L'évangile du mercredi (Mt 25, 31-40) - Ste Marguerite d'Youville, religieuse

Le Christ parle à ses disciples de sa venue. Ce sera celle du jugement dernier où, entouré des anges, le Fils de l’homme est assis sur un trône de gloire comme un Roi devant qui comparaissent toutes les nations. Il y a d’abord une séparation: les bons sont à droite, les mauvais à la gauche. Aux bons le Roi déclare: Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la création du monde. Suit l’énumération des bonnes oeuvres que les bénis ont faites pour les autres, en réalité pour le Christ lui-même. Le texte de l’épître de Jacques parle de la charité comme de la condition nécessaire à une foi vivante.

L’évangile nous donne une vision du jugement dernier dans le ciel: le Christ est glorieux, assis sur un trône comme un roi et entouré des anges.

Le jugement est le moment pour les bénis du Père de recevoir le Royaume en héritage. Un héritage suppose un lien de famille avec celui de qui on le reçoit. Les bénis du Père font partie de la famille du Père. Cet héritage a été préparé depuis la création du monde. C’est dire qu’au départ du monde il y avait une intention de Dieu; il y avait un dessein d’amour. La Genèse dit qu’un Esprit planait sur les eaux, un Esprit d’amour, disent les commentaires. C’est maintenant la réalisation qui est décrite:  le Royaume est donné aux bénis du Père.

L’accueil qui est fait à ces bénis du Père est lié à l’accueil qu’ils ont fait à ceux qui étaient dans le besoin. Le Christ se déclare solidaire de ceux qui ont faim, qui ont soif, qui sont seuls, qui sont pauvres ou qui sont malades. Ce qui est fait pour eux est fait à Lui. Et saint Jacques, dans son épître  (2,14-18), rappelait que la foi pour être vivante devait se traduire dans des actes.

Une icône, intitulée Le Sauveur, qu’on peut voir dans l’entrée de la Villa Loyola, montre le Christ qui enseigne. Il tient en main un livre ouvert qu’il nous montre. Sur la page, nous voyons la citation de notre texte de Matthieu. Mais le peintre a changé une lettre dans la citation. Au lieu de “l’héritage préparé pour vous”, il a mis “l’héritage préparé pour nous”. Il rend ainsi présente et actuelle la promesse du Christ pour les spectateurs d’aujourd’hui qui méditent cette parole du Christ. C’est sans doute bien conforme à l’intention de l’évangéliste qui voulait rappeler à ses lecteurs que le Royaume était leur héritage à condition de se rappeler qu’ils étaient des enfants de Dieu et que derrière ceux qu’ils servaient avec amour il y avait la présence du Christ.

Jean Gobeil SJ

 

 

Virtual Tour