exemple qui nous montre Jésus allant vers les gens où qu’ils soient. C’est lui qui prend l’initiative d’appeler Lévi. C’est encore lui qui décide d’aller au milieu des publicains et des pécheurs. Il pratique lui-même la parabole qu’il donnera du berger qui part chercher la brebis égarée.  Il n’attend pas qu’on vienne à lui. Il est celui qui vient à nous et il le dira : Le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu.   (Luc 19,10)

Jean Gobeil SJ 

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