L'évangile du mercredi - (Lc 11, 1-4) - Notre-Dame du Rosaire

Jésus venait de prier. Un disciple lui demanda de leur montrer à prier comme Jean Baptiste l’avait fait pour ses disciples. Il leur donne une prière qui commence par Père et qui contient cinq demandes: que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, donne-nous le pain dont nous avons besoin, pardonne-nous nos péchés, ne nous soumets pas à la tentation.

Les disciples viennent de voir Jésus en prière. Ce n’est pas la première fois. C’est surtout avant les grandes occasions que Luc mentionne la prière de Jésus.

Jésus est en prière avant la révélation qui vient du ciel à son baptême aux mains de Jean Baptiste. Avant le choix des Douze, il a passé la nuit à prier dans la montagne (Luc 6,12). Avant la profession de foi de Pierre, il est en prière (9,18). Avant la Transfiguration, il a gravi la montagne avec trois disciples pour aller prier. Il y aura encore la prière avant la Passion. Ici, c’est la prière de Jésus qui a suscité la demande d’un disciple.

La demande que Jésus leur apprenne à prier comme Jean Baptiste l’avait fait pour ses disciples nous rappelle la mention que les Pharisiens et les disciples de Jean avaient des jeûnes et des prières qui leur étaient propres (Luc 5,33). Le disciple demande donc de leur montrer une prière qui serait caractéristique de leur relation avec Dieu à cause de leur lien avec Jésus en tant que disciples.

La prière que Jésus leur donne commence par l’invocation, Père

C’est ainsi que commençait la prière de Jésus comme on le voit dans Matthieu (11,25):

Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre.

Cette façon de parler à Dieu n’est pas normale dans la prière juive. On pouvait parler de Dieu comme Père du peuple d’Israël parce que c’était lui qui avait donné naissance à Israël comme peuple. Mais s’adresser à lui de cette façon, individuellement, était trop familière pour être convenable. On ne pouvait se permettre cette familiarité avec le Seigneur du ciel et de la terre!  On trouve une trace de la surprise des disciples devant cette familiarité de Jésus dans l’évangile de Marc. Lorsqu’il rapporte la prière de Jésus avant la Passion, il commence en utilisant un mot araméen, alors que son auditoire ne connaît ni l’hébreu ni l’araméen:

Abba! Tout t’est possible: éloigne de moi cette coupe; pourtant, pas ce que je veux mais ce que tu veux!

Abba est un terme familier. Un enfant dit imma, maman, pour sa mère et abba, pour son père.

C’est donc cette familiarité et cette proximité avec Dieu que Jésus donne à ses disciples. Paul, qui n’est pas fort sur les détails de la vie du Christ, a retenu cela comme caractéristique d’un disciple: il peut dire abba à Dieu parce que l’Esprit lui a été donné (Romains 8,15; Galates 4,6).

Après l’invocation, la prière commence par deux demandes centrées sur Dieu:

Que ton nom soit sanctifié.  Que Dieu se révèle; qu’il se fasse reconnaître.

Que ton Règne vienne. Que Dieu vienne en personne et manifeste sa présence souveraine et agissante.   

Ensuite, on a trois requêtes pour les disciples eux-mêmes: une demande du pain de vie pour chaque jour; une demande de pardon des péchés qu’on est prêt à accueillir en pardonnant d’abord aux autres; une demande finale de ne pas être confronté à la tentation de renier ou de rejeter le Christ.

Cette prière est toute centrée sur Dieu, sur son Règne, comme l’était le Christ lui-même. C’est pour cela qu’elle est la prière par excellence d’un disciple de Jésus.

Jean Gobeil SJ 

 

 

 

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