L'évangile du vendredi - (Mt 11, 25-30) - Le Sacré-Coeur de Jésus ; St Romuald

Dans la première partie (11,25-27), le Christ adresse une prière de louange au Père. L’objet de la louange est le bon vouloir du Père, c’est-à-dire son œuvre et son action. Ce que le Père fait est de révéler aux petits le mystère du Royaume. Le Christ, lui, est le Fils qui seul a la connaissance véritable du Père. C’est par lui seul que se fait la révélation du Père.

La deuxième partie (11,28-30) est une invitation à ceux qui peinent sous le poids du fardeau : Venez à moi et je vous procurerai le repos.”

Première partie: Dans cette prière, le Christ révèle son intimité avec le Père.

Le Père.

Le mot Père commence la prière et revient à la fin. C’est probablement le mot Abba, un terme d’intimité qui a frappé les disciples puisque Marc l’emploie dans la prière de l’agonie pour un auditoire qui ne connaît pas l’araméen (Marc 14,36) et, avant lui, Paul l’emploie dans l’épître aux Galates et plus tard dans l’épître aux Romains, comme expression de la relation exceptionnelle que crée l’Esprit dans les disciples. C’est un terme de familiarité et d’intimité que personne, avant Jésus, n’aurait osé employer en s’adressant à Dieu.

Le mystère caché.

Ce qui était caché pour les sages et les savants, les experts comme les scribes et les docteurs de la Loi, a été révélé aux petits, ce qui désigne ordinairement les disciples, à qui Jésus dira : A vous il a été donné de connaître le mystère du Royaume des cieux. (Matthieu 13,11)

En d’autres mots, les gens simples ont vu en Jésus le révélateur de Dieu. Ils ont été capables de se mettre à l’écoute de sa parole et de reconnaître dans ses gestes la présence de Dieu. C’est cela l’oeuvre du Père, son bon vouloir.

Le révélateur de Dieu.

Nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils. Cette connaissance unique du Père révèle deux choses. Elle révèle d’abord la conscience claire que Jésus avait de sa filiation divine. Relié à cette filiation divine, découle le fait qu’il est le révélateur unique du Père. C’est seulement par lui qu’on a accès au Père.

Deuxième partie.

Le joug de la Loi est une expression connue dans l’Ancien Testament pour exprimer l’obligation de la Loi. La figure n’est pas nécessairement péjorative. Il suffit de relire l’Éloge de la Loi que fait le psaume 119 qui parle des commandements comme d’une source de délices (verset 47), ou comme une expression de l’amour de Dieu : De ton amour, Yahvé, la terre est pleine, apprends-moi tes volontés ou comme encore d’une expression de la sollicitude de Dieu : Une lampe sur mes pas, ta parole, une lumière sur ma route.  

Mais quand Jésus parle d’un fardeau qui accable, il vise d’abord le fardeau imposé par les interprétations des Pharisiens qui font de la Loi une question d’exactitude méticuleuse et de comptabilité minutieuse à assurer à tout prix.  C’est ce qu’illustreront les épisodes qui suivent notre texte.

Le joug que Jésus offre évoque l’engagement dans la Nouvelle Alliance, l’entrée dans le Royaume. Il n’est pas un joug de domination puisqu’il ajoute : Car je suis doux et humble de coeur,.ce qui est la définition des Pauvres ou des Petits de Yahvé dans l’Ancien Testament.

Mais le fardeau peut avoir un sens plus général: le fardeau de la misère humaine. Un peu plus tôt, Matthieu disait de Jésus qui venait de parcourir villes et villages : A la vue des foules, il en eut pitié, car ces gens étaient las et prostréscomme des brebis qui n’ont pas de pasteur. (Matthieu 9,36)

Le joug qui est le sien est donc une réponse à cette misère et un appel à venir recevoir la Vie.

Jean Gobeil SJ 

 

 

 

 

 

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