L'évangile du lundi - (Lc 9, 46-50) - St Venceslas ; St Laurent et ses compagnons

Jésus vient de faire la seconde annonce de la Passion: “Mettez-vous bien en tête ce que je vous dis là: le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes.” Et Luc ajoute que les disciples ne comprenaient pas ce qu’il disait et qu’ils avaient peur de l’interroger. Ils discutaient ensuite entre eux pour savoir qui était le plus grand parmi eux. Jésus met un enfant à côté de lui et leur déclare: “Celui d’entre vous qui est le plus petit, c’est celui-là qui est le plus grand. Celui qui accueille en mon nom cet enfant, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille accueille aussi celui qui m’a envoyé.” A l’annonce que quelqu’un chasse des démons en son nom il déclare: “Ne l’empêchez pas; celui qui n’est pas contre vous est pour vous.”

Les disciples ont peur d’interroger Jésus parce qu’ils ont peur de voir leur rêve s’effondrer. Ils voient Jésus comme le Messie, l’homme choisi et envoyé par Dieu avec la force de l’Esprit; un Messie puissant et triomphant de tous les ennemis. Mais la puissance de Jésus n’est pas une puissance extérieure fracassante; c’est la puissance de l’amour et non la puissance de la domination. C’est une puissance qui peut accepter le chemin de l’humilité.

Les disciples préfèrent revenir à leur rêve du Messie. S’ils se trompent sur la personne de Jésus ils ne peuvent pas avoir une idée juste d’un disciple. C‘est un deuxième rêve: le disciple le plus méritant aura sans doute une place d’honneur et d’autorité aux côtés d’un Messie qui aura fracassé tous ses ennemis. Il y a évidemment un problème de compétition: qui parmi les Douze est le plus grand. C’est ce qui les préoccupe.

Jésus en prenant un enfant essaie de les réveiller. L’enfant est tout petit dans tous les sens. Dans la société de l’époque, l’enfant n’a aucun pouvoir ni aucun droit. Il est socialement sans importance.  C’est un petit. Il est l’image de ceux qu’on appelle les pauvres: ceux qui n’ont aucun pouvoir et n’ont aucune importance dans la société. Pourtant Jésus avait déjà dit:

“Heureux les pauvres de coeur: le Royaume des cieux est à eux!”

Cette béatitude est spéciale: le verbe est au présent. Ce n’est pas dans le futur qu’ils auront le Royaume: c’est maintenant. Ce sont ceux qui savent qu’ils n’ont personnellement rien sur quoi s’appuyer et qui ne comptent que sur Dieu et Dieu est proche d’eux: il est même solidaire d’eux:

“Celui qui accueille un de ceux-là m’accueille,” déclare Jésus.

Ce sont eux les plus grands et un disciple doit être comme eux.

Les disciples ont encore beaucoup de chemin à faire. Jean est encore préoccupé par la compétition: quelqu’un qui ne fait pas partie du groupe ose chasser des démons au nom de Jésus! Aux deux frères, Jacques et Jean, Jésus avait donné le nom de “fils du tonnerre” (Marc 3,17). Et dans Luc, juste après notre texte, un village samaritain refuse de recevoir Jésus et ses disciples.  Jean demande à Jésus:

“Seigneur, veux-tu que nous ordonnions au feu de descendre du ciel et de les consumer?” 

Ce n’est qu’après la Passion, quand ils auront reçu l’Esprit Saint, qu’ils comprendront qu’un disciple doit servir et qu’en accueillant les autres il accueille le Seigneur.

Jean Gobeil SJ

 

 

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