L'évangile du mercredi - (Lc 11, 42-46) St Calliste 1er

Jésus déclare malheureux les pharisiens parce qu’ils observent des détails et oublient l’essentiel. Il les déclare malheureux aussi parce qu’ils se soucient des avantages extérieurs de leur position mais ne s’occupent pas de se convertir à l’intérieur d’eux-mêmes. Finalement il déclare malheureux les docteurs de la Loi qui sont plus intéressés à imposer aux autres des obligations de la Loi qu’eux-mêmes n’observent pas.

Jésus est allé dîner chez un pharisien qui s’est étonné, sinon scandalisé, de ce que Jésus n’avait pas observé la purification rituelle des mains. La réaction de Jésus a été de dénoncer la pratique des pharisiens qui se préoccupent des purifications extérieures des objets mais ne se soucient pas de la purification intérieure. Dans notre texte, les dénonciations de Jésus continuent de même que l’opposition entre des gestes extérieurs et des attitudes intérieures.

Les pharisiens se soucient des détails et oublient l’essentiel, déclare Jésus. La Loi demandait la dîme  du blé, du vin et de l’huile (Ne.13,10-13) comme reconnaissance du Dieu créateur qui donnait le blé, les vignes et les oliviers. Mais les pharisiens multipliaient les applications de cette Loi, comme la dîme sur la menthe et la roue qui est une plante qui pousse sans même être cultivée. Cette observance matérielle de la Loi leur donne bonne conscience mais leur fait laisser de côté  l’essentiel comme, dit Jésus, la justice et l’amour de Dieu. Ces deux thèmes sont  les premiers enseignements des premiers prophètes.

Amos, le premier prophète dont nous avons la prédication, a dénoncé avec violence les injustices sociales, l’exploitation des pauvres et une religion avec des gestes purement extérieurs. Pour lui, il n’y a pas de relation avec Dieu s’il n’y a pas de relation de justice avec le prochain.

Le prophète Osée, qui est venu après lui, a parlé de l’amour de Dieu comme de l’amour d’un père pour son petit enfant, un amour personnel et intime, un amour qui a de la compassion et de la tendresse, qui demandait comme réponse un amour semblable de la part des hommes. Il dénonce une religion de gestes purement extérieurs: C’est l’amour qui me plaît et non les sacrifices. (Osée,6,6)

Il est aussi conscient des injustices mais pour lui, il n’y aura pas de société juste sans l’amour de Dieu.

Amos parlait de la dimension horizontale de la relation avec Dieu; Osée parle de la dimension verticale.

Jésus a réuni ces deux aspects quand il a dit qu’il ne fallait pas séparer du commandement de l’amour de Dieu celui de l’amour du prochain. Mais pour avoir une vraie relation avec Dieu, il faut la conversion du coeur. En négligeant cela, les pharisiens avec leurs observances méticuleuses peuvent avoir une bonne conscience et présenter un extérieur impressionnant: ils sont comme ces tombeaux qui ont une belle apparence extérieure mais ne contiennent aucune vie.

Jean Gobeil SJ 

 

 

 

 

 

 

 

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