L'évangile de mardi (Mt 8, 23-27) - Les premiers martyrs de l'Église de Rome

Après les paroles d’un prophète, le sermon sur la montagne, Matthieu a voulu montrer les actions prophétiques: il a groupé ensemble dix miracles, ce qui réduit l’importance du contexte. Chaque miracle est simplement un parmi dix. On peut quand même remarquer quelques points de Matthieu. Au verset 16, il a mentionné que le soir était venu. Au verset 18, que Jésus, à cause de la foule, avait donné l’ordre (à ses disciples) de s’en aller sur l’autre rive (du lac de Génésareth). Et notre texte dit que pendant la traversée Jésus dort dans la barque. Une tempête se lève, la barque prend l’eau, les disciples sont terrifiés et réveillent Jésus en disant: Seigneur, sauve-nous. Nous sommes perdus! Jésus leur reproche leur peu de foi puis interpelle vivement les vents et la mer: la tempête est finie. Les disciples sont saisis et se demandent: Qui est-il pour que même les vents et la mer lui obéissent?

Matthieu a utilisé comme source le texte de Marc sur la tempête apaisée. Les modifications qu’il a faites sont révélatrices de ce qu’il voit dans cette scène.

Il a d’abord réduit les détails. Il enlève la mention que Jésus est à l’arrière de la barque et dort sur un coussin. Ensuite, sans diminuer la tempête, il ne la décrit pas. Simplement, il y a une tempête, la barque prend l’eau et les disciples sont terrifiés. Pour Marc, la tempête est une force qui attaque: les vagues frappent la barque et débordent à l’intérieur (tout cela dans un verbe construit par Marc!). Les paroles du Christ au vent et à la mer seront violentes: Silence! Tais-toi! (Aussi raide que ferme-toi!). Il s’agit d’une confrontation entre Jésus et une image des forces du mal, comme les autres confrontations dans Marc avec les esprits qui sont causes de possession, avec les maladies et les infirmités qui empêchent les gens d’être libres. Matthieu n’a pas cette violence. Jésus interpelle vivement le vent et la mer et il se fait un grand calme. Les éléments obéissent tout simplement à leur maître comme les étoiles qui brillent joyeusement pour leur créateur, dans le livre de Baruch (3,35).

L’intérêt se porte sur les disciples.

Pour Matthieu, une autre différence de Marc, la remarque de Jésus est faite avant le miracle et non après. Pour Jésus, la tempête n’est pas très importante. Ce qui l’est davantage c’est la faiblesse de la foi des disciples. Dans le texte de Marc, Jésus, après avoir fait taire le vent, dit aux disciples: Pourquoi avez-vous peur ainsi? N’avez-vous pas encore de foi? Ils en ont quand même un peu puisqu’ils sont allés le réveiller dans le danger. Mais c’est un reproche plutôt qu’une prière qu’ils lui ont fait:      Maître, tu ne te soucie pas de ce que nous périssons!  

Dans Matthieu, c’est une prière que les disciples font:

Seigneur, sauve-nous. Nous sommes perdus.      

C’est la prière fondamentale:

Seigneur, c’est-à-dire toi qui est le Maître de toutes choses.

Nous avons besoin de salut. Sans toi, nous sommes perdus.

Ce n’est pas à cause de cette prière que Jésus leur dit qu’ils ont peu de foi, mais à cause de la peur.

Pourquoi avoir peur, hommes de peu de foi ?

Pourquoi avoir peur puisqu’il est présent avec ses disciples? Il est là!

C’est le fondement de la foi: la présence du Seigneur. Comme écrit saint Paul:

Qui nous séparera de l’amour du Christ? Ni les puissances, ni la mort, ni rien.

Maintenant que Jésus est prêt à aider leur foi, Jésus se met debout dans la barque et il interpella vivement les vents et la mer, et il se fit un grand calme.

Jean Gobeil SJ 

 

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