L'évangile de vendredi (Mt 9, 14-15) - St Jean de Dieu

Des disciples de Jean Baptiste viennent demander à Jésus pourquoi ses disciples ne jeûnent pas comme eux et comme les Pharisiens. Jésus répond que sa présence a priorité sur des pratiques de pénitence.

Il y avait des jeûnes obligatoires pour les Juifs à certains moments de l’année. Mais les Juifs pieux pouvaient aussi pratiquer des jeûnes occasionnels. Le jeûne, la prière et l’aumône constituaient trois pratiques religieuses importantes: elles sont mentionnées dans le sermon sur la montagne. Les Pharisiens et les disciples de Jean avaient aussi leurs jours de jeûne propres à leur groupe.

Les disciples de Jean Baptiste sont probablement agacés par le contraste entre la façon de vivre de Jésus et celle de leur maître. Jean Baptiste qui se présente comme un ascète sorti du désert proclame avec sévérité l’approche d’un jugement alors que Jésus et ses disciples ne refusent pas les repas qu’on leur offre.

La réponse de Jésus est de dire que sa présence est comme celle de l’Époux: c’est un temps de noces et de réjouissance. Lorsqu’il ne sera plus visiblement présent, on pourra revenir à ces pratiques que Jésus évite ainsi de condamner. Pourtant, juste après notre texte, l’image qu’il emploie du vin nouveau qui ne doit pas être mis dans de vieilles outres sinon et le vin et les outres sont perdus peut diminuer l’importance du jeûne. Cela pourrait justifier les églises primitives de ne pas donner autant d’importance que les Juifs à la pratique du jeûne. L’Époux est visiblement absent mais il a assuré les disciples de sa présence. L’accueil de cette présence demeure plus important que des pratiques particulières.

Jean Gobeil SJ

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