L'évangile du lundi (Lc 1, 57-66.80)

Pour Jean, l’évangéliste,  Jean-Baptiste est celui qui témoigne. En voyant Jésus il déclare: “Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde.” L’Agneau est une référence à l’agneau pascal, un symbole de libération. Il enlève le péché du monde: c’est une référence à la prédiction d’Isaïe sur le personnage futur du serviteur qui portera ou enlèvera les péchés. Il est donc le Sauveur qui vient libérer.  “Celui qui m’avait envoyé m’avait dit: “Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, c’est lui qui baptise dans l’Esprit Saint”. Et moi j’ai vu et je témoigne que celui-ci est l’Elu de Dieu.” (1,29.33-34)

Pour les synoptiques, il est le précurseur, celui qui prépare la venue du Messie. Mais pour Luc, c’est à l’intérieur de l’évangile de l’enfance et Jean-Baptiste participe à la présence de l’Esprit Saint et à la joie qui entoure l’Incarnation. Comme pour Jésus, il y a une annonciation par un ange; comme Marie, Zacharie le père a un chant d’action de grâce. Comme pour Jésus, il y a la cérémonie du nom qui est donné.

Tout en respectant le caractère unique de la personne de Jésus, Luc souligne l’importance de la naissance de Jean-Baptiste. Elisabeth est âgée et n’a jamais eu d’enfant: sa grossesse est due à la Providence et la comble de joie. La rencontre de Marie est aussi une rencontre de l’Esprit Saint. Le don du nom de Jean souligne l’importance du rôle que Dieu lui réserve.

Zacharie est un prêtre; à cause de cela, il serait normal que Jean-Baptiste reçoive le même nom que son père ou au moins le nom d’un ancêtre important. Or lorsqu’on demande à Elisabeth, puisque Zacharie est encore muet, quel sera le nom de l’enfant, elle répond sans avoir pu se concerter avec son mari que ce sera Jean. A son tour, Zacharie écrit sur une tablette: son nom est Jean. La raison est que c’est Dieu, par l’intermédiaire de l’ange dans la vision de Zacharie au temple, qui a imposé le nom de Jean. Or quand Dieu donne un nom, comme Jésus le fera pour Simon, c’est pour indiquer une vocation à une mission.

L’antienne d’ouverture de la messe rappelait les deux aspects de la mission de Jean-Baptiste: l’aspect de l’évangile de Jean,

Il était venu comme témoin, pour rendre témoignage à la lumière ; l’aspect de  la version de Luc : pour préparer au Seigneur un peuple capable de l’accueillir.

Luc ne fera que mentionner la mort de Jean-Baptiste mais Marc et Matthieu expliqueront que c’est à cause de sa fidélité à sa mission qu’il sera mis à mort.

Il y a un type d’icône qui représente le Christ glorieux avec de chaque côté de lui et tournés vers lui, Marie d’un côté et Jean-Baptiste de l’autre. On appelle cette icône, la déèsis, la supplication ou la prière. Marie et Jean-Baptiste continuent à jouer un rôle important qui est de prier pour l’Église.

Avec Marie et Jean-Baptiste, nous pouvons refaire la demande de l’oraison:

Seigneur, accorde à ton Église le don de la joie spirituelle, et guide l’esprit de tous les croyants dans la voie du salut et de la paix.

Jean Gobeil SJ

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