L'évangile du jeudi - (Mt 6, 7-15)

Le sermon sur la montagne parle des trois pratiques religieuses courantes en Israël: l’aumône, la prière et le jeûne. Trois fois Jésus mentionne la condition du secret. Pour la prière, il ajoute que ce n’est pas la quantité de paroles qui fait la valeur d’une prière mais la confiance dans le Père qui connaît nos besoins. Il leur donne ensuite un modèle de prière: le Notre Père. Il insiste sur la dernière demande: une demande de pardon qui suppose qu’on pardonne aux autres.

Les disciples ont été frappés par la façon de prier de Jésus. Il s’adresse au Père en utilisant un terme de familiarité comme Abba. On a une trace de l’étonnement des disciples dans le fait que Marc, qui écrit pour des lecteurs qui ne connaissent pas l’araméen, cite la prière de Jésus à Gethsémani en gardant le mot Abba (Marc 14,36). En donnant l’exemple du Notre Père comme prière pour ses disciples, Jésus a dû employer le même mot qui surprendra Paul puisque, par deux fois, il déclare que les disciples qui prient en utilisant le mot Abba montrent ainsi  la présence de l’Esprit Saint en eux (Galates 4,6; Romains 8,15). C’est donc à une intimité et une proximité avec Dieu que sont conviés les disciples par le don de cette prière.

Matthieu est toujours conscient de la dimension ecclésiale. Au lieu de commencer simplement par Père (comme dans Luc), il fait dire Notre Père: en tant que disciples du Christ, on constitue une famille et on ne prie jamais seul. Comme dira saint Augustin: S’il n’y a qu’un seul chrétien, cela veut dire qu’il n’y a plus de chrétien.

Mais en même temps qu’on s’adresse à lui de cette façon familière, il ne faut pas oublier que c’est à notre Dieu que nous parlons. C’est pour cela que Matthieu ajoute  qui es aux cieux, ce qui est la façon juive d’éviter, par respect, de prononcer le nom de Dieu. C’est donc ainsi que commence cette prière: Notre Père et notre Dieu. C’est le résumé de la relation que le Christ offre à ses disciples: une vie dans l’intimité de Dieu.

C’est pour que se réalise cette vie en lui-même que celui qui prie demande: que ta volonté soit faite, que ton Règne arrive. Alors passera à travers ce disciple la sainteté de Dieu et le Nom de Dieu sera glorifié: que ton Nom soit sanctifié.         

Après avoir souhaité et accepté la volonté de Dieu pour que se réalise ce grand dessein de Dieu, il est normal de demander à Dieu son aide pour chaque jour: Donne-nous notre pain de ce jour.

Conscients de notre indignité et de nos faiblesses, nous demandons à Dieu son pardon en nous rappelant sa parole que si nous voulons être pardonnés il faut être prêts à le faire pour les autres.

Très tôt, la liturgie a ajouté une conclusion au texte de Matthieu. C’est une belle doxologie, c’est-à-dire un hymne de louange à la gloire de Dieu : Car à toi appartiennent le Règne, la Puissance et la Gloire pour les siècles des siècles. Amen.

Jean Gobeil SJ 

 

 

 

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