L'évangile de lundi (Jn 8, 12-20)

Jésus est à Jérusalem à l’occasion de la fête des Tentes (ou huttes, “sukkot”). C’est une des trois fêtes où les Juifs devaient faire le pèlerinage à Jérusalem. Cette fête, à l’origine, était reliée aux récoltes mais on lui avait ajouté avec le temps des thèmes comme le séjour au désert, la dédicace du temple, la royauté de Yahvé. C’était une célébration très joyeuse pendant sept jours. Un rituel vers la fin était celui où un prêtre allait en procession chercher de l’eau à la piscine de Siloé et revenait au temple la répandre devant l’autel des sacrifices: c’était une demande de pluie pour la prochaine saison qui approchait. Au chapitre précédent (7,37), Jésus fait allusion à cette cérémonie quand il proclame : “Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive, celui qui croit en moi.” C’est l’image de l’eau vive, l’eau des ruisseaux qui donne la vie, par opposition à l’eau de la mer qui est considérée comme une eau de destruction. L’évangéliste ajoute: “Il parlait de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui avaient cru en lui.”

Devant cette proclamation faite dans le temple, les Pharisiens (avec les grands prêtres) envoient des gardes pour l’arrêter mais ils reviennent les mains vides avec l’excuse: “Jamais homme n’a parlé comme cela.”

Jésus continue. Il s’est placé à un endroit où l’affluence est plus grande. Pour enseigner, les docteurs se tenaient dans le portique de Salomon, une sorte d’arcade le long du mur sud de l’esplanade du temple. Jésus est au centre de cette arcade, en face du Trésor, c’est-à-dire près de la Belle Porte, par où on a accès à la cour des femmes, puis à celle des hommes, puis au lieu du sacrifice où seuls les prêtres ont accès. C’est donc un endroit bien situé pour faire une déclaration solennelle.

Or, le huitième soir de la Fête, pour souligner la joie, on allumait d’énormes lampadaires au-dessus du Temple. L’historien Flavius Josèphe, qui a connu le Temple avant sa destruction, dit que cette illumination était un spectacle extraordinaire: on pouvait la voir de n’importe où dans la ville. Cette lumière de la Fête est l’occasion pour Jésus de déclarer devant la foule qui se presse devant le sanctuaire : “Je suis la lumière du monde. Qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais aura la lumière de la vie.”

Jésus se déclare plus que la lumière d’Israël: il est la lumière du monde. Il réalise donc la prophétie d’Isaïe à propos du rôle du serviteur promis par Dieu : “J’ai fait de toi la lumière des nations.” (Is.42,6)

La lumière est la première création de Dieu. (Gn.1,2) Elle sera une manifestation de la gloire de Dieu et un signe de sa présence. La Nuée lumineuse durant l’exode représente la présence et la protection de Yahvé pour son peuple. Au moment de la Transfiguration, le visage de Jésus resplendit, ses vêtements deviennent comme de la lumière puis cette Nuée lumineuse apparaît au moment où la parole du Père se fait entendre. (Mt.17,5)

A cause de cette présence, la lumière sera aussi un signe de la vie que le Christ veut donner à ceux qui croient en Lui et pour qui il est “le Chemin, la Vérité et la Vie”. (Jn.14,6) Il est vraiment la lumière pour qui l’accepte puisqu’en le voyant on peut voir le Père. (Jn.14,9)

La lumière du Seigneur avait enveloppé des bergers à Bethléem et un ange leur avait annoncé: “Aujourd’hui un Sauveur vous est né.” (Lc.2,11) Le vieillard Syméon, en voyant l’enfant de Marie à l’entrée du Temple, avait fait un chant d’action de grâce en disant : “Mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples,
lumière pour éclairer les nations.” (Lc.1,30-32)

Aujourd’hui, Jésus déclare pour ceux qui veulent le suivre : “Je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie.”

Jean Gobeil SJ

Tournée virtuelle