L'évangile de mardi (Jn 8, 21-30)

Lorsque Jésus a dit, Là où je suis, vous ne pouvez venir (7,34), les auditeurs supposèrent qu’il parlait d’aller dans la diaspora, le monde grec en dehors de la Palestine. Ici, ils comprennent qu’il parle encore d’un départ et se demandent s’il veut se suicider. Ils sont plus proches de la vérité puisque Jésus parle bien de sa mort.

Mais cette mort sera pour lui un passage, un retour dans sa patrie, le monde d’en haut, le monde du Père. Les auditeurs, eux, appartiennent à ce monde et ils mourront dans leurs péchés à moins de croire en lui.

L’évangile de Jean donne des sens différents à ce mot. Le monde est d’abord l’univers, créé par le Verbe: Et le monde fut par lui (le Verbe) (Jean 1,10b). Il peut ensuite représenter le genre humain: Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger (condamner) le monde mais pour que le monde soit sauvé par lui (Jean 3,17). Enfin, il peut représenter ceux qui rejettent le Christ et les valeurs du Royaume de Dieu: Et le monde ne l’a pas reconnu (le Verbe) (Jean1,10c).

Dans notre texte, c’est ce dernier sens qui s’applique à l’expression ce monde. Les auditeurs appartiennent à ce monde: ils sont encore prisonniers du pouvoir de Satan. Pour en être libéré, il faut avoir la foi en Jésus. On demande alors à Jésus: Qui donc es-tu? C’est une question qui a été continuellement posée dans l’évangile. La réponse est plutôt pour les lecteurs de l’évangile que pour les auditeurs de Jésus.

Quand vous aurez élevé le Fils de l’Homme, alors vous comprendrez...

Cette élévation fait allusion à la mort sur la croix mais elle fait aussi allusion au retour dans la gloire du Père. Elle ne se comprend qu’à la suite de la Résurrection. Jésus était l’envoyé du Père. Comme tel, il ne faisait rien de lui-même, ce que Jésus mentionne pour la troisième fois, mais toutes ses actions étaient des reflets de ce qu’il avait vu du Père. Celui qui l’a envoyé ne l’a jamais laissé seul. C’est pour cela qu’il peut dire JE SUIS: il partage la divinité du Père. C’est pour cela qu’il est aussi le seul Sauveur: c’est seulement en croyant en lui qu’on peut être sauvé.

Jean Gobeil SJ

 


 

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